Le lit m'accueille seule ce soir, seule et un peu plus sereine. Rien de vraiment neuf mais des micros événements qui me font avancer.

Les lumières des voitures brillaient dans l'arrivée du crépuscule, avec ce ciel si bleu si parfait, si intense. Je lis énormément. Je lis le blog de Katherine Pancol. Je lis des conseils pour devenir écrivain. Je lis des romans que j'ai déjà lu. Et je lis des nouveaux romans. Je lis des articles de faits divers et des cours de droit, des pages Wikipedia où j'ai toujours le doute de la véracité des faits énoncés. 
Je lis les sous-titres de Shutter Island et du film sud-coréen Mother. Je lis les textes des autres participants au nouveau défi d'écriture que j'ai découvert. Je lis des conseils de grammaire. Je relis mes propres mots, améliorer sans cesse. 
Je me suis replongée dans les années 90. Et j'ai découvert que toute cette décennie m'avait profondément marqué. Serait-ce parce que j'étais jeune et que tout était nouveau ? Ou simplement la puissance des faits ? Lady Di, la coupe du monde 1998, la mort de Mitterrand... 

J'ai toujours été bouleversée par les mouvements de foule. Des centaines, des milliers de personnes unies autour d'une même cause, d'un même événement. Je me souviens de ma 1ère manif contre Le Pen en 2002, cette jeunesse hurlant d'une même voix. Et celles qui ont suivies. Et le reste, le sport, la joie multipliée par la masse. Les frissons dans tout le corps. Passi dans le reportage parle de cohésion. 
Plus que jamais des événements comme la coupe du monde de 1998 resserrent les rangs, les gens, réduisant - même faiblement - les barrières, repoussant un malaise grandissant et la terreur du monde actuel. Aujourd'hui, il n'y a rien pour se grouper. 

La nuit est définitivement tombée. Elle est si noire et le clair de lune si prononcé que j'ai l'impression d'avoir oublié d'éteindre une lampe dans le salon.
Je vais (re)lire Les Rivières Pourpres.