Je n'en ai jamais parlé ici mais j'avoue être fascinée par Jack l'Éventreur... oui on peut trouver plus fun comme fascination mais je trouve ça réellement incroyable que le mystère n'ait jamais été vraiment résolu et que les crimes se soient brutalement arrêtés. Je ne me rappelle plus exactement quand j'ai découvert Jack l'Éventreur, ni comment mais je sais qu'au collège, en 5ème, peut-être déjà en 6ème, avec un groupe d'amis, on avait pas mal parlé et cherché des infos dessus. Comme si à 12 ans, dans une ville moyenne de France, quatre collégiens allaient solutionner le mystère ^^
Mais c'était bien, intense, marrant, intéressant. Et depuis, c'est un peu resté, même si je ne me suis jamais lancée vraiment à fond dans la recherche et que nos investigations se sont bien vite arrêtées. Il y a comme un mystère, un voile, un brouillard londonien qui surgit quand j'entends parler de Jack l'Eventreur, une sorte d'impossibilité, comme un mur infranchissable.
Aussi en décembre, quand j'ai vu une publicité pour le roman de Michel Moatti, Retour à Whitechapel, je n'ai pas hésité et je l'ai commandé dans la foulée chez mon libraire !

RetouràWhitechapelNous sommes en septembre 1941, Amelia Pritlowe est infirmière à Londres et subit comme toute la ville, les assauts des avions allemands qui larguent chaque jour des centaines de bombes sur la ville. En plein Blitz, Amelia reçoit une lettre de son père, récemment décédé, qui lui apprend une terrible vérité sur son histoire personnelle : sa mère, Mary Jane Kelly, a été la dernière victime de Jack l'Éventreur.
Bouleversée, Amelia décide d'en apprendre le plus possible sur sa mère, sur son meurtre et pourquoi pas débusquer le criminel. C'est une traque acharnée et salvatrice dans laquelle l'infirmière se lance.

Retour à Whitechapel commence par une révélation fracassante pour celle qui sera notre héroïne. A travers son regard, l'auteur va nous faire revenir dans l'East End du 19ème siècle et nous proposer une solution à ce fameux mystère.
Le récit alterne les recherches d'Amelia et la vie en 1941, sous forme de journal intime, et la vie à Whitechapel au moment des meurtres. Michel Moatti donne donc vie à tous les personnages qui ont participé de près ou de loin à cette sordide affaire. Les prostitués, les policiers, les suspects, les témoins, tout y passe et on assiste à une véritable reconstruction de la vie à cette époque et notamment la façon dont les enquêtes étaient menées. Pour effectuer ses recherches, Amelia va s'inscrire à la Filebox Society afin d'avoir accès à de très nombreux documents d'archive qu'elle nous fait partarger - celle-ci n'existe pas contrairement à la Whitechapel Society dodnt Michel Moatti est membre.
Je me suis totalement immergée dans cette histoire et dans ce Londres des deux époques, celle ravagée par la guerre et les bombardements, l'autre effrayée par la présence de Jack l'Éventreur. Le personnage d'Amelia apporte la touche d'humanité et de bienveillance à ce roman sombre, on s'attache à elle, on veut qu'elle trouve, on veut que les pièces s'emboîtent. Michel Moatti réussit à nous faire vivre dans l'horreur de 1888 à Whitechapel, peu à peu on sent l'angoisse grandir, l'inévitable arriver.
L'auteur mêle habillement fiction et dossier d'enquête, et sa théorie apparaît plus que concluante...
Je regrette un peu de ne pas en avoir entendu parler au moment de sa sortie grand format en 2013 car le livre était accompagné du fac-similé d'extraits du carnet d'enquête de l'auteur,comprenant des photos des lieux actuels de l'affaire, des notes de travail et des reproductions de documents issus des National Archives de Londres, et certaines photographies de police des scènes de crime. Et que j'aurais bien kiffé avoir ! ;-)

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