Les téléfilms réservent parfois de bonnes surprises aussi bien en qualité qu'intensité. C'était le cas d'Inéluctable, diffusé sur arte ce soir et réalisé par François Luciani.
Une délégation indienne intéressée par l'achat de 4 centrales nucléaires françaises se rend à la centrale de Cateneau et demande un test d'arrêt d'urgence du réacteur, sous couvert de s'assurer de la sécurité des installations.
Ce qui ne devait être qu'un exercice de base se transforme en cauchemar pour les techniciens...

Avant de parler du contenu, véritable force du film, je vais revenir sur l'œuvre ciné réalisée ici. Parce que, malgré l'appellation "téléfilm", on est bien devant une œuvre cinématographique de qualité : très bien filmée, angoissante, beaucoup d'intensité, d'intelligence, très bien jouée et très révélatrice. On aurait pu s'attendre à un film catastrophe bête comme chou, mais ici pas une explosion, une réalisation tout en finesse, qui amène au problème de fond. Que ferons-nous dans un cas identique ?
En effet, le sujet traité révèle de nombreux dysfonctionnements face à ce type de problèmes. En plus, de ne pouvoir établir tous les scénarios possibles en matière de sécurité nucléaire, on se trouve ici, face à un gouvernement ne prêtant attention qu'à ces propres intérêts, vendre ces centrales.
Or, même si c'est une fiction, je ne suis pas certaine, qu'en réalité, les choses se passent différemment. Le gouvernement aura à cœur de minimiser la situation, d'en dire le moins possible - pour d'obscures raisons - de dédramatiser et de nous faire croire des énormités. Ce n'est pas pour rien qu'avant le générique de fin, on voit des images de Tchernobyl, d'enfants défigurés et une carte européenne avec le nuage radioactif. Mais c'est vrai, j'avais oublié, il s'est arrêté à la frontière française ! suis-je bête !

Quoiqu'il en soit, je me suis mise à imaginer ce qu'il se passerait si, un jour, il y avait un problème quelque part... L'impuissance des policiers et pompiers à gérer la situation, l'indifférence du gouvernement, la panique de la population et la certitude de ne pouvoir y échapper.
Je me suis dit qu'on serait bien dans la merde...
On a beau dire ce qu'on veut, le nucléaire quelle saloperie, je préfèrerais encore m'éclairer à la bougie.