Cet été n'aura pas vraiment été propice à des articles sur mon blog... entre mon boulot qui a été assez intense puis mon souci de santé qui m'a bien fait cogiter puis quelques jours de vacances pour faire une pause, je n'ai pas trop été sur l'ordi...
Mais je suis à nouveau motivée pour m'en occuper ! et surtout enfin mettre en place le nouveau design (j'espère la semaine prochaine) et vous proposer de nouveaux articles !

J'ai aussi profité des vacances pour aller voir ma grand-mère qui, depuis décembre, est en EHPAD. Et contrairement à ce que je craignais, elle s'y plaît ! ça ne la dérange absolument pas d'avoir des couches et de ne plus marcher – alors que physiquement, elle n'a aucune maladie qui l'empêche de se mouvoir – on dirait qu'elle a attendu toute sa vie pour pouvoir rester assise tout le temps...j'avoue que c'est un comportement qui me dépasse. Elle est contente en maison de retraite alors qu'elle n'était jamais contente, ni satisfaite de rien quand elle vivait chez elle. Elle a passé le confinement avec philosophie et patience, ce qui nous a tous étonnés...
Après le confinement, nous avons eu l'autorisation d'aller la voir en prenant rdv mais en restant de l'autre côté du portail, je n'avais pas pu y aller. Quand j'y suis retournée, le rdv était toujours obligatoire mais on pouvait se voir dehors, autour d'une table. Cependant avec la réaccélaration du Covid, les règles se sont à nouveau durcies et nous ne pouvons plus la voir qu'à travers le portail.

J'y suis allée la semaine dernière et je peux vous dire que c'est assez horrible à vivre... ma grand-mère est assise sur son fauteuil à au moins 2,50 mètres du portail avec le masque et nous collés au portail avec interdiction d'enlever le masque. Elle est sourde comme un pot et un jour sur deux, ils oublient de lui mettre les appareils donc tout le quartier nous entend. Heureusement une personne de l'ehpad, très gentille, est présente pour faire la traduction. Mais nous voyons ma grand-mère et celle-ci nous voit à travers des barreaux. Des barreaux !
Je l'ai assez mal vécu et je sais que ma mère ne le vit pas bien du tout non plus. C'est vraiment carcéral comme ambiance. Surtout de ne pas pouvoir enlever le masque alors qu'on est vraiment loin. L'impression de visiter une personne enfermée est assez dure, surtout que normalement, elle aurait le droit de sortir par exemple pour un anniversaire ou Noël...
Se voir accrochée à une grille de portail pour voir sa grand-mère est franchement compliqué, et encore, elle a toute sa tête (même si elle rabâche certains trucs ou confond les dates), elle comprend pourquoi on est derrière le portail, et tout ce qui se passe en ce moment. Je préfère encore lui téléphoner, c'est plus facile pour lui parler et moins douloureux.
Sa présence physique me manque un peu, je pense qu'elle manque assez à ma mère (malgré tout leur relation a toujours été complexe), mais je n'ai pas le sentiment que notre présence lui manque beaucoup. Elle voit beaucoup plus de monde à l'ehpad que lorsqu'elle vivait chez elle. Je pense à ma mère qui ne l'a plus embrassée depuis mars dernier... et ça me serre le cœur. Est-ce qu'on pourra un jour l'embrasser à nouveau ?

Nous – le pays et chaque personne – avons déjà traversé des épreuves difficiles, je n'ai pas besoin de rappeler lesquelles mais à chaque fois, on pouvait se soutenir physiquement. Se toucher, se prendre dans les bras, pleurer sur l'épaule de quelqu'un. Aujourd'hui, la situation est difficile mais l'absence de contacts est sans doute une des choses les plus difficiles à vivre.