Attention Contenu Écrit Sexuellement Explicite et Article Long avec spoilers ^^

50 nuances plus sombresQuasiment deux ans après ma lecture du premier tome, Cinquante nuances de Grey, je me suis lancée dans la suite de cette trilogie érotique... Par où commencer ?
Un bref résumé peut-être : Christian et Ana viennent de se séparer. Ana est au fond du trou. Le roman recommence immédiatement après la fin du 1. Mais rassurez-vous, la rupture ne dure que 3 jours...! et tout repart comme avant : admiration mutuelle, sexe, re-admiration mutuelle, re-sexe, re-re-admiration mutuelle, re-re-sexe etc etc. et sinon beaucoup, beaucoup de vide.


Pour être honnête, j'en étais à la page 80 sur presque 800, que j'avais déjà envie d'arrêter ma lecture !! Cela faisait longtemps que je n'avais pas lu de roman aussi insipide. En fait, je pense ne jamais avoir lu de livre aussi nul que celui-ci...
On retrouve les mêmes travers que dans le premier : Grey appelle Ana bébé tout le temps, il la prend fondamentalement pour une débile incapable de s'en sortir toute seule, il est ultra-protecteur que ça en devient ridicule. Ana devient toujours rouge comme une tomate, Ana se mord tout le temps la lèvre qui doit être déformée au bout du compte, elle n'arrête pas de se parler à elle-même et à sa déesse intérieure (qui est très forte en gymnastique), au final, on se demande si la pauvre fille n'est pas un peu schizo. Il y a au moins une phrase en italique par page (quand c'est pas trois ou quatre), ce qui est très chiant, et tout à fait inutile vu la profondeur des phrases : Oh ! Quand ? - Seigneur, c'est un vrai gamin parfois - Oh... mais quel effet... - Oh non ! Merde. Oh, adieu, Christian l'insouciant - Oh, merde ! Waouh .
Pour ceux et celles qui avaient peur du SM, là encore pas d'inquiètude grâce à la merveilleuse Ana, le merveilleux Christian devient un homme normal qui n'a plus envie de dominer personne, se permettant comme seule fantaisie, une petite fessée de temps à autre. (Ah oui, il utilise quand même une pince-tétons vers la fin du livre)
Les personnages sont chiants au possible : ils s'aiment, ils sont merveilleux, ils ont des sous, ils vont dans la belle voiture de Christian, dans le beau bateau de Christian, dans le magnifique appartement de Christian, dans la maison de vacances géniale de Christian, dans le superbe hélicoptère de Christian, dans la très très belle et très très grande nouvelle demeure qu'il achète pour Ana et leurs futurs adorables enfants. Même les jeans que portent Christian sont les plus beaux, les plus moulants de tout l'univers. J'ai oublié de dire à quel point Christian était un homme fabuleux et extraordinaire (je commence à être à court de superlatifs !) vu, qu'à seulement 27 ans, il gagne 100 000 $ par heure, qu'il est très investi dans la production des technologies vertes et qu'il lutte activement contre la faim dans le monde, pour les enfants maltraités, contre la drogue et tout un tas d'autres causes humanitaires, mais on ne sait pas vraiment quand il travaille dans ses journées épuisantes avec Ana.
Bref tout est superbe, ça bascule dans le romantisme baveux, on est noyé sous tant de niaiseries.
Les personnages secondaires sont aussi pénibles et désespérément vides que les deux principaux : tous les copains d'Ana sont des dieux vivants amoureux d'elle, la sexy Kate, la très jolie Mia, les merveilleux parents de Christian, le gentil papa très compréhensif d'Ana. Sans compter que toutes les femmes, absolument toutes les femmes, se liquéfient devant Grey tellement il est sensationnel et ravissant. Il n'y en a qu'une qui échappe à la règle et devinez pour quelle raison... elle est lesbienne !!!

Le mieux c'est quand au milieu du bouquin Grey propose à Ana d'emménager avec elle, puis de l'épouser mais bon ça correspond bien à l'état d'esprit des deux héros (sic). Ana n'a pas changé, elle est aussi... inutile. Par contre, Grey s'est transformé en une sorte de lavette, prenant Ana pour une déesse vivante, perdant tout intérêt. son soi-disant secret n'est même pas surprenant, tout retombe, il était mystérieux et sombre, il devient gâteux et quelconque.
L'obsession concernant la bouffe pour Grey est absolument surprenante et ridicule. Il veut presque donner la becquée à Ana, oh je suis bête c'est ce qu'il fait avec un passage mémorable avec un plateau d'huitres !
Côté sexe, bon ben Ana a toujours deux orgasmes par coup, ils jouissent toujours ensemble de façon parfaitement synchronisée, elle se fait souvent "remplir" (ce n'est pas de moi, mais de l'auteur) et Grey a toujours une phrase idéale pour conclure : Ana ! Oh putain, Ana ! avec quelques variantes Oh, bébé ! ou Oh oui, crie mon nom bébé
!

Bon en plus, il n'y a aucun effet de suspense, il y a une vague histoire avec une ex de Grey mais l'auteur rend le drame tellement niais qu'on arrive pas à être ému. Quand page 454, j'ai cru qu'on allait enfin avoir droit à peu d'action et de sang, j'ai vite déchanté, il ne se passe rien.
En fait c'est facile, ce roman de 788 pages se déroule sur grosso modo 2 semaines, chaque journée dure des pages et des pages, s'étirant dans un vide intersidéral, ce n'est que longues descriptions de sexe ou de Christian qui est vraiment splendide et qui sent toujours la lessive, le propre (oh pardon une fois, il arrive même à sentir l'extérieur - p. 678) et qui a toujours l'air très jeune. Une scène dans la salle de bains dure plus de 30 pages. Les événements "intenses" ne durent à peine que quelques pages, par exemple la disparition de Grey ne court que sur 6 pages. On voit très nettement que l'auteur n'a pas d'imagination et ne sait pas quoi écrire d'autre que des dialogues romantiques et des scènes de sexe. A un moment donné, Grey parle de sa boîte, l'auteur ne nous décrit même pas le problème et se contente de décrire l'admiration d'Ana, je vous mets l'extrait, ça vous parlera nettement plus !
p. 307 Il me raconte l'histoire de Grey Enterprises Holdings, Inc. et, plus il en révèle, plus je ressens la passion qui l'anime à résoudre des problèmes de société, ses espoirs dans la technologie que son entreprise développe et ses rêves de rendre le tiers-monde plus productif. Je l'écoute, captivée. Il est drôle, intelligent, philanthrope, sublime, et il m'aime.
C'est long, long, interminable.


Et en vrac et dans le désordre : Ana découvre brusquement (p. 283) que le sexe peut entraîner une grossesse, l'auteur fait du placement de produit continu, Grey ne prend pas sa voiture, il conduit son Audi A3, Ana ne téléphone pas, elle utilise son Blackberry (Audi, Apple, Saab, Blackberry...), l'auteur n'utilise jamais le nom commun de l'objet. Nous sommes en pleine société de consommation car non seulement, il y a cette avalanche de marques mais aussi une avalanche de prix. L'auteur nous gratifie du montant de chaque objet que Grey achète, pour nous montrer à quel point il est généreux avec celle qu'il aime.
Et quand ils ne baisent pas ils s'engueulent, Christian disparaît de la vue d'Ana pendant 2 secondes et c'est la panique, et je t'aime par ci et j'aime par là et mon visage se fend en deux de bonheur....


Et voici les meilleures phrases du roman
p. 99 - Son sexe se libère d'un coup tel un ressort.
p. 228 - Je t'ai dans la peau dis-je [...] mademoiselle Steele, je n'aurais jamais pensé que vous puissiez être si crue.
p. 324 - Ses mains cheminent jusqu'à ma taille et je me glorifie dans son contact [...] Je me redresse, j'empoigne son sexe et je ne peux résister à sa majesté. (Alors là j'ai littéralement explosé de rire !)
p. 451 - Comment se peut-il que cet apollon me soit destiné ? je me surprends à sourire comme une dingue pour répondre à son sourire idiot. Il a passé toute la journée à jouer au petit ami amoureux - amoureux de moi. Cet homme adorable, complexe et avec quelques défauts est amoureux de moi. Et moi de lui. La joie explose sans prévenir en moi et je savoure ce moment où j'ai fugacement l'impression que je pourrais conquérir le monde entier
.
p. 511 - Il m'adresse un sourire dévastateur, en coin, un truc à vous embraser la culotte.
p. 582 - Alors la clé va là. Christian désigne le démarreur sous le levier de vitesse. (ah ben heureusement que Christian est là pour expliquer à Ana où est-ce qu'on met la clé pour démarrer une voiture, non pardon une Saab)
p. 644 - Nous baiserons dans la voiture au moment et à l'endroit où je choisirai. Maintenant, je veux juste te prendre sur toutes les surfaces disponibles de l'appartement. C'est comme s'il s'adressait directement à mon sexe...
p. 650 - je trouve son jean délavé et déchiré, celui qu'il porte dans la salle de jeux. Je le caresse lentement. Oh mon dieu, comme le tissu est doux.


Je me suis franchement ennuyée à cette lecture mais d'un autre côté, je n'ai pas arrêté de rire devant la débilité de l'intrigue et des personnages. Les phrases sont déconcertantes de simplicité, ça se lit presque aussi vite qu'un Oui-Oui, et encore c'est limite offensant pour Oui-Oui.
Cinquante nuances plus sombres a été la grosse douche froide car je m'attendais vraiment à du trash, à plonger dans le passé torturé de Grey et tout est retombé. Je n'ai plus du tout envie de lire le dernier tome Cinquante nuances plus claires car quand on voit à quoi correspond le résumé (Ana a toujours su que ses amours avec son Cinquante Nuances seraient orageuses : leur vie commune pose des défis que ni l’un ni l’autre n’avaient envisagés. Ana doit apprendre à partager le style de vie opulent de Grey sans sacrifier sa propre intégrité ou son indépendance ; Grey doit surmonter son obsession de tout contrôler, et exorciser les horreurs qui le hantent. Enfin réunis, ils ont tout : l’amour, la passion, l’intimité, la richesse et une infinité de possibles. Mais alors même que la vie les comble, le malheur et le destin conspirent pour plonger Ana dans le pire des cauchemars…), on peut penser que ça sera encore pire dans la mièvrerie, même si on se demande comment c'est possible !
Et puis franchement pour un roman érotique, ce n'était vraiment pas excitant, il n'y a que des scènes de sexe entre Grey et Ana, pas d'autres partenaires, pas d'autres couples qui auraient envie de s'envoyer en l'air, nada ! Si vous voulez vous exciter, il faudra vous tourner vers un autre roman.
En tous les cas, je ne suis vraiment pas fâchée d'en avoir fini avec le monde merveilleux d'Ana et Christian ! et j'espère que ça sera le seul roman nul que je lirais en 2015...!