En même temps toute la terre et tout le cielA Tokyo, Nao est une lycéenne en souffrance. Rentrée au pays après des années passées aux Etats-Unis, elle est harcelée par ses camarades, et son père sombre peu à peu dans la dépression et devient suicidaire.
Au Canada, sur une île isolée où tout le monde se connaît, Ruth découvre le journal de Nao échoué sur la plage. Elle y voit comme un signe et essaye de découvrir ce qui a pu arriver à Nao et à sa famille.

Le résumé, la couverture et la référence à Murakami m'ont fait choisir ce roman dans les allées de ma librairie et même si j'ai beaucoup aimé cette histoire, il a manqué un petit quelque chose pour que cela devienne un coup de coeur !
Quand on ouvre En même temps, toute la terre et tout le ciel, il faut laisser son esprit ouvert et accepter une petite touche de fantastique, comme un conte onirique où la réalité et l'imaginaire n'arriverait pas à se départager. J'ai beaucoup aimé l'écriture de Ruth Ozeki, je l'ai trouvé très belle, très calme, très poétique. Elle mélange les récits et les narrateurs, les lieux et les questions existentielles - celles de la vie pour Nao, celles de l'écrivain en manque d'inspiration pour Ruth. Les chapitres alternent les points de vue des héroïnes. J'ai beaucoup apprécié Nao, sa façon d'être, d'écrire, de parler, d'adorer sa Jiko - son arrière grand-mère nonne zen de 104 ans - son riche passé, j'ai souffert avec elle des brimades et de la violence de ses camarades, j'ai aimé son parcours. Mais j'ai eu beaucoup plus du mal avec Ruth, son personnage est sympathique mais tous ses proches m'ont vraiment agacé ! son mari d'abord, un espèce d'artiste land art, et plus généralement, tous les gens de l'île qui jugent, qui se mêlent de tout sans aucun égard pour l'intimité ou la vie privée, d'autant plus qu'il y a une grande part d'autobiographie dans ce livre car l'auteure se met elle-même en scène, ce qui est un peu vaniteux et ne m'a pas fait accrocher à ses passages.
Cependant, j'ai beaucoup aimé la quête désespérée de Ruth qui essaye à tout prix de sauver Nao. J'ai aimé aussi le mélange des genres, de l'onirisme, à l'actualité brutale du tsunami de 2011 et de ses conséquences, mais il y a parfois des sursauts de physique quantique et autres qui peuvent perturber, voire perdre le lecteur en route.
Il faut abandonner une part de réalisme pour lire En même temps, toute la terre et tout le ciel, se laisser porter par l'âme du Japon et tout ce qu'il transporte, de son passé, de ses traditions et de sa modernité.

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