la carte et le territoirePrix Goncourt 2010, La carte et le territoire est le seul roman de Michel Houellebecq que j'ai réussi à terminer. Il raconte l'histoire de Jed Martin, artiste, qui photographie des cartes routières Michelin en gros plan. Il rencontre Olga, une jolie russe, avec qui il sort puis qui repart en Russie ; il dîne avec son père une fois par an, à Noël ; il expose dans la galerie de Franz et entretient une sorte d'amitié avec Michel Houellebecq. On croise également Frédéric Beigbeder, Julien Lepers ou encore Jean-Pierre Pernaut. Oui je sais, c'est plutôt curieux comme histoire. 
L'auteur se met donc en scène dans une fiction, qui n'a rien d'autobiographique, très certainement parce qu'il a un égo incroyable et parce qu'il s'attend (souhaite ?) que tout le monde dise ça. La quatrième de couverture parle aussi d'un crime sordide, il a bien lieu mais il arrive tellement tard dans le roman que ce n'est vraiment pas le sujet principal.  

Ce roman n'est pas désagréable mais n'a franchement rien de génial non plus. C'est bien écrit, je le reconnais volontiers, mais c'est tout. Il n'y a quasiment pas d'histoire et encore moins de suspense, Jed n'est pas vraiment sympathique et grosso modo, en 400 pages il ne lui arrive pas grand-chose. Le roman est rempli de digressions sur, par exemple, l'Histoire de la ville de Beauvais, sur William Morris et les préraphaélites ou encore sur les bichons du commissaire Jasselin. Je n'y vois pas d'inconvénients mais pour être honnête, je me suis souvent fait chier en lisant La carte et le territoire.  Le seul élément attractif a été pour moi les oeuvres de Jed, notamment son travail avec les cartes Michelin, que j'aurais aimé voir "en vrai".
En plus, le fond du roman - qui finalement aurait pu être un essai - est profondément déprimant, il y est énormément question de la mort, des relations père/fils, de la famille, de la maladie, de l'être humain, de son passage sur terre et de la fin de l'espèce. La toute dernière page est à la fois très poétique tout en étant très pessimiste.  
C'était un peu surréaliste comme lecture, je l'ai terminé depuis samedi et j'ai déjà presque tout oublié...