Un avion sans elle23 décembre 1980, sur le Mont Terrible dans le Jura s'écrase un airbus 5403 venu d'Istanbul, aucun survivant à part une petite fille de 3 mois. Seul problème, les enquêteurs n'arrivent pas à déterminer à quelle famille appartient la petite Libellule tombée du ciel. Est-ce la petite fille de Léonce et Mathilde de Carville, famille bourgeoise richissime ? Ou est-ce la petite fille de Pierre et Nicole Vitral, couple populaire tenant une friterie ambulante à Dieppe ? Est-ce Lyse-Rose ou Emilie ?
Dix-huit ans plus tard, la justice a tranché et c'est Emilie Vitral avec son frère Marc que l'on retrouve à Paris. Le détective de l'époque Crédule Grand-Duc remet à Lylie, son carnet d'enquête...

J'avoue avoir été attirée par le résumé dès le départ, comment le doute pouvait persister dix-huit ans après le crash ? Michel Bussi nous fait entrer très vite dans le vif du sujet avec le récit du crash et pose les bases de l'intrigue. Les preuves, ou plutôt l'absence de preuves, pour déterminer la famille de la petite Libellule se fait cruellement ressentir. Un des atouts du roman est que l'histoire se situe en 1980, époque à laquelle les caméras, téléphones portables et toutes les technologies actuelles n'étaient pas encore présentes, tout comme les progrès scientifiques, notamment en matière de preuve et d'ADN. Ce qui permet de rendre totalement crédible l'incertitude sur l'identité de Lylie.

Le roman est construit de façon plutôt classique, d'un côté on lit le journal de Crédule Grand-Duc résumant son enquête, de l'autre on suit la course effrénée de Marc qui cherche à retrouver Emilie et essaye en même temps de résoudre le mystère de cette affaire, qui est loin d'être résolue.
L'intrigue évolue crescendo, pour finir par s'accélérer dans les 200 dernières pages. L'écriture de Michel Bussi est assez simple mais reste convaincante, distillant du suspense au fil des pages, arrêtant les chapitres sur des cliffhangers forçant le lecteur à continuer sa lecture.
J'ai beaucoup apprécié les personnages, bien sûr Lylie et la relation ambiguë qu'elle et Marc entretiennent, Malvina, la petite fille de trente ans qui n'a pas grandit, sa folie mais aussi sa détresse. Crédule Grand-Duc dont la personnalité se révèle au fil des pages de son journal. J'émets toutefois une petite réserve concernant Marc, personnage agréable mais dont la personnalité un peu timorée ne m'a pas trop plu.

Le récit est original, haletant, faisant douter le lecteur de chaque preuve trouvée, de chaque élément nouveau. Un avion sans elle ne ressemble pas à un thriller classique car il n'y a ni série de meurtres ni enquête policière, la psychologie des deux familles est très bien décrite, tout comme les conséquences de la décision judiciaire de l'année 1981.
La fin du roman bouleverse les acquis, elle est étonnante, j'avais néanmoins compris quelques petits points de l'intrigue mais j'étais franchement loin de me douter de la globalité de l'histoire. Cette lecture est à la portée de tous car l'intrigue est bien ficelée, ce n'est pas glauque ou sanglant, il n'y a pas de scènes véritablement horribles et l'ensemble se lit très facilement.

A noter que le roman Un avion sans elle a reçu de nombreux prix : Prix Maison de la Presse 2012, prix du roman populaire, prix du polar francophone, prix polar des lecteurs NVN... et qu'un contrat d'adaptation pour le cinéma a été signé.