Il aura fallu attendre quatre ans avant de pouvoir lire le nouveau roman de Fred Vargas... Quatre ans, c'est quand même long mais ça valait le coup d'attendre car j'ai tout simplement adoré ce bouquin !

Temps glaciairesComment vous raconter cette nouvelle enquête du commissaire Adamsberg tant elle part d'un endroit pour arriver à l'autre bout ? Ca commence avec une chute et une lettre, et puis un suicide ou l'impression d'un suicide. Alice Gauthier, retrouvée morte dans sa baignoire veines tranchées, hop, terminé.... sauf qu'un étrange signe empêche Adamsberg de passer à autre chose, une sorte de H mais qui n'en est pas un. Une chose qui contrarie son adjoint Danglard, pas que ça ne soit pas un H, mais qu'il n'arrive pas à trouver plus vite la signification de signe, lui habituellement si érudit.
La lettre va les conduire en dehors de Paris, dans un haras, au Creux, où ils vont croiser Amédée, Victor, Céleste et Marc, son fidèle sanglier. Et puis en Islande aussi, sur l'île du Renard sur les traces de l'afturganga, mais aussi en plein règne de la Terreur menée par Robespierre.
Ce que j'adore avec Fred Vargas, c'est qu'en commençant, on ne sait jamais où ça va nous mener et même si c'est un peu loufoque, c'est toujours tellement bien fait, bien amené, bien écrit que ça en devient tout simplement délicieux.
On retrouve des dialogues fouillés, des réparties magnifiques, des lieux mystérieux chargés de lourdeur, d'angoisse mais si beaux. On est emportée par l'écriture de Fred Vargas, un style sans pareil que je n'ai jamais croisé ailleurs, une qualité, une drôlerie, une façon de poser les choses. Et puis cette équipe d'enquêteurs, si caractéristiques, Retancourt, Danglard, Veyrenc, Froissy et ses réserves, et puis aussi Zerk, Lucio et sa piqure, Bourlin. Tout un univers qui rassure, agréable, l'intrigue se déroule, tranquillement, placidement, comme son comissaire, mais ça ne gêne pas, ça réconforte. C'est comme une sorte de couette douilette devant un feu de cheminée l'hiver. C'est enveloppant, comme Retancourt. Et ça me donne envie de replonger dans les autres, surtout qu'il y en a que je n'ai pas encore lus.

Il vaquait, marchait sans bruit, il ondulait entre les bureaux, il commentait, arpentait le terrain à pas lent, mais jamais personne ne l’avait vu réfléchir. Il semblait aller tel un poisson à la dérive. Non un poisson ne dérive pas, un poisson suit son objectif. Adamsberg évoquait plutôt une éponge, poussée par les courants. Mais quels courants ? D’ailleurs d’aucuns disaient que, quand son regard brun et vague se perdait plus encore, c’était comme s’il avait des algues dans les yeux. Il appartenait plus à la mer qu’à la terre. - p. 29

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