Nouveau mois, nouvelles résolutions. Ou pas. Ca fait un mois. Ca fait un mois et quand j'y pense, je me sens partir en arrière. J'ai réellement du mal à y croire. Et ce n'est pas une figure de style. J'oscille entre l'euphorie, l'excitation et une incroyable et profonde tristesse. Je ne sais comment m'en sortir. Les choses ne sont pas simples et on ne me simplifie pas la tâche. Je veux partager un bonheur mais je me sens incapable d'y arriver. Je voudrais être soutenue mais je me sens enfoncée. Je m'étais refusée à écouter Saez mais depuis ce matin, sa voix et son son envahissent mes oreilles, remontent jusqu'à mon cerveau, fourmillent dans mes neurones, mes terminaisons nerveuses. J'ai peur de m'oublier dans tout ce brouillard, de me perdre. On s'éloigne. On reproche. On souffre. J'aurais simplement besoin de réconfort, d'amour, de compréhension. Des choses simples, des choses qui me rendraient vivante. Qui m'amèneraient vers la lumière alors que je me sens partir vers l'ombre, glisser doucement. J'ai besoin de séduction. J'aurais envie de boire un verre de vin de blanc en finissant Windows on the World de Beigdeber. J'ai envie de lire mais je n'arrive pas à me plonger dans une histoire. J'ai pris Lupus à la bibliothèque. Je voudrais savoir me défoncer. Pour oublier. Devant la sensation de gouffre qui m'engloutit parfois, je voudrais pouvoir lui opposer une douce défonce, un vague rêve éphémère de calme. M'oublier dans des vapeurs odorantes, mais je ne sais pas faire. Je sais juste boire. Boire des cocktails colorés, accompagnés de bonbons. Boire du champagne avec des framboises dans la coupe. Boire du saké cul sec. Boire du vin rosé face à la mer. Boire une bière devant un match. Boire du rouge en mangeant du fromage. Boire du vin d'orange, fabrication maison dont il reste seulement une bouteille faite par ses mains. Même les pleurs ne me soulagent pas. Dans deux heures, je dois être prête, aller travailler. Je porte une robe que je garde pour la maison, j'ai les cheveux en bataille, mes yeux ont le regard vitreux du sommeil, j'ai pris mon petit-déjeuner il y a peu. Il faudrait voir à se préparer.