Regarder jouer l'Equipe de France des Bleus Beux génération 2010, c'est un peu comme pratiquer le quart d'heure de rire salutaire qu'il faut par jour, mais cumulé.
Les acteurs sont mauvais et le réalisateur a oublié les bases (simplissimes) de la mise en scène footballistique, à savoir : avancer, marquer, gagner, droit au but merde !
Entre vaudeville glauque et comédie de boulevard, on hésite...
Lors des matches de préparation, je n'y croyais pas vraiment, j'imaginais même que c'était une sorte de manœuvre de diversion, du style « on joue mal mais on feinte les futurs adversaires ». Mais non, même c'était pire, c'était réel, c'était plus simple.
Entre un Anelka perpétuellement à contre-sens, j'ai d'ailleurs pensé qu'il fallait le lui signifier par un panneau clignotant comme dans les jeux vidéos de courses de voitures, car à chaque fois qu'il a le ballon, il recule... hum serait-ce une nouvelle technique de précision ?
Ou Gourcuff qui visiblement sait uniquement tirer à plus de 40 mètres des buts, ou Govou dépassé presque à chaque fois par les défenseurs, serait-ce la lettre G le problème ?
Et il y a tous les autres Cissé, Henry, Toulalan, Ribéry, Evra, oh et puis j'ai failli oublier le si merveilleux William Gallas (tiens encore un G, je vais finir par y croire !). C'est multiplication de passes ratées, de contrôles approximatifs, de têtes loupées.
Ils sont peut-être bons dans leur club mais en même temps quand on regarde de près, on se rend compte que la plupart jouent en Angleterre et quand on connait la gueule du championnat anglais, on comprend pourquoi ça marche pour eux là-bas.
Et puis, surtout, il y a ceux que Raymond ne fait jamais entrer (ou alors à 5 minutes de la fin du match) Clichy, Valbuena, Gignac (un G qui relève le niveau), Squillaci, Planus...

J'ai passé tout le match à supputer, spéculer, échafauder des explications. Sont-ils en train de tester une nouvelle drogue qui sème l'abrutissement et la confusion chez l'homme ? Ou peut-être que Raymond veut demander à Estelle de faire un bébé ? Ont-ils parié des sommes folles contre eux sur les sites de paris en ligne enfin légalisés ?! Que de mystères, on se croirait dans Lost...!

Tout ça concerne plus ou moins le jeu, le sport mais si on ajoute à toute cette sauce, déjà insipide, l'affaire Zahia, les chambres à 600€, 590€ pardon, la nuit, les entraînements à huis-clos, le refus de Gallas de venir en conférence de presse et cela jusqu'à la fin du mondial, Lloris qui trouve le ballon trop léger.
Les joueurs qui descendent du bus, casques audio visés sur les oreilles, sans un regard, un sourire, un geste pour les supporters, chacun bien cloisonné dans son monde doré. Ce n'est pas une équipe, ce n'est pas un groupe.
Il n'y a pas de leader, pas de meneur, pas de chefs. En même temps à qui donner cette place ? Ils ont le charisme d'un mollusque tous autant qu'ils sont ! Personne ne s'engage, personne ne prend la responsabilité. Surtout on ne se mouille pas.
Au mieux c'est un rassemblement en un même lieu de personnages prétentieux, hautains, sans l'amour du maillot, du pays (j'ai pas osé dire patrie), sans rage, sans hargne, sans envie de gagner, de vaincre. Oh les gars, je vous rappelle juste que la coupe du monde de 1998, c'est pas vous qui l'avez gagnée !
Sans parler non plus des réactions de joueurs après les matches « oui nous avons perdu mais on a fait des très bonnes choses », « nous avons montré de belles choses ce soir ». Mais comment ??!!
Quand un joueur de tennis (rugby, hand, basket etc.) perd un match, on l'entend rarement avoir de tels propos...
Certains ont encore la volonté de faire de l'humour et lancent des messages désespérés à Rayray "Raymond déconne pas, j'ai acheté une télé !"

La coupe du monde a commencé depuis trois jours et je suis écœurée. Écœurée par ces joueurs si peu concernés, je pense aux minots qui ont envie de vibrer pour eux et qui seront seulement déçus, je pense aux anciens qui ont encore envie de ressentir la ferveur de 98 et qui sont peut-être en train de regarder leur dernière coupe du monde, qui ne verront rien d'autre qu'une bande de branleurs tout juste bon à rouler en Ferrari mais pas dignes de le faire.
Je me suis bien marrée pendant Uruguay-Francce vendredi soir, j'ai vanné les joueurs, je me suis foutue d'eux allègrement mais aujourd’hui, mon rire n'est plus franc, il a le goût de l'amertume et de la déception.

p.s : Zidaaaane revient !!