La bicyclette bleueRégine Deforges est décédée hier soir à l'âge de 78 ans. Ma rencontre avec cet(te) auteur(e) s'est faite il y a quelques années, quand j'étais adolescente j'ai récupéré les trois premiers tomes de La bicyclette bleue. Ca a été un véritable coup de foudre. Tout dans cette histoire m'a emballé : l'époque tout d'abord qui me fascine autant qu'elle m'effraie, la puissance des événements de cette période, les personnages, les rebondissements, et bien sûr, l'héroïne, Léa Delmas. A elle seule, elle incarnait tout ce que je voulais être, tout ce que j'aurais voulu être si j'avais vécu à ce moment-là. J'ai aimé sa combatitivé, sa peur, son courage, son amour pour les hommes, sa liberté, sa façon d'avancer sans se soucier des convenances. J'ai aimé la souffrance, le bonheur ressentis lors de la lecture. J'ai pleuré en France, en Argentine, en Allemagne, en Algérie, en Indochine. J'ai aimé la documentation précise, vivante des descriptions de l'époque. Depuis, je ne sais combien de fois j'ai relu cette saga.
Régine Deforges savait écrire, savait faire vivre ses personnages féminis. Je l'ai toujours apprécié pour son féminisme, son côté provocateur et libre, son courage quand on la jugea immorale et qu'elle perdit droite de vote et de garde d'enfants. Je l'appréciais parce qu'elle a choqué les plus coincés de notre société et que des personnalités comme ça, ça fait du bien.