The Dark Knight Rises est un aboutissement en forme d’apocalypse.
Dans ce dernier volet, Christopher Nolan détruit ici les codes du superhéros, affaibli le mythe, fait apparaître un visage humain, fragile et isolé. Avec brio, il amène Batman à terre, plié. Et c’est autant que son côté surhumain, que ses faiblesses, ses peurs, qui fait de Batman un personnage extraordinaire, intense.
Dans cet épisode, on découvre de nouveaux personnages dont celui de Selina Kyle alias Catwoman, jouée par Anne Hataway, et que j’ai beaucoup apprécié. Je l’ai trouvé intéressant, touchante et sexy, opportuniste, et avec un vrai rôle à jouer dans le retour de Batman.
Du côté des méchants, nous avons affaire à Bane, sans doute l’un des plus agressifs et guerriers qu’ait connu Gotham City. Une brute tout en muscles, incarnée par Tom Hardy, méconnaissable, il est un colosse, intelligent, dont la présence à l’écran prend toute la place, éjectant Batman hors du champ au sens propre comme au sens figuré. Après son passage, Gotham est une ville assiégée et perdue, prête à sombrer.
Dans le chaos qui s’installe, on ne peut s’empêcher d’y voir une métaphore sur notre société et la crise actuelle, la protection de la planète et la lutte pour l’énergie, Gotham y est un personnage malmené. La caméra s’égare là où habituellement on ne filme pas, le superhéros vaincu, le regard blessé, tout en offrant des plans spectaculaires comme l’attentat dans le stade, tourné à Pittsburg avec des milliers de figurants. L’angoisse s’installe crescendo dans ce final, aussi grandiose qu’intimiste. Un film prenant au réalisme troublant, un film d’apocalypse pour des superhéros combattifs mais humains, un film dont chaque plan est travaillé, dont les lumières étincellent au milieu du chaos. Ce dernier film de la saga Batman de Christopher Nolan est sans doute le plus riche et le plus dense au niveau des émotions, le plus complet, une conclusion sombre et héroïque.