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Aujourd'hui, ça fait 10 ans que Papi est mort. Dix ans. Autant dire que j'ai un peu le seum. Ce matin, j'ai pleuré. Ça faisait longtemps. Que je n'avais pas pleuré pour ça, je veux dire. La journée s'est comme étirée, comme pour me faire souffrir le plus longtemps possible. Je pense à ma grand-mère presque plus vivante. Je pense à lui, à ses blagues, à sa façon de faire le pitre sans cesse, à son sourire. Et putain, ça me crève le cœur. Et les larmes remontent, direct. Je pense à tout ce qu'il a raté. Bien sûr, je pense à tout ce qu'on a vécu ; ça, c'est toujours les autres jours de l'année. Mais aujourd'hui, je pense à son absence. Absence qui se répercute sur les murs de mon crâne, qui ricoche et qui me sonne. Le soleil est voilé mais présent. J'ai envie de m'enfermer en moi-même, ne pas parler, attendre demain. Je voudrais que le ciel se couvre, noircisse, se déchaîne pour que la Terre transmette ma colère, ma peine. Je voudrais me connecter à elle et rugir. Aujourd'hui, plus que jamais, je me sens seule.

Papi, tu me manques, toujours, vraiment.