Il y a super longtemps que je n'avais pas ressenti une si grande solitude, profonde et bouleversante. Je me sens seule, tout le temps, quand j'ouvre les yeux et quand je les ferme dans l'obscurité de l'appartement. Je me sens seule parce que quand je me réveille, il est déjà levé, parce que je n'ai personne chez qui je peux me réfugier. Parce qu'en dehors de ma mère et de ma soeur, j'ai aucune bouée féminine à proximité à laquelle me raccrocher. Je me sens seule parce que je travaille seule, parce que je n'ai presque pas de collègues et le peu que j'ai ne sont pas des amies et ne le deviendront pas. Je l'ai déjà dit - et répété - le manque d'amies, même simplement de copines me fait cruellement souffrir, plus que je ne veux me l'avouer. Mais là, aujourd'hui, alors que ma vie se délite petit à petit, qu'elle se disperse en de multiples lambeaux, je me sens seule. Aucun pan de ma vie ne me convient. Le début 2014 après les 3 mois d'arrêt de travail de mon chéri et sa reprise difficile font que notre couple n'est pas au mieux de sa forme. Je n'ai presque pas de perspectives professionnelles et je connais des problèmes d'argent, même si je ne suis pas à la rue. Ma vie sociale est quasiment inexistante. Nous sortons avec ma soeur et son copain, nous prenons l'apéro avec les copains de mon chéri, quelques week-ends avec mes amis par an, et basta. Ou presque. J'ai mal au ventre, j'ai mal au dos, je dors mal, mon épaule m'envoie des signaux de détresse. Je ne conduis toujours pas vraiment. Nous sommes le 1er juin, j'ai encore des manches longues, des chaussettes et les chaussons aux pieds. Exit le couple parfait, la famille parfaite, sans accroc, sans dispute, sans déprime. Ce n'est pas aussi facile que quand on était petit : salut, comment tu t'appelles, tu veux être ma copine ? et voilà tout était dit, tout était fait, on se voyait, on jouait, on s'aimait, c'est tranquille, paisible.
Dès qu'une chose me contrarie - et c'est pas pour dire mais en ce moment y en a pas mal ! - je me réfugie à l'intérieur de moi-même, attendant, regardant tout de l'extérieur. Je pars en week-end samedi prochain, ça va me permettre de souffler un peu mais il me faudrait plus. J'ai vraiment envie - BESOIN - d'une pause, un vrai moment off, sans rien. Rien du tout, ni ménage, ni lessive, ni clientes qui téléphonent, ni tourisme, ni voiture, ni problème informatique, ni courrier de l'urssaf, rien que des choses pour moi, que des choses positives et enthousiasmantes, pas de prise de tête, que du PLAISIR. Parce que psychologiquement, j'ai du mal à tenir la rout en ce moment.
Et demain, je n'ai pas envie d'aller bosser.

col
Aller par-delà les montagnes, gravir des collines, parcourir des champs de blé et sentir sur ma peau la morsure du soleil...