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Sans conteste le premier choc ciné de 2008, à la fois libérateur et oppressant…. Le quatrième film de Sean Penn raconte l’histoire – vraie – de Christopher McCandless, fils d’une bonne famille puritaine et conservatrice avec brillantes études et tout le tralala, adepte de Jack London et Tolstoï qui décide à 22 ans, diplôme tout juste en poche, de tout plaquer et de se lancer dans un périple sauvage à travers les Etats-Unis et plus encore, avec les moyens du bord.
Ça commence comme un road-movie mais ce film va beaucoup plus loin. L’image y est merveilleuse, tout comme les paysages, on est happé à travers l’écran pour se retrouver dans les plaines enneigées de l’Alaska, en kayak dans les rapides du grand canyon ou en haut du Mont du Salut. Tout est multiplié par la caméra de Sean Penn, son regard, et celui de son interprète, Emile Hirsch.
Les mots me manquent pour décrire tout ce que j’ai pu ressentir pendant ces 2h30, qui d’ailleurs passent comme une lettre à la poste et dont on voudrait se souvenir toujours, avec une bo d’une qualité impressionnante. Le personnage grandit et renaît au fur et à mesure que le film avance, amenant de façon intelligente à réfléchir sur le monde qui nous entoure. Christopher devient de plus en plus Alexander Supertramp et devient à la fois acide et sage, repoussant les limites au maximum de l’humain.
La vie dans la nature est un combat de chaque instant que l’on ressent comme une brûlure, comme une blessure. L’intelligence d’avoir alterné les passages dans le bus magique en Alaska et le trajet qui l’y a conduit transforme le film en trip initiatique, en véritable quête de soi. « En cassant la chronologie, le réalisateur nous fait complices et non plus spectateurs de la destinée de son héros. »
Tout est sublimé, les rencontres que le personnage principal fait nourrissent son périple et son humanité, le couple utopiste de hippies, l’agriculteur pirate et le vieil homme solitaire. La performance d’Emile Hirsch est absolument parfaite et ça va même au-delà puisque ce n’est plus de la composition, c’est proprement du réalisme. Mais il ne serait rien sans la nature qui a un rôle aussi important, la nature confère à ce film tout ce qui lui manquerait. Indomptable, elle est tour à tour accueillante, sauvage, inaccessible, dévorante, dangereuse, angoissante…
« Un homme. Un voyage. Un destin. Un chef-d’œuvre. »

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...L'important, ce n'est pas d'être fort mais de se sentir fort...

source : Allocine © Paramount Vantage
les phrases entre guillemets sont extraites de "Into th Wild" par Sophie Benamon in Studio Magazine n°242, janvier 2008, p. 20