Juste une ombreCloé a tout donné pour arriver là où elle est, presque au sommet de l'agence de pub qui l'emploie, bientôt le poste de directeur général, la récompense pour tous les efforts fournis, tous les sacrifices. Et puis un soir, tout bascule, l'Ombre l'agresse dans la rue. Et rien ne sera plus jamais pareil. Esseulée, perdue, à bout de forces, Cloé commence à sombrer.

Un nouveau Karine Giebel pour commencer cette nouvelle édition du Challenge Thrillers et Polars et quel roman terrifiant ! Récompensé par le prix Polar Francophone 2012 du Festival Polar de Cognac, Juste une ombre raconte l'histoire, ou plutôt la descente aux enfers, de Cloé. Cloé aussi belle qu'ambitieuse, aussi intransigeante que sans scrupule, dure au travail, dure en amour, enfermée dans une carapace la protégeant de la douleur. Cloé qui compte bien sur la retraite du vieux, comme elle l'appelle, pour s'assoir tout en haut de l'échelle. Mais après une rencontre violente dans la rue avec un homme, grand, habillé de sombre et couvert d'une capuche, la vie de Cloé va peu à peu s'effriter.
Cloé se sent observée, suivie, épiée, on a déplacé les photos sur le mur et rempli le frigo en son absence. Bertrand, son petit-ami, la regarde bizarrement. Cloé, tu es sûrement trop stressée par ton boulot. Est-ce que Cloé devient folle ? mais cette ombre dans le jardin est bien réelle... peut-être...
Tout le long du roman, Karine Giebel joue avec les nerfs du lecteur, soufflant chaud et froid sur son héroïne, héroïne que parfois on a envie de voir souffrir tant elle est détestable. Un thriller psychologique intense dans lequel on rencontre des personnages plein de souffrance, Cloé, Bertrand, Carole, le flic Alexandre Gomez qui se penche sur l'histoire de Cloé. Ce que j'aime avec Karine Giebel, c'est qu'elle ne crée jamais des personnages tout blanc ou tout noir. Ils sont plein de nuances, des tâches sombres au milieu du blanc, des liserés de noir qui se mêlent.
Et comme habituellement avec Karine Giebel, la fin est épouvantable, et douloureuse. Excitant, tendu, obsessionnel, frissonnant, j'ai adoré Juste une ombre, je l'ai dévoré, jusqu'à me retourner pour voir si personne ne me suivait, il m'a englouti, et j'ai fini K.O...

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