A peine mercredi et déjà l'impression d'avoir fait une semaine entière, il faut dire que mon lundi aura compté triple (parents à l'étranger et ma grand-mère qui se pète le poignet... donc toute seule pour gérer les choses, je suis sur les rotules). La magie des articles déjà tout prêts va me permettre de tenir un peu ce blog à jour.

Code 93 d'Olivier Norek

Code 93

Quand le géant noir se réveille sur la table d'autopsie, le capitaine Coste sent bien que cette enquête ne sera vraiment pas comme les autres... quand les mots "zombie, auto-combustion et vampire" apparaissent dans la presse, il est certain que cette affaire sera hors normes. D'autant plus qu'un corbeau lui envoie des petits mots doux sur des "invisibles" décédés. C'est parti pour une plongée urbaine en Seine Saint Denis.

Au coeur du 93, le capitaine Coste et son équipe vont se retrouver plongés dans une affaire délicate qui pourrait bien laisser des traces. C'est en même pas deux jours que j'ai avalé ce Code 93, autant dire que le récit est efficace, l'écriture directe et rythmée et que le 93 ne donne pas vraiment envie d'être visité... Même si la résolution de l'enquête est moins explosive que je ne le pensais au début, ce thriller se lit très facilement et l'auteur, lieutenant de police à la Section Enquête et Recherche du SDPJ 93, maîtrise son sujet. Mais pas seulement, Olivier Norek a réussi à créer une équipe aux personnalités fortes, attachantes et originales sans être absurdes. J'ai apprécié de façon égale Johanna, Sam, Ronan, Coste ou Léa Marquant, la légiste. Un très bon premier roman, intense et bien écrit - j'ai apprécié la répartie et l'humour que l'auteur distille tout au long du roman :
Chaque fois qu'un connard me parle des "Experts", je traite sa réquisition en dernier. Sérieusement, je vous appelle Columbo, moi ? Non.
- Et en 2012, Franck Samoy est mort brûlé, aspergé d'essence et sans autre mystère. Précision, au sans-plomb 98. Ronan fut délicat cocmme à son habitude. - La plus chère, c'est un beau geste.

Le diable, tout le temps de Donald Ray Pollock

Le diable tout le temps

Entre 1945 et 1965, le destin croisé de plusieurs personnages, dont le seul point commun est leur rapport au mal, sous toutes ses formes. On suit ainsi un couple - Carl et Sandy - photographes, amateurs d'auto-stoppeurs, un prédicateur excentrique et son assistant musicien en fauteuil roulant, et puis Arvin qui baigne depuis tout petit dans le mal et qui espère bien réussit à s'en échapper.

Amérique profonde bonjour. Le diable dans ce roman est partout, son titre n'est pas menteur. Sous des formes diverses, il s'instille à travers les pages, se répand, s'étend. C'est une lecture éprouvante tant les vices sont nombreux, fréquents, la sauvagerie présente et le bonheur, absent. L'écriture de Donald Ray Pollock emporte le lecteur, secoué, il n'en ressort pas indemne. Même si j'ai apprécié cette lecture, j'ai enchaîné presque immédiatement avec Que ta volonté soit faite de Maxime Chattam - qui traite de thèmes semblables - que j'ai préféré car il y a plus de linéarité. Là, le fait que les différents protagonistes ne se rencontrent pas forcément m'a moins plu.
A noter que Le diable, tout le temps a été récompensé de plusieurs prix : Grand prix de littérature policière 2012, Prix Mystère de la critique 2013, Meilleur livre de l'année du magazine Lire 2012 et Trophées 813 2013 meilleur roman étranger.

 Rafael, derniers jours de Gregory McDonald

Rafael

Rafael n'a plus que trois jours à vivre. Prisonnier d'une vie misérable, survivant dans une décharge publique avec sa femme et ses trois enfants, Rafael n'a pas de travail, pas d'avenir, il est alcoolique et illétré ; alors quand un producteur lui propose un marché : sa vie contre 30 000 $, Rafael n'hésite pas longtemps...

Un résumé choc pour un roman qui l'est tout autant ! Moins de 200 pages pour décrire la misère, lui donner un corps, un visage et une dignité. Moins de 200 pages pour être profondément ébranlé devant le touchant et désarmé Rafael. On suit la rencontre de Rafael et de l'oncle, la préparation à ce travail, et puis les derniers moments de Rafael au milieu de sa famille, de la vie fourmillante dans la décharge. Ca suinte le désespoir par toutes les pages, la rage et la tristesse. On se sent happé, impuissant, frissonnant, comme dans Le diable, tout le temps, c'est une lecture éprouvante qui dresse un portrait très peu flatteur de l'Amérique.  Un roman intense et sombre de Gregory McDonald qui a été récompensé du prix Trophées 813 en 1997 et qui a été adapté au cinéma par Johnny Depp dans The Brave.

Volte-face de Michael Connelly

Volte-Face

Pour la première fois Mickey Haller sera du côté de l'accsation dans la révision du procès de Jason Jessup, incarcéré depuis 24 ans pour le meurtre d'une fillette et dont un test ADN semble l'innocenter. Pour l'épauler dans cette nouvelle mission, son ex-femme, Maggie, et son demi-frère l'inspecteur Harry Bosch. Ce trio va être charger de trouver des preuves et témoignages pour renvoyer Jason derrière les barreaux...

Un Michael Connelly qui met une nouvelle fois à l'honneur le héros de La défense Lincoln, un polar bien écrit et bien construit qui alterne à la fois la partie judiciaire via Haller et la partie enquête via Bosch. A noter que les chapitres alternent également de narrateur, la moitié étant racontés à la première personne (Haller) et l'autre moitié avec un narrateur omniscient qui suit Bosch, ce qui rend le rythme du récit moins classique. Un roman qui se lit vite et bien, j'ai bien apprécié le personnage de Haller que je ne connaissais qu'à travers l'adaptation de La défense Lincoln.

logoduchat_thriller