Rose Madder

La bibliographie de Stephen King est assez impressionnante, je l’ai imprimée il y a quelques années, elle a déjà pas mal grossi depuis et le nombre de mes lectures n’a pas vraiment beaucoup augmenté… Une fois que je traînais sur Vinted et que j’ai effectué un achat groupé de bouquins d’occasion, j’ai ajouté Rose Madder. Un King des années 90 dont je n’avais jamais entendu parler.

Cela fait quatorze ans que Rosie vit dans la terreur, quatorze ans que son mari Norman lui fait vivre l’enfer, quatorze ans d’horreurs, de coups, de sévices continus, quatorze ans que Rosie survit plutôt qu’elle ne vit. Et un jour, une minuscule tache de sang va tout faire basculer et provoquer une sorte d’électrochoc chez la jeune femme et son départ de la maison.
Partir, c’est déjà se sauver, c’est déjà revivre. Partir, c’est déjà redevenir la vrai Rosie, Rosie la vraie. Mais Norman et ses démons n’ont pas l’intention de laisser partir Rosie sans se battre et il se lance à sa poursuite, animée de folie furieuse. Alors qu’elle tente de se reconstruire, Rosie tombe par hasard sur un étrange tableau, pas très beau mais réellement envoûtant. Elle ne réfléchit pas et l’achète.

Ce thriller est captivant et évidemment très angoissant, malheureusement, il est aussi très actuel. Rosie est une femme battue. Point. Elle n’est pas engagée dans une relation « passionnelle ». Elle est maltraitée, battue, violentée par un cinglé. Et, un jour, Rosie part. Rosie s’enfuit. Le lecteur suit en alternance sa renaissance et la plongée de Norman vers une folie de plus en plus dense. Evidemment, il n’est pas homme à laisser passer cet affront de la rupture sans rien faire et il est bien décidé à faire payer le plus possible à Rosie. J’ai apprécié cette confrontation à distance entre Norman et Rosie, et l’évolution totalement contraire de ces deux personnages. C’est particulièrement bien écrit et la faculté de Stephen King de se mettre à place de ses personnages est impressionnante. Il écrit d’une façon incroyable la folie de Norman, ce qui se passe dans sa tête, mais il sait encore mieux analyser Rosie, notamment au début et sur ces fameuses questions que des personnes externes peuvent se poser, du style « mais comment a-t-elle pu rester aussi longtemps ? »

rose

Et puis Rosie découvre Rose Madder. Et le roman se teinte d’une touche de fantastique. Et Norman se rapproche de plus en plus. J’ai beaucoup aimé cette association de quelque chose de très réaliste avec le fantastique. J’ai trouvé le roman très fort, puissant, intense, flippant. J’ai lu une critique d’une personne qui disait qu’elle avait trouvé Rosie assez naïve, pas combattive et qu’elle avait hâte que Norman trouve Rosie pour qu’il lui foute une branlée et qu’elle se réveille enfin. Honnêtement, je comprends qu’on puisse ne pas aimer un livre mais ces propos me choquent un peu. Même si c’est un roman et qu’il prend un virage surnaturel par moment, le surnaturel n’est là que pour servir de symbolique, appuyé par le côté mythologique. Rose Madder est un roman sur la violence conjugale, les ressorts que celle-ci met en place consciemment et inconsciemment, les systèmes d’emprise et la peur qu’elle génère, l’angoisse quotidienne qui fait que le calvaire ne s’arrête jamais.

Rose Madder tableau

Rose Madder, un roman sur la violence conjugale