La plupart d'entre vous le savent, j'ai un gros problème concernant la conduite et malgré différents efforts et traitements - néanmoins sans être allée jusqu'à la thérapie comportementale - je n'ai jamais réussi à vaincre complètement ce blocage. Bien sûr, mes angoisses sont moins fortes, je n'ai plus cette sensation de panique qui me submerge totalement à l'idée de m'asseoir au volant, simplement m'asseoir, pas conduire. Je ne transpire plus et n'ai plus de tremblements. Mais je ne suis quand même pas du tout à l'aise. J'ai toujours mes chauds/froids, la boule au ventre, le stress qui monte et logiquement, je n'ai pas l'envie de conduire.

Mais c'était sans compter sur mon copain et le destin qui m'a donné un coup de pied au cul. Samedi, alors que nous étions sur le chemin du retour avec deux stops prévus chez des amis, voilà que nous nous faisons contrôler par les gendarmes à l'entrée de l'autoroute. Aucune infraction de notre côté, un simple et banal contrôle. Mais un contrôle complet : papiers, alcool et stupéfiant.
Et bien évidemment, mon copain ayant un peu fumé pendant les vacances, je me doutais que le test serait positif...
Le gendarme vient donc me demander si j'ai mon permis car ils gardent celui de mon copain et que celui-ci n'a plus le droit de conduire. Sur ce, ils partent faire une prise de sang, procédure obligatoire quand le premier test est positif.
J'ai donc passé 2h30 sur un parking d'autoroute merdique à me ronger les sangs, pas pour mon copain, mais bel et bien pour les deux heures de route qu'il nous restait à faire. Je me remémorais les bases : contact - embrayage - première - accélérateur - lâcher doucement l'embrayage - rétro - clignotant et tout le bazar...

aire

~ aire où j'ai attendu 2h30, entre la fin du jour et le début de la nuit, plutôt glauque non ^^ ~ 

J'étais angoissée à l'idée d'être jeté d'un coup dans le grand bain mais ce qui me rassurerait, c'était que le trajet restant se ferait sur autoroute. Car une fois sur l'autoroute, calée en 5ème à 100/110, je n'ai pas peur. J'ai même été plutôt bien, malgré la nuit et la pluie. 

En trois jours, j'ai donc conduit pendant 866 kilomètres... quasiment que de l'autoroute et de nuit mais c'est une bonne reprise. Depuis j'ai un peu conduit à droite et à gauche mais jamais seule et j'évite encore les horaires où la ville est bloquée. Je suis toujours paniquée à l'idée de devoir démarrer dans une côte quand la circulation est paralysée. Je suis même prête à faire 20 ou 30 bornes de plus si cela me permet d'éviter les côtes coincées !!
Mais je me dis que cette galère est peut-être finalement le déclencheur qui me manquait. Cela faisait plus de trois ans que je n'avais pas touché un volant, il ne faut pas que je refasse cette erreur et persévère même si mon copain récupère son permis.
Car il faut attendre les résultats de la prise de sang pour savoir si son permis lui sera rendu ou si le seuil est trop élevé et là, la suspension sera de trois mois...
Je ne lui souhaite pas cela mais il est certain que si ça devait arriver, cet événement me guérirait car nous n'allons pas passer 3 mois à dépendre des autres !
En attendant que nous sachions à quoi nous en tenir, je conduis. Sur des petites distances, mais je me sens quand même bien mieux qu'il y a quelques années.

Il faut que je considère cela comme une chance même si cela occasionne des galères, une amende, un possible jugement, des points en moins et une trace pendant 5 ans...
Bref, c'est à suivre mais pour l'instant, j'ai la sensation de tenir le bon bout !