attirancem1

Se perdre dans des histoires imaginaires, se perdre au point de rester figée des heures. Imaginer des conversations, trop stupides pour être écrites, les imaginer et vouloir qu'elles arrivent. Le rencontrer une fois, puis deux dans la même journée. Lui parler de tout, de rien, avoir les jambes tremblantes comme une pucelle de 15 ans, vouloir paraître plus belle. Dans la même journée, être assise dans une salle d'attente d'un cabinet médical, entendre un bruit qui attire le regard de Marina vers l'extérieur, lever les yeux et le voir marchant, un clin d'œil et un geste de la main ; prendre tout ça pour des signes, gonflant son obsession. Ressentir un désir incalculable, incommensurable, un désir si immensément douloureux qu'il pourrait en devenir palpable. Puis un jour, trouver un mot qui lui, pour le coup, est un signe réel, tangible.

06.21.10.27.09 appelle-moi ;-)
Jo

Une courte phrase comme une ligne tendue entre le possible et l'impossible, une courte phrase comme une promesse. Regarder le papier, chercher autour de soi, si son auteur ne serait pas encore dans les parages, regarder le papier, sourire bêtement, sourire profondément. Sentir quelque chose qui gonfle à l'intérieur, une douleur en même temps qu'un bonheur, une fracture, une faille, quelque chose d'indéfinissable. Penser au mot, tout le temps, y penser sans oser. Et, un jour, attraper la ligne tendue. Et s'offrir de nouvelles possibilités.
Et quand, enfin, le flirt distanciel s'ouvre vers l'assouvissement concret de ce désir, trembler de fureur sans savoir pourquoi. Oser franchir ce pas, délicat et dangereux, bouleversant. Accepter l'invitation, la conversation, accepter, et sourire. Aller chez lui, en bas de la rue, 3h30 du matin. Franchir ce pas, franchir une porte, SA porte, entrer et oublier. Oublier que Jonathan est marié, oublier que Marina est en couple. Franchir la porte et trembler encore plus, non plus de peur, mais d'envie. Franchir la porte et le voir en uniforme à son retour de patrouille, beau comme un titan, souriant et idéalisé. Franchir la porte et se laisser aller. Franchir la porte et, pour la première fois, sentir ses lèvres s'écraser sur les siennes, sentir sa bouche qui glisse sur son cou, ses mains autour de sa nuque. Marina, les yeux, le nez, la bouche collés à son visage. Franchir la porte et se déshabiller, lentement, ou sauvagement. Laisser Jonathan la plaquer contre le mur et ses bras puissants arracher sa chemise. Franchir la porte et laisser éclater tout ce désir contenu. Une nuit de promesses terrifiantes. Franchir sa porte et, peut-être, pleurer.
Franchir sa porte, pour le toucher, le toucher pleinement. Avant, le toucher signifier un check, une bise sur la joue. Franchir sa porte, et le toucher sans aucune limite. Franchir la porte, le voir sourire, sourire comme s'il n'avait rien vu de plus beau qu'elle. Franchir la porte, et basculer dans l'interdit, le sulfureux, le point de non-retour, basculer vers l'humide.

Une nuit brûlante et l'orage au-dehors, la tempête, en écho aux mouvements de leurs corps. Une parenthèse, accrochés ensemble, perdus et naufragés de l'impossible. S'aimer, saigner, hurler. Affleure le sang au bord des griffures en écho aux éclairs qui déchirent la nuit. Le désir, le plus intense, le plus important, un appétit vorace, que leurs corps ne fassent plus qu'un, se fondre pour disparaître, se dissoudre, revenir, revivre. Mourir. Un caprice et un feu immortel. Franchir la porte, se brûler mais rester, quoiqu'il en coûte. Éros en prise de pouvoir, la raison oubliée dans la sueur d'une union sauvage. Leurs cris en écho au tonnerre qui gronde dans l'obscurité. Amants ardents. Une envie d'une nuit éternelle. Mais un fantasme, un besoin enfin assouvi. Qu'il fasse nuit noire aujourd'hui et demain, que le jour ne se lève plus jamais pour que le moment devienne éternité.