Aujourd'hui, c'est samedi, le week-end, période préférée et agréable pour de nombreuses personnes. Depuis deux ans, je redoute le vendredi...
J'en ai parlé pour la première fois très récemment ici. C'est une histoire de famille, une histoire compliquée, une histoire qui me rend triste et enragée. 

J'ai un cousin un peu plus jeune que moi, un cousin que, jusqu'à maintenant, ma soeur et moi considérions comme un frère, un cousin avec qui j'ai toujours été très proche, avec qui je sortais, avec qui je partais en vacances, que je voyais avec plaisir et avec envie. Depuis deux ans, la tendance s'est largement inversée. Mon copain et mon cousin sont très très proches (vivre ensemble enfant, ça crée des liens) et j'ai toujours été satisfaite de cette proximité entre nous. En 2012, mon copain a entamé une réorientation professionnelle et s'est fait embaucher dans la même société que mon cousin. Celui-ci vit toujours chez sa mère et il a commencé à venir chez nous, de plus en plus régulièrement... 
Il a commencé par nous proposer de manger une pizza un vendredi soir, puis le vendredi suivant et puis le vendredi d'après, et puis... et puis. J'ai commencé à craindre ce jour de la semaine. C'était une période difficile, nous avons perdu notre grand-père, ce qui a été un traumatisme pour toute notre famille, surtout sur nous les plus jeunes. J'ai laissé passer même si je commençais à ressentir une certaine lassitude. Puis ça a été l'été, il est venu, il est là chez nous, avec nous à la plage ou à la rivière, bref très présent. A la rentrée, son contrat en intérim s'est terminé et depuis, je le reconnais et c'est malheureux pour lui, ça a été une descente inexorable car il n'a pas réussi à retrouver un travail stable (rien à voir avec la crise, dans son cas, c'est principalement sa faute). 
Le problème c'est que depuis, il est tout le temps en demande, il souhaite tout le temps venir chez nous, s'invite perpétuellement le week-end et n'attend jamais que l'invitation à manger ou à sortir vienne de nous. Je redoute le vendredi soir, car je redoute de recevoir son texto "coucou, vous faites quoi ce soir ?" ou "une pizza ça vous dit ?"...
Ca fait deux ans, que je ne peux plus voir ni manger une pizza, j'en suis écoeurée. 
Je n'en peux plus de recevoir c'est "je peux passer cet aprem ?" ou "on peut se voir ce soir ?", seulement quand je choisis de ne pas répondre, il me relance que ce soit en m'appellant 4/5 fois dans l'après-midi ou par sms, idem pour mon copain. Février 2014, on est exactement dans la même situation "coucou, tu fais quoi ce soir, ça te dit qu'on se voit". On y est encore. 
Mon homme et moi on s'est énormément engueulé et pris la tête à ce sujet car j'ai montré beaucoup plus vite que lui des signes d'énervement, de ras-le-bol par rapport à son attitude et par rapport à son immense demande envers nous. D'autant plus qu'à chaque fois, c'est toujours la même chose, ça tourne en rond, il nous parle de son travail, des galères de l'emploi, du fait qu'il déprime mais il ne s'intéresse à rien, ne se motive pas, ne cherche pas à se détacher de sa mère qui est très autoritaire et écrasante. Je n'ai plus de conseils ou d'idées à lui proposer, j'ai déjà tout épuisé. Je reconnais avoir été extrêmement sévère envers lui, parfois radicale mais j'en suis arrivée à un point où je n'ai plus envie de le voir. Je sais pas si vous imaginez avoir quelqu'un de très proche qui veut venir chez vous CHAQUE semaine ! 
Je n'ai plus d'excuses, je ne sais plus quoi dire, mon copain dit que je suis méchante car je refuse de lui répondre ou de le voir. Mon avis sur le sujet depuis quelques mois est le même : je n'ai plus envie de le voir. Je ne supporte plus de le voir geindre, pleurnicher. Je sais déjà que ce soir je vais passer une soirée de merde, simplement attendre qu'elle soit finie. 
Vous allez me dire mais pourquoi tu ne lui parles pas, explique lui gentiment. Mais c'est déjà fait tout ça ! Plusieurs fois, il ne sait pas se contrôler, je lui ai dit que si je ne répondais pas c'est que je pouvais pas le faire et qu'il ne servait à rien qu'il me harcèle. Il m'a répondu "ok, désolé" et une semaine après tout était statu quo. Nous lui avons demandé de ne pas nous appeler pendant un mois et d'attendre qu'on l'invite, il a tenu deux semaines. 
De plus, je culpabilise à mort car après avoir inventé une nouvelle excuse, ma mère me dit que mon cousin ne va pas bien et déprime... Impossible pour moi de trouver une solution à cette situation. En deux ans, ma tante ne nous a pas invité une seule fois à manger.
Je ne veux plus m'énerver, ne veux plus crier, ne veux plus pleurer à cause de tout ça. Je ne donne plus mon avis, je laisse mon copain décider car ou je râle, je lutte et on est direct dans le conflit ou je ne dis rien et subis la soirée... 
J'en ai la boule au ventre tellement cette histoire me prend la tête, tellement je ne sais plus quoi faire, tellement je ne vois aucune solution. Audrey dans mon précédent article m'a proposé de partir quand cela arrive, seulement c'est tellement régulier, tellement souvent qu'il est impossible pour moi de toujours partir de chez moi, surtout le soir et que je n'ai ni sorties prévues ni copines à proximité. Et je ne pourrais jamais aller squatter autant chez quelqu'un que lui ne vient chez nous.
Bref, la situation me semble inextricable, j'ai pitié de lui et je déteste ce sentiment, je me sens coincée entre l'amour que j'éprouve et le ras le bol que je ressens.