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Meurtres pour rédemptionMarianne a 20 ans. 20 ans et déjà plusieurs années de tôle derrière elle. Et comme avenir, toute une vie en prison. Perpétuité. Pas d'espoir, des murs pour seule horizon. Matons et prisonniers comme seuls compagnons. Marianne est une boule de nerfs, prête à exploser à chaque seconde, seule la came la canalise un peu. Mais un jour, un léger espoir se profile comme une chance insaisissable.... mais le prix à payer est terrifiant, mais Marianne veut tenter le coup, en prison, elle ne survivra jamais...

Oh mon dieu ! Meurtres pour rédemption de Karine Giebel va vous en mettre plein la tête ! Une sorte de coup de poing qui dure 1000 pages ! Ce n'est pas la première fois que Karine Giebel me malmène mais là, elle s'est quand même surpassée. Elle décrit un monde carcéral, impitoyable, dur, sans concession, même si certaines personnalités - Justine, VM, Emmanuelle, Daniel - apportent de la lumière dans ses terribles ténèbres. Et soudain, sous l'apparence de trois policiers un peu spéciaux, Marianne a la possibilité de passer un marché qui lui permettra de retrouver la liberté. Un marché risqué avec un coût à payer, un marché qui laissera des traces pour Marianne, pour Laurent, Franck et Philippe, les flics.
Le roman se divise en deux parties : celle à l'intérieur de la prison et celle à l'extérieur, dans un autre type de prison où Marianne attend de payer le prix de sa rédemption. On pourrait penser que la partie à l'extérieur nous permettra de respirer un peu après les horreurs carcérales, et bien non. Karine Giebel ne nous laisse aucun répit, et l'attente se révélera aussi violente que la prison.
Comme une nouvelle fois, dans les romans de Karine Giebel, ses personnages ne sont jamais tout noir ou tout blanc et leurs ambivalences sont très fortes et très bien exploitées par l'auteur. Marianne est une criminelle, quelqu'un de froid, de dur, de distant, une jeune femme dont la maîtrise des arts martiaux est une arme et pourtant, elle est aussi si fragile, si seule, elle a tellement manqué d'amour, d'un regard bienveillant qui aurait pu la canaliser. De même que Daniel, le maton en chef ou le trio de flics, à priori les "gentils" de l'histoire mais qui peuvent se montrer violents, intraitables, cassants.
Meurtres pour rédemption est une histoire violente, mais une histoire violente qui a du sens, une direction. C'est dur, on pleure, on crie avec Marianne, on perd pied, on n'a plus de force, plus de courage, on résiste, on lutte. Meurtres pour rédemption vous fait ressentir tout ça jusqu'au plus profond de votre corps. J'ai vraiment beaucoup aimé Marianne, on l'aime, on veut la sauver mais en même temps, elle nous terrifie, nous impressionne, c'est un personnage complexe, touchant, qui a été bien trop tôt attrapé par la violence. 
Malgré ses presque 1000 pages, Meurtres pour rédemption arrive à maintenir un suspense constant et implacable. Toutefois, j'aurais aimé que les souffrances de Marianne soient un peu abrégées vers le milieu du roman mais Karine Giebel ne nous le permettra pas.

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