Oui, vous avez bien lu. Non, mon titre n'est pas erroné. 
J'ai découvert cette stupéfiante histoire hier sur le blog de Liliba (à qui j'emprunte les photos). Tout commence en 2013, quand L'irrégulière, blogueuse du site Cultur'elle, raconte sa mauvaise expérience dans un restaurant du Cap Ferret - je ne cite pas le nom, la propriétaire a l'air de kiffer les procédures judiciaires !
Sa critique a été retirée depuis mais la propriétaire n'ayant visiblement pas apprécié cet avis, a décidé de saisir la justice. Et L'irrégulière a été condamnée en référé (jugement en accéléré) à payer 2500 €, 1500 € de dommages et intérêts, 1000 € de frais de procédure. Pour avoir lu l'article en question, il n'est à aucun moment insultant, sévère peut-être, mais qui n'a jamais passé une soirée dans un resto pourri lui jette la première pierre.
Outre le fait que cela pose la question de la liberté d'expression, on a encore le droit de dire ce qu'on pense et comment on a ressenti les choses - à dire vrai, c'est le titre de l'article qui tombe sous le coup du dénigrement - cela pose aussi la question de savoir si on peut se défendre en justice sans avocat. Et la réponse est bel et bien non. L'irrégulière a en effet choisi de se défendre seule et n'a pas su trouver les parades pour contrer l'avocate qui a su l'amener là où le terrain serait favorable pour elle. L'article de L'express consacré à ce sujet est très bien fait avec les conseils de Maître Eolas, avocat et blogueur, Blogeuse condamnée pour une critique de resto

Ce qui me console dans cette histoire, c'est que la propriétaire n'a pas envisagé une seule seconde les conséquences de son action en justice. Et si elle a gagné officiellement, Internet s'est rangé du côté de la blogueuse et les avis négatifs n'ont pas tardé à pleuvoir. Le restaurant vient, malgré lui, se faire une réputation "attaque les clients mécontents" et a crée un sérieux bad buzz. C'est l'effet Streisand où un phénomène médiatique pour lequel certaines informations, que l'on souhaitait garder cachées, sont diffusées et déclenchent le résultat inverse avec une exposition plus importante au final avec un effet pervers. 

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Ce qui me rassure, c'est que la décision ne pourra pas faire jurisprudence car il s'agit d'une ordonnance en référé et non d'une prcoédure de droit commun. Mais quand même. Si je critique un film, est-ce que le réalisateur va me poursuivre ? Si j'ai passé une nuit horrible dans un hôtel dégueulasse, pourquoi n'aurais-je pas le droit de le dire ? J'espère qu'on en restera là et que les blogueurs pourront continuer à s'exprimer librement.