J’ai beau crier à qui veut l’entendre que, moi, je n’ai peur de rien, absolument rien. La peur, connais pas !
Ben mes enfants, ceci est une belle connerie.
Je suis ce qu’on pourrait appeler communément, morte de trouille, verte de peur, littéralement pétrifiée même.
Alors certes, je n’ai pas peur de me jeter d’un avion en vol accrochée à un parachute, de traverser un canyon d’eau bouillante et grondante, d’aller dans un cimetière la nuit, des araignées ou de prendre l’ascenseur.
Mais j’ai peur d’autres choses.
J’ai peur d’appeler certaines personnes au téléphone, j’ai peur de conduire seule, j’ai peur d’être à nouveau cambriolée, d’être abandonnée, d’échouer, d’être refusée, de me perdre, de faire les mauvais choix, j’ai peur que les gens que j’aiment meurent. J’ai peur de ne pas arriver à surmonter mes angoisses. J’ai peur d’être lâchée, seule, sans soutien, d’être livrée à moi-même. J’ai peur de l’avenir. J’ai peur de tenir une classe de 30 bambins survoltés. Cette peur-ci, personne ne la comprend.
J’ai peur. J’ai peur.
Mais quoiqu’il arrive, j’assume toujours.