Dans les brumes de ma conscience, l’idée de conduire peut parfois devenir envahissante. Envahissante au point de me laisser en proie à la panique dans un état presque catatonique.

Dès que cette idée de conduire, de tenir le volant, d’aller un point A à un point B, atteint mon esprit ; une angoisse sourde s’insuffle dans tout mon corps.
J’ai la nausée, les jambes qui flageolent, le cœur qui cogne.
Je suis paniquée et je manque presque d’air.
Je ne tombe pas dans les pommes mais j’en ai envie.
Et quand je suis au volant, que je sens les pédales sous mes pieds, il me faut un moment avant de me calmer.
Je me suis traitée d’idiote à réagir de façon aussi extrême, grotesque. A être au bord des larmes.
M’imaginer seule en voiture est impossible. Rien qu’à le penser, j’en ai des sueurs froides.
Un feu rouge en côte, les gens derrière pressés pressants, le connard qui te double en plein virage, celui qui grille la priorité.
La peur de rater, de mal faire mais aussi la peur de ne pas réussir à m’arrêter à temps, d’avoir un accident, de mourir.
Je n’ai jamais autant pris conscience de la mort que depuis que je conduis.
Je suis paralysée.
Tout en sachant pertinemment que je dois prendre sur moi et me faire violence. Que je vais être OBLIGE de m’y mettre.
La trouille me submerge, elle me glace. Je suis « conductophobe ».
Je ne sais pas comment me soigner.
Je me sens honteuse. Honteuse de ne pas réussir. Honteuse d’avoir si peur de ça. Alors que des milliers de gens font ça comme ils se brossent les dents.
Je ne sais pas exactement d’où ça vient car quand j’apprenais, cela ne me le faisait pas. La confiance dans le moniteur, le fait de savoir qu’il avait les pédales de son côté et qu’il lui suffisait de prendre le relais au cas où.
Je n’avais jamais connu de peur si grande.
Et il va falloir trouver une solution rapidement…