Quand il a accepté ce job, j’en connaissais tous les mystères, toutes les conditions. La principale : les voyages en Corse. 48 heures à chaque coup.
Pour le moment, une fois par semaine mais cela pourra aller jusqu’à trois fois pendant la pleine saison.
J’étais d’accord. Ou du moins pas contre.
Le premier voyage, c’est ce soir. Et subitement je suis moins d’accord.
Notre vie de couple jusqu’en septembre va être réduite à peau de chagrin pendant l’été. J’angoisse. Enfin non c’est pas vraiment ça. Plutôt de la nostalgie pour ce qu’on ne vivra pas. Et le manque qui sera là, qui est déjà là.
Et puis je me connais, j’imaginerais l’accident sans cesse, jamais rassurée.
Je m’inquiète un peu, je n’aime pas trop la distance.
Je l’envie de parcourir les routes corses. Mais je voudrais qu’il le fasse avec moi. Or on s’invite pas dans le job de son homme.
Ce soir, il n’est pas là et je sens que je vais veiller tard. Je n’aime plus m’endormir seule.
Il faudra attendre vendredi. Ce n’est pas tellement l’absence, sans dire que cela me fait plaisir quand il n’est pas là, mais la répétition de l’absence.
Savoir que toutes les semaines désormais ça sera pareil. Il y aura fatalement des soirées où l’on sera chacun de notre côté. Moi avec le chat, dans le canapé, lui dans une cabine de bateau avec d’autres routiers ^^. Fun et sexy.
Il y aura des soirées qui paraîtront longues. Et il faudra encore plus profiter de notre temps qui sera plus court, plus précieux.