C’est indéniable, ça change des autres Nothomb que j’ai pu lire jusqu’à présent. Pour une fois c’est une fiction avec un titre accrocheur. Sérieux, Acide Sulfurique, ça en jette, ça suscite la curiosité.
On retrouve quand même la plume incisive et franche de la Amélie. Et heureusement.
Ça m’a fait penser au court-métrage qu’un pote de ma promo avait fait en 1ère année, sur une émission de téléréalité où les participants devaient s’entretuer pour toucher le million…
Là c’est un peu pareil sauf que c’est un peu plus horrible

"Vint le moment où la souffrance des autres ne leur suffit plus ; il leur en fallut le spectacle."

J’ai pris un certain plaisir à le lire, même si je ne sais pas, on dirait que c’est pas achevé et on a parfois du mal à se souvenir qu’on lit un Nothomb. On dirait qu’il manque un bout ou que ça aurait pu être creusé un peu p
lus.
Bref pas un mauvais roman mais pas le meilleur Nothomb.

Extrait :
Pannonique avait vingt ans et le visage le plus sublime qui se pût concevoir. Avant la rafle, elle était étudiante en paléontologie. La passion pour les diplodocus ne lui avait pas laissé trop le temps de se regarder dans les miroirs  ni de consacrer à l'amour une si radieuse jeunesse. Son intelligence rendait sa splendeur encore plus terrifiante.
Les organisateurs ne tardè
rent pas à la repérer et à voir en elle, à raison, un atout majeur de "Concentration". Qu'une fille si belle et si gracieuse fût promise à une mort à laquelle on assisterait en direct créait une tension insoutenable et irrésistible.
Entre-temps, il ne fallait pas priver le public des délectations auxquelles sa superbe invitait : les coups s'acharnaient sur son corps ravissant, pas trop fort, afin de ne pas l'abîmer à l'excès, assez cependant pour susciter l'horreur pure. Les kapos avaient aussi le droit d'insulter et ne se privaient pas d'injurier le plus bassement Pannonique, pour la plus grande émotion des spectateurs.