Le cinquième tome de cette série vient juste de sortir, il s’agit plus exactement du second tome du second cycle commencé par Entropia. Le premier cycle se compose de L’alliance des trois, Malronce et Le cœur de la terre.
Ce nouveau tome s’ouvre à un moment critique pour les Pans – les enfants survivants de la Tempête – une menace s’approche, Entropia, un condensé des excès de l’ancien monde, de la pollution aux machines industrielles en passant par Internet, une formidable énergie destructrice qui fonce vers Eden, la capitale des Pans.
Rien ne semble pouvoir ralentir Entropia, ses guerriers, les Tourmenteurs, ne craignent ni les lames des épées ni les flèches des archers. Seule une puissante énergie positive pourrait éventuellement en venir à bout. L’espoir se situe dans le second Cœur de la Terre qui se trouverait en Europe. Mais aucune nouvelle du vieux continent depuis la Tempête, impossible de savoir si elle a eu les mêmes conséquences là-bas, ni même de savoir si elle a eu lieu.
Avec l’aide des Kloropanphylles, le Peuple de Gaïa aux cheveux verts, les Pans vont construire un gigantesque vaisseau pour conduire une délégation en Europe, parmi elle, l’Alliance des Trois formée par Ambre, Matt et Tobias.

Après avoir exploré l’Amérique version Autre-Monde, nos héros s’attaquent à l’Europe et quel bon choix de la part de Maxime Chattam car ce tome, Oz, redonne un vrai souffle à la série. Avec une saga, le risque est de s’embourber dans une histoire avec trop de personnages et de devenir répétitif, Entropia m’avait d’ailleurs laissé un petit goût de déjà-vu, avec le sentiment désagréable de se dire « oh non tout recommence ». Avec ce nouvel opus, on ne pense pas cela une seconde. Les trois premiers tomes font forcément référence à Tolkien, Harry Potter, Sa Majesté des mouches ou encore Jules Verne, explorant les thèmes de l’amitié, de l’amour, de la mort dans un récit initiatique pour nos héros qui se retrouvent orphelins.
Dans Oz, l’auteur distille son art de suspense dans ce nouveau voyage, il apporte la noirceur de ses thrillers pour en faire le tome le plus sombre de la série, et c’est à mon avis, le meilleur tome de la série car il s’éloigne des références pour devenir vraiment unique.
Les Pans se retrouvent sur un territoire où tout semble encore plus désolé que chez eux, où la tyrannie règne et où, pour s’en sortir, ils ne devront avoir aucun scrupule à tuer. Très bien écrit, Oz nous permet de retrouver des personnages attachants, Matt et Ambre dont le couple évolue d’une jolie façon, Tobias bien sûr, Floyd, Tania, les grands chiens accompagnateurs qui sont des personnages à part entière. Même si le comportement de Matt est parfois un peu exaspérant, un peu trop geignard, on l’aimerait plus sûr de lui, plus confiant. Il est fort et important, il devrait le savoir.
Les descriptions des lieux, des véhicules notamment le Vaisseau-Vie sont tellement bien rendues qu’on s’y croirait. On fait un bond dans une dimension parallèle où l’imagination de Maxime Chattam construit chaque détail.
Mais plus le roman avance et plus les choses semblent compromises, les Pans sont malmenés, les morts tombent, le suspense croit pour finir sur un incroyable « cliffhanger » qui laissera plus d’un lecteur fébrile !
Ce récit initiatique oscille entre science-fiction et fantasy pour offrir aux lecteurs un aperçu d’un Autre-Monde, si jamais la Terre se réveillait…

Pour se plonger un peu plus dans l’univers d’Autre-Monde, vous pouvez retrouver la Pancyclopédie où sont regroupées de nombreuses définitions. Très bien fait, on peut chercher par tome, par catégorie, ou en tapant le mot.