J'aime quand tu m'embrasses dans la pénombre de la chambre à coucher, sentant le propre, l'after-shave, et le matin. Il est 4h15, 4h30, si tu es en retard, ce qui n'arrive presque jamais. Les cheveux encore humides de la douche, tu poses un genou sur le lit, tes doigts caressent mes cheveux jusqu'à ma nuque. Tu poses légèrement tes lèvres sur les miennes. J'aime sentir ce goût dans la délicate torpeur du sommeil. Il ne fera pas jour avant plusieurs heures. La porte s'ouvre et se referme, le verrou tourne deux fois. Morphée me rattrape alors que tu files sur les routes désertes, rendues luisantes par la pluie.
Tu es prêt à aller bosser, une dernière cigarette roulée dans la main droite. Dans la gauche, un café du distributeur, long et sans sucre.
La cigarette finira écrasée dans un fond de liquide, le gobelet à la poubelle en passant la porte et c'est parti. Il n'est pas encore 5 heures.