Ce titre me faisait de l'œil depuis un sacré bon moment (pour être complètement honnête, depuis sa sortie !). Je l'ai dévoré en quelques jours car L'essence du mal est un thriller puissant et hautement addictif dont l'introduction colle tout simplement des frissons :
La Bête voulait jouer avec moi. Elle me laissa vivre. La Bête murmurait maintenant : « Tu resteras avec moi pour toujours, pour toujours... »
Elle ne mentait pas.
Une partie de moi est encore là-bas.
Mais, comme aurait dit ma fille Clara en souriant, ce n'était pas le trésor au pied de l'arc-en-ciel. Ce n'était pas la fin de mon histoire. Au contraire.
Ce n'était que la genèse.
Six lettres : « la Bête »
Six lettres : « genèse ». Exactement comme : « effroi ».

L'essence du mal

Tout commence quand Salinger est englouti par le blanc, dans le massif des Dolomites dans le Tyrol Italien. Ou peut-être que tout commence en 85, quand la forêt de Bletterbach devient le lieu d'un massacre. Cependant, « il ne s'agit pas seulement de l'année 1985 et du massacre du Bletterbach. Ni d'Evi, Kurt et Markus, ou encore de Salinger, Annelise et Clara. Tout est lié »
Salinger est un américain, scénariste de documentaires et reportages à succès, réalisé par son fidèle associé Mike. Alors qu'il est en Italie, pays dont sa femme est originaire, dans le village de son enfance Siebenhoch, afin de faire des repérages pour leur prochaine série documentaire, Salinger est victime d'un accident qui va le laisser diminué physiquement et psychologiquement.
Pour se remettre – et se prouver que son cerveau fonctionne toujours – il va se mettre à gratter. A gratter frénétiquement la plus petite chose qui pourrait le simuler. Et il va gratter autour du Bletterbach, dans ce lieu millénaire où un massacre a eu lieu, où quelque chose rôde... sauf qu'à Siebenhoch, son enquête ne va pas plaire à tout le monde.
L'essence du mal est un excellent thriller que j'ai adoré et qui se déroule dans les Dolomites, dans une vallée voisine de celle dont ma famille est originaire donc c'était très exaltant de découvrir cette région, même si c'était sous un aspect plutôt noir. J'ai vraiment tout aimé dans ce livre. Il y a une enquête sur un terrible massacre, un héros en proie à des démons (six lettres : la Bête), des personnages secondaires vraiment intéressants, notamment Werner, Max, Evi et Kurt, Annelise et Clara... il y a de la tension, de la peur, des orages, beaucoup d'émotions. J'ai aimé le couple formé par Annelise et Salinger, très réaliste ainsi que les relations père/fille aussi bien entre Clara et Salinger qu'entre Annelise et Werner. L'écriture est prenante, les chapitres sont courts et défilent à toute vitesse, il y a peut-être quelques passages un peu plus longs mais ils ne m'ont pas dérangé, me permettant au contraire de souffler un peu. Les Dolomites offrent un cadre magnifique à ce thriller, alourdissant l'atmosphère et la rendant plus menaçante et dangereuse.

Le Bletterbach dans les Dolomites

©Photo of HRG © geoparc-bletterbach

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