Toutes ces amitiés oubliées, toutes ces filles disparues, toutes ces amantes passées, j’y repense à nouveau. Ça m’avait passé. J’y repense quand surgit dans mon présent, un événement du passé. Comme cette après-midi où dans les rayons d’un magasin, j’ai croisé une ancienne meilleure amie. A laquelle, je n’ai évidemment pas parlé. L’angoisse d’être mal reçue, on ne peut pas dire que mes histoires se soient bien terminées. Et puis de toute façon, nous n’aurons rien eu à nous dire, hormis d’affreuses banalités.
Alors à quoi bon.

Toutes ces Elles qui faisaient parties de moi, il ne reste que des années de souvenirs, des visages que ma mémoire reconstitue. Je suis à la fois indifférente et concernée. Je m’en fiche mais je regrette.
Je crois que je regrette parce que depuis qu’elles m’ont toutes quitté, personne n’est venu les remplacer. Oh bien sur, j’ai des amitiés mais ce sont des amitiés à distance. Difficile de passer une soirée ensemble, difficile même de se voir.
Alors je reconstruis des puzzles personnels, trois fois rien, des morceaux de vide. Ça me mine un peu le moral. Disons que ça ne dure pas.
Mais ça me rappelle que dans ma vie toute rose, je n’ai personne chez qui me réfugier en cas de besoin, en cas de crise, en cas de joie, en cas d’envie de sortir, d’un câlin, d’une soirée entre filles, de beuverie au martini ou à la vodka, pour faire des tests de magazines que je ne lis pas, pour baver sur Johnny, Brad, George et les autres, pour se moquer des filles mal habillées, pour toutes ces petites choses infimes qui remplissent les vies des filles et que je ne peux pas partager.