Consigne : écrire un texte avec une histoire cohérente en utilisant le maximum de mots finissant par -ration

Il est onze heures et l’exaspération commence à pointer le bout de son nez, voilà plus de quatre heures qu’Inès tourne en rond dans sa chambre. Elle est l’illustration même de l’impatience. Il faut la comprendre quand on a 21 ans et qu’on est invité, pour son premier film, à monter les marches au Festival du Film, il y a de quoi faire preuve d’une certaine déconcentration.
Hôtel & Restauration quatre étoiles luxe, la Croisette et son accumulation de richesses, la Côte d’Azur, le trajet en avion privé, la mer si proche, mais Inès doit attendre les directives en vue la préparation de la soirée. Ne pas pouvoir se balader, flâner au gré de ses envies, ni partir en exploration dans les rues de cette ville côtière créent une frustration évidente pour la jeune femme.
Elle a ouvert les rideaux marron foncé pour s’avancer sur le balcon mais la réverbération du soleil sur la façade blanche est si forte qu’Inès est obligée de rentrer. Elle s’assoit sur une bergère aux tons beiges, son regard erre sur la pièce, la décoration de la suite à des couleurs fauves et chaudes qui sont associées à quelques éléments foncés donne une impression de bienveillance comme une tasse de chocolat chaud un soir d’hiver.
Elle était en pleine rêverie lorsque la femme de chambre avait fait son entrée et déposée avec considération sa robe de soirée, un fourreau en soie rouge surmonté de perles signé John Galliano.
L’admiration avait surgi dans les yeux ébahis d’Inès, la robe était si belle qu’elle en eut la respiration coupée.
Il ne reste plus que quelques minutes à attendre, Inès est habillée si élégamment (l’opération « je m’habille » a été délicate tant la robe est moulante) et perchée sur des talons si hauts qu’elle est incapable de faire des petits bonds comme elle le voudrait tellement l’excitation, la tension sont à leur comble. Elle est fébrile mais doit faire preuve de concentration. La seule chose qu’elle redoute est de devoir faire une déclaration aux journalistes, elle craint de bafouiller et de dire des inepties.
Inspiration, expiration, elle essaye d’évacuer le stress qui vient se mêler à toute cette agglomération d’émotions.
Dans la berline qui la conduit au Palais des Festivals, elle a retrouvé l’équipe du film, le réalisateur et le scénariste entourent de près l’héroïne de leur film. Ils jouent ici une partie de leur future carrière, ils font partis de cette nouvelle génération d’auteurs qui remet au goût du jour la période de la Nouvelle Vague. Leur collaboration s’est tellement bien passée qu’ils ont tissé des liens bien plus forts que ce qu’ils imaginaient. Ils n’ont pas droit à l’erreur, qui plus est un soir d’inauguration.
Ils arrivent. Ils montent.
Arrivée à mi-hauteur, Inès fait face à la foule. Son cœur s’emballe, l’accélération de ses pulsations cardiaques lui fait monter le rouge aux joues. Les vociférations, les acclamations du public pourraient l’intimider mais il n’en est rien. C’est la première fois mais elle ressent comme une libération à être là devant toute cette foule. Elle trouve quand même que cette hystérie, cette adoration collectives frôlent l’exagération mais elle veut profiter de cette euphorie.
Son intégration dans le monde du cinéma est en train de se jouer maintenant, elle s’en rend compte et cela renforce sa détermination.
C’est l’heure de la célébration pour Inès, bien décidée à ne prendre que le meilleur de cette nouvelle aventure qui débute, ses aspirations sont telles qu’elle ne laissera pas sa chance passer.