L’histoire : Après avoir vécu une fausse couche traumatisante, Kate et John décident de reporter leur amour pour l’enfant mort-né, sur une petite et gentille orpheline. Conquis dés les premiers instants par Esther, gamine mystérieuse et artistique, ils l’accueillent dans leur maison design.
Mais rapidement Kate perçoit quelque d’étrange chez Esther. Inquiète pour ses deux autres enfants, Daniel et Max, elle essaye d’exprimer ses craintes, mais personne ne veut y croire…

J’avais très envie de voir ce film, peut-être à cause du titre américain Orphan, qui me rappelle L’orphelinat et que j’avais beaucoup apprécié. Ou à cause du mariage réalisation espagnole/production américaine.
Quoiqu’il en soit, je n’ai pas été déçue. Et même très agréablement surprise.
Ce film est un vrai thriller psychologique avec des éléments récurrents (drame familial, problème d’alcoolisme) où un genre de démon en jolie robe s’invite.
Ceux qui voient dans les enfants, la perfection de l’espèce humaine déchanteront vite en face d’Esther, diablesse aux airs faussement angéliques.
Le film s’ouvre sur une des scènes les plus gores de l’année et traumatisante pour toutes femmes, enceintes ou pas. Et dès ce départ rapide dans l’angoisse et la douleur, Esther régule son ambiance angoissante et fait monter la pression crescendo.
Esther laisse découvrir sa personnalité perverse et double, souriante, serviable et l’instant d’après, manipulatrice et froide, le regard glacial, le visage compressé dans un bloc de haine et de terreur.
L’histoire bascule peu à peu du côté du film gore, mettant à la torture Kate et sa famille.
Le duo des actrices, Isabelle Fuhrman/Vera Farmiga, respectivement Esther et Kate, est vraiment prenant. Jouant à la perfection leurs rôles, on entre sans problème dans le jeu amour/haine qu’exerce Esther.

19147589

Comme dit Marie Sauvion, pour Le Parisien, « Violent, habile, efficace, il réserve son lot de suspense, dispensant une bonne dose de cette terreur vaguement réjouissante qu'on est en droit d'espérer avec ce genre de films. ».
Et c’est clair que là-dessus, je n’ai pas été déçue. Sursautant comme il fallait quand il fallait, j’ai apprécié les surprises du scénario, celle de la peinture, celle de la fin qui ne nous fournit pas un banal exorcisme.
Bref, « Esther est une terreur. Pas de celles que l’on regarde attendrit redécorer les murs du salon au Crayola ou gentiment changer votre collection de vinyles en confettis. Non. Esther est une vraie terreur, une diablesse, une manipulatrice en socquettes blanches qui boit goulûment au calice de la perversion comme si c’était du petit-lait. »*

19027535

* critique studio, Christophe Chadefaud, p. 30, janvier 2010 n°11