La chambre. Cette chambre, c’est comme une boîte de Pandore des souvenirs, ma boîte de Pandore.
Cette pièce au périmètre classique, à la grande fenêtre en face du lit et aux murs recouverts d’une tapisserie douce bleue. Pas un bleu marine et encore moins un bleu turquoise, un genre de joli bleu d’océan. Le genre de tapisserie que j’aurais trouvé affreuse chez n’importe qui d’autre.
Mais pas ici. Ici elle renferme son essence.
Mais cette pièce, c’est sa chambre, enfin disons plutôt que ça a été sa chambre, pendant plus de 12 ans.
Et même si ça fait pas 12 ans que je rêve de sortir avec lui, cette chambre je la fréquente depuis aussi longtemps.
Cette chambre au demi-million de souvenirs.
D’abord les parties de cache-cache dans le noir à 14 ans que je trouvais très excitantes. J’aimais bien me coller contre lui, discrètement le toucher parce que soi-disant je ne voyais pas devant moi.
C’était une excuse.
Plus tard, avant, les soirées jeux, films. La chambre salutaire où on se regroupait après un repas un peu trop long. Assis sur la chaise devant l’ordi, Snoop Dogg en fond sonore, à se rouler un bedo, moi étalée sur le lit, admirative devant son culot à rouler un joint à 5 mètres de son père et du mien. Je sais pas si je l’aimais déjà mais j’crois que c’est là où j’ai commencé à avoir envie de lui.
Et puis après, forcément, la chambre dans laquelle jme suis déshabillée devant un garçon pour la première fois, devant Lui. Je revois le ciel bleu et les arbres verts avant d’avoir fermé les yeux.
Cette chambre qui garde son odeur, même si ça fait un an qu’il n’y vit plus. Cette chambre qui me rappelle tant de choses et à laquelle j’suis très attachée. Même si on ne vit pas dans le passé.
Ce déménagement va fermer la porte sur cette pièce aux murs bleus. Aujourd'hui. J’suis un peu triste à l’idée que je n’y mettrais plus les pieds. La chambre de nombreuses de mes premières fois.