Je fais des cauchemars en série. Axés sur la base des attaques. Toujours. Je suis la cible d’un bourreau. Cette nuit, c’était celle d’un russe et sa bande forçant ma porte et me poursuivant le long d’une voie ferrée sans fin et sans train. Mes rêves ressemblent à des rues sans issue menant toutes au même point, au même traumatisme.
Une vie sans peurs n’existe pas.
Ma peur à moi flotte au-dessus de ma tête à chaque pas, à chaque tour de clé. Chaque seconde peut devenir souffrance et angoisse.
La main lâche le verre, le bruit éclate dans la pièce et résonne le long des murs. Pétrifiée. La main s’est ouverte comme si plus rien ne la contrôlait, on appelle ça une perte de moyens.
Perte de moyens quand on est incapable de marcher quand il est faut avancer, de courir quand il faut fuir ou de réfléchir quand on devrait rationaliser.
Les figures de style ne sont qu’une parenthèse à mon angoisse, permettant d’écrire, de faire sortir le pus qui me ronge, la haine et la douleur.
Une fois de plus tout se mélange, renvoyant la réalité à la fiction et la fiction au réel. Seule, je sais le vrai du faux, le palpable de l’intouchable.
Lire entre les lignes exige un entraînement.
Le soleil rasant éteint les dernières bribes de la conscience laissant la place aux spectres du temps, aussi bien passés que futurs. Les deux en deviennent effrayants. Que s’est-il passé ? Pourquoi ? Et qu’adviendra-t-il…de moi ?

brouillard