Je ne dors pas, plus, peu ou mal. Je garde les yeux bien ouverts, je pense au manque. Au manque d'argent, à celui qu'il faut trouver pour survivre, à celui qu'il faut gagner pour combler le découvert, à celui qu'il faut pour après, pour toutes les choses à payer en plus. Ca me garde bien éveillée, très très bien éveillée. Je ne dors plus, je mouline. Je commence à connaître par coeur les prévisions météo pour toutes les destinations possibles dans le monde mais à 2,04€ le texte, il m'en faudrait 500 par mois pour arriver à un minimum décent. Comment continuer cette auto-entreprise de formation en informatique quand mon homme est persuadée que ça ne va pas marcher ? ce n'est pas qu'il ne croit pas en moi ou mes capacités, c'est qu'il connaît au moins 3 personnes qui ont monté le même genre de projets et qui s'y sont cassées les dents. Discours contrariant, non rassurant. Je suis là à me demander si ça vaut  le coup de galèrer pendant encore 3 ans pour rien ou s'il vaut mieux arrêter de suite sans savoir si ça aurait fini par bien marcher un jour. Gris dehors, gris dedans. Gris partout. 
Les insomnies s'accumulent, le vent par la fenêtre, le noir dehors, le chat tout prêt. Se lever la nuit pour écrire plus de textes, le plus possible car c'est la seule chose qui me rapporte à l'heure actuelle. Se tourner, retourner, rêver, cauchemarder. Ne plus avoir envie de continuer mais ne pas savoir quoi faire d'autre. Ma mère veut que j'écrive, moi aussi. Quelqu'un de volontaire pour me payer un salaire pendant que j'écris ?
Vouloir faire autre chose mais si cette autre chose est encore un échec. La liste se rallonge chaque jour. Etre perdue, ne plus savoir où est la sortie, ne plus savoir même s'il en existe une. Avancer parce qu'il faut bien tenir debourt, trouver une raison de se lever chaque matin. Retrouver un peu de volonté envolée, de détermination ou d'espoir. Même si c'est juste un tout petit peu.

Poster cet article pour faire sortir ce trop plein d'angoisse comme du pus qui sortirait d'une plaie infectée.