Revoir un Printemps

Ce que j'aime, ou pas. Ce que je vois de ma fenêtre. Ce que mon oreille entend. Pour ne pas oublier.

08 mai 2008

Comme une larme

La chambre. Cette chambre, c’est comme une boîte de Pandore des souvenirs, ma boîte de Pandore.
Cette pièce au périmètre classique, à la grande fenêtre en face du lit et aux murs recouverts d’une tapisserie douce bleue. Pas un bleu marine et encore moins un bleu turquoise, un genre de joli bleu d’océan. Le genre de tapisserie que j’aurais trouvé affreuse chez n’importe qui d’autre.
Mais pas ici. Ici elle renferme son essence.
Mais cette pièce, c’est sa chambre, enfin disons plutôt que ça a été sa chambre, pendant plus de 12 ans.
Et même si ça fait pas 12 ans que je rêve de sortir avec lui, cette chambre je la fréquente depuis aussi longtemps.
Cette chambre au demi-million de souvenirs.
D’abord les parties de cache-cache dans le noir à 14 ans que je trouvais très excitantes. J’aimais bien me coller contre lui, discrètement le toucher parce que soi-disant je ne voyais pas devant moi.
C’était une excuse.
Plus tard, avant, les soirées jeux, films. La chambre salutaire où on se regroupait après un repas un peu trop long. Assis sur la chaise devant l’ordi, Snoop Dogg en fond sonore, à se rouler un bedo, moi étalée sur le lit, admirative devant son culot à rouler un joint à 5 mètres de son père et du mien. Je sais pas si je l’aimais déjà mais j’crois que c’est là où j’ai commencé à avoir envie de lui.
Et puis après, forcément, la chambre dans laquelle jme suis déshabillée devant un garçon pour la première fois, devant Lui. Je revois le ciel bleu et les arbres verts avant d’avoir fermé les yeux.
Cette chambre qui garde son odeur, même si ça fait un an qu’il n’y vit plus. Cette chambre qui me rappelle tant de choses et à laquelle j’suis très attachée. Même si on ne vit pas dans le passé.
Ce déménagement va fermer la porte sur cette pièce aux murs bleus. Aujourd'hui. J’suis un peu triste à l’idée que je n’y mettrais plus les pieds. La chambre de nombreuses de mes premières fois.

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03 avril 2008

Vu de ma fenêtre

Vu de ma fenêtre, y'a que des bâtiments
Si j'te disais que je vois de la verdure, tu saurais que je mens
Et puis pour voir un bout de ciel, faut se pencher franchement*

Vu de ma fenêtre, je vois les gens qui rentrent chez eux
Les filles d’en face qui vivent à 4 dans un appart,
Se couchent à 3h du mat passées et se lèvent après midi
Vu de ma fenêtre, je vois aussi le black bien foutu
Qui était dans ma fac et chaque année y changeait d’étages
Du rez-de-chaussée, il est passé au quatrième.
De l’autre côté, y a ma voisine du 5ème qui traîne dans la rue en sous-vêtements, la nuit
Et que les crs ramènent chez elle.
Y la vieille qui fait des courses 3 fois par jour, tous les jours de la semaine
Puis le gars qui squatte constamment son garage
Et trafique sa bécane.
Et y a le pervers aux yeux verts qui vit juste au-dessus de ma tête,
Celui qui se penche pour me mater, un jour il va tomber
C’est sûr.
Côté porte, ma voisine la pute a déménagé
Un petit informaticien l’a remplacé
Depuis deux mois, j’ai aussi un nouveau voisin
Un homme mature célibataire, bien gentil ma foi
J’ai failli oublier de parler du gars du bout du couloir
Celui qui invite mes copines à attendre chez lui le temps que je rentre…
Dans mon immeuble, c’est souvent le bordel
Y a bien des cris, bien des bruits, bien des pleurs et bien des rires
Dans mon immeuble, je végète et j’observe
Tout ce monde qui grouille derrière la porte, derrière la fenêtre
J’suis loin de connaître tout le monde
Cent apparts sur deux bâtiments, ça en fait des gens
Tout ce monde qui vit là, à quelques mètres de moi
A quelques mètres de mes fesses posées sur cette chaise
Tout ce monde qui m’inspire, un peu trop mais vraiment

Pastiche du texte de Grand Corps Malade - Vu de ma fenêtre
* phrases extraites de ce même titre

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05 février 2008

Demi-teinte, inspirée par Toi...

La musique efface les distances, enfouit les idées et couvre le bruit de la pluie. La belle me regarde. Je me demande ce qu’elle pense. La musique emplit tout, l’espace, colore les murs. Je n’arrive plus à penser par moi-même. Complètement hypnotisée. La belle a toujours ses yeux bleus posés sur moi et son sourire sur le visage. Un sourire mi-curieux, mi-excitant. Un sourire qui m’attire.
La musique toujours, annihilant tout et ne laissant qu’Elle et ses yeux bleus. Ses beaux yeux bleus, je dois le reconnaître.
Sur un corps presque parfait, en demi-teinte, ni trop clair, ni trop foncé, le corps parfait je dirais. Il n’y a plus qu’Elle sur toute la surface, j’ai oublié mon âge, l’endroit où je suis et celui d’où je viens. J’ai oublié avec qui je suis venue et pourquoi.
Tout.
Une sensation bizarre, jamais ressentie, à cause des yeux bleus sûrement. Qui vous regardent et qui vous laissent jamais repartir tranquille. On est plus pareil après avoir vu des yeux comme cela…
Plus du tout. Mais, ça je ne le savais pas encore.
La musique change de rythme mais tout colle avec ses cheveux noirs et ses yeux bleus. Ça lui va bien, comme la chanson d’avant. Je l’imagine en robe rouge, en jogging, en short sur une plage. Un éclat de soleil, un parapluie jaune et un rire fulgurant.
Elle attends c’est sûr. C’est moi qu’elle attends. Non. Si. Peut-être.
J’ai presque plus peur, certainement grâce à la musique. J’ai envie de bouger vers cet idéal féminin.
Depuis combien de temps je suis fixée sur ces yeux bleus, je ne saurais le dire. Mais je sens que ça fait longtemps, mais j’admire. J’admire, je me nourris de son corps, de son léger mouvement sur la musique, des boucles qui dansent autour des yeux bleus qui clignent. Sa bouche et son sourire. Elle murmure des mots que je n’entends pas, à cause de la musique.
A quelques mètres seulement, je tends la main pour remettre des cheveux derrière son oreille, juste une mèche, sinon il n’a rien d’autre à toucher.
Je regarde, comme si je ne savais faire que ça.
Non.
Non, ne pars pas. J’ai envie de toi.

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03 février 2008

Des grains de folies. Tu me manques.

Envie d'être portée, de se laisser aller. A des notes enivrantes.

Se retrouver. Dépasser(ée).

Ne plus noter. Mais écrire. (Se) dévoiler.

Savoir.

Changer de couleur. Parce que ça ne me plaît plus celle-ci, ici. Envie de chaud, d'Orange. de Fluo.

Autre chose. Autant de points que de phrases.

Proust me gave. Besoin de relire Le diable en tête.

Des mots, du froid. Une ascension de soi-même.
Un peu en décalage mais il est besoin de se faire.
Ne jamais s'en contenter, vouloir plus et ne pas attendre qu'on vous serve, direct dans le bec.
Ce serait trop facile, bien trop facile.
Donner avant de recevoir, donner sans recevoir.
Une habitude.

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22 novembre 2007

Schizophrénies Nocturnes

La maison est grande. On se la partage avec les invités, mon cousin et sa famille. Soudain, quelque chose arrive, on sait que c’est quelque chose de nouveau, d’anormal, de dangereux et de pas invité.
Je cours dehors, je hurle, j’appelle ma mère, ma cousine, ses enfants, je leur dit de se mettre à l’abri. Ils se planquent.
Je reviens dans notre salon ouvert, c’est une grande pièce toute blanche à moitié à l’intérieur et à l’extérieur. Ça ressemble à un salon normal sauf qu’il n’est pas fermé et qu’il se termine pas un jardin où trône un petit plan d’eau. Nous ne sommes plus que 3 : mon père, mon cousin et moi. Et là, un énorme anaconda noir luisant jaillit. C’est la panique, on hurle, on s’enfuit. Mais on ne peux pas, on est bloqué. Condamnés à vaincre ce serpent ou mourir. La bête a la peau glissante, froide, quelques petites tâches jaunes apparaissent au milieu du noir. Il ouvre sa gueule, on dirait qu’il nous hurle dessus pourtant aucun son ne sort. L’inquiétude n’en aie que plus grande, une menace réelle mais inaudible.
Le serpent repart mais on sait, comme une perception inébranlable, qu’Il reviendra, que ce n’est qu’une trêve et qu’elle sera courte. La peur grandit. On dirait un jeu, un mauvais jeu.
On forme un cercle, nos dos collés, face à la pièce. Ce qui est terrible, c’est de savoir qu’Il va revenir mais de ne pas savoir quand et où, de ne pas l’entendre s’approcher.
La peur grandit, notre courage fond comme neige au soleil.
Il surgit du milieu d’un plan d’eau, l’attaque soudaine, brutale mais Il nous rate. On sait très bien que ce « ratage » est volontaire, pour mieux revenir après.
L’attente, la peur, le tressaillement au moindre son, au moindre mouvement mais rien. On essaye de prévoir mais on sait qu’Il est imparable. Il domine, c’est un maître dans l’art de la dissimulation, du combat, de la mise à mort.
Un nouvel assaut, un nouveau sursit pour nous. La pression monte, les nerfs sont à fleur de peau, prêts à lâcher, prêts à craquer.
Puis, on le voit, sous le papier peint, il circule tout autour de nous dans la pièce. On ne sait pas si c’est une ruse de sa part mais, si ça en est une, c’est raté. Il est visible. Sa masse noire glisse sur les murs, ondule, crisse, Il est agile. On aperçoit le seul endroit d’où Il peut sortir. On reforme le cercle, dans l’autre sens, au-dessus de l’ouverture. Chacun est armé, on attends la confrontation la peur au ventre de savoir qu’il pourrait surgir d’ailleurs et se trouver derrière nous…

Premier choc. Premier souffle. Il fait nuit, réveil en sursaut. Je ressens la peur. Et pourtant rien n’était vrai. Qu’est-ce que ce serait alors…

Je suis chez moi, enfin ça ne ressemble pas à mon appart de maintenant. A part la décoration, tout me paraît normal. C’est vrai cette déco est hideuse. Des genres de tapisseries et tapis vieillots sont accrochés partout dans le salon. Mais c’est chez moi. Je ne vis pas seule. Je suis en peignoir, nue dessous, je ne sais pas si j’ai des chaussures. Les gens avec qui je vis sortent. Je les suis.
Mais arrivée dans la rue, ils sont disparu. Je ne reconnais pas les lieux, pourtant je sais que je suis à Paris et que je n’y suis que depuis quelques jours. Je vais faire un tour, je veux prendre un bus pour aller quelque part.
La rue est une grande avenue, populaire, et même s’il est 1h du matin, il y a énormément de monde. Il doit y avoir une occasion spéciale puisque des tas de concerts ont lieu un peu partout, dehors ou dans des salles.
Je rebrousse chemin pour rentrer. Je cherche le cinéma Mercury sur le trottoir des chiffres impair, j’habite juste en face côté pair, au 16.
Mes yeux font des loopings. Pas de cinéma, pas de numéro 16. J’essaye toutes les portes. Ce qui est marrant et que j’avais pas remarqué, c’est que les commerçants qui vendent des légumes ou de la viande sont ouverts aussi, à 1h du matin. Ma clé ne rentre pas. Je note des détails stupides comme la devanture de la mercerie jaune et bleu, un peu usée. La clé ne veut pas rentrer. Un groupe de garçons me regarde bizarrement, je pense que l’un d’entre eux voudrait bien m’aider mais que les autres ne l’encouragent pas. Je me sens perdue mais pourtant je ne m’affole pas. La clé ne rentre pas.
Je marche, je marche le long de cette avenue. J’essaye toutes les entrées d’immeubles, et dans une, je tombe sur une ancienne  « amie-ennemie » de la fac. Elle me connaît, elle sait où j’habite. Elle écrit l’adresse exacte. C’est pas la même que celle que je connais mais c’est celle que je retiens. 22 rue Grapp quelque chose.
Je pars dans tous les sens. Je remonte l’avenue dont le nom a disparu et les numéros ont bougé. Ils s’arrêtent d’un coup et l’avenue se termine. Je fais le chemin 2 fois, impossible de reconnaître mon entrée, mon chez-moi, ma sécurité.
La rue change, ça devient une ruelle, recouverte du noir de la nuit. Les pierres sont usées par l’eau et le temps, les réverbères jaunes font des tâches régulières et espacées sur le sol. La rue est étroite et monte en serpentant. Il n’y a personne, juste quelques hommes.
Je marche encore. Je vois un homme devant moi qui se retourne, il accélère, il croit que je le suis. Normalement ce sont les garçons qui suivent les filles.
Le décor change encore. Je suis sur une route, le ciel est bleu, il y a des pins et je pense « finalement il ne fait pas toujours mauvais à Paris ».
En bas, j’aperçois des pompiers et des policiers qui reviennent d’une intervention je sais que je dois aller vers eux. Je fonce. J’évite les pompiers et je préfère m’adresser à une jeune femme flic. Je lui explique et elle me ramène. Il est presque 3 heures du matin. Mais je sais pas, on dirait que tout n’est pas fini.
Je me retrouve dans un bureau de flic, je le sais, ça se voit. Mon ancien prof d’éco est inspecteur. Il regarde un projet que je suis en train de faire qui pourrait les aider. Je ne sais pas comment il l’a eu mais il l’a eu. Et moi je ne comprends décidément plus rien.

Brusquement, j’ouvre les yeux. Il fait nuit-gris, je me dis qu’il doit être 5 ou 7 heures du matin. L’horloge verte affiche 9h40 et dehors, il pleut.

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04 octobre 2007

Le monde de Polly Pocket

J’ai rêvé que ma sœur prenait la pilule, mes parents trouvaient ça parfaitement normal, bien sur pas moi. Et je pétais un plomb. Je pense que si ça arrivait vraiment maintenant, je péterais autant les plombs que dans mon rêve.
J’espère que j’aurais pas une mauvaise surprise ce week-end en rentrant.

Le monde de Polly, c’est beau et rose, y a des oiseaux, des lacs et pour te déplacer t’as une manette, un aimant et t’avances tout seul. Ouais en vrai c’est pas comme ça.
On te le dit pas, tu l’apprends tout seul, à tes dépends comme on dit.
La vie n’est pas comme pour les Polly Pocket ou les Barbie. Ouais c’est la révélation du siècle. (j’avais envie de justifier mon titre)

Acide. Corrosif. Décapant. Comme une gorgée de WhiteSpirit.

Les deux points de l’heure (ceux qui séparent les heures et les minutes) s’allument vert et clignotent sans s’arrêter. C’est malheureux.
Un moment spécial dans le temps.
J’suis comme ça des fois, se blottir contre Lui. Se mettre au fond des draps, attendre et prendre du temps.

Ce mois-ci j’ai vu 18 films entre télé, ciné, loué. Je sais pas si j’ai battu mon record c’est la première fois que je compte. Si je fais une critique de chaque film, ça va encore me faire 16 posts possibles.
Je fais des listes tous les jours, certaines fois j’écris même « manger » ou « se laver ». ouais ça va pas hein. Mais j’suis obligée sinon j’oublie de les calculer dans mon planning.
Ça sent la fin non.

Confidences dans l’obscurité.

Je vais me remettre sérieusement à l’écriture. Reprendre les mots pour raconter des histoires et plus seulement mes recherches.
J’ai envie de photos.

Des fois, jsuis décousue.

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21 septembre 2007

Fragile

Comme un mot écrit à la craie.

romain_duris_livre

Depuis plusieurs jours, j'ai froid, une chair de poule constante et un frisson d'effroi. Je n'essaye pas de faire de la poèsie, pas comme les journalistes du tf1 du journal de 13h, fidèles disciples du bon JPP (Jean-Pierre Pernaud et non Jean-Pierre Papin).
J'arrive pas à préparer ma soutenance. D'ailleurs dès que j'y pense ça me fout une boule dans le ventre. L'heure de ma mise à mort. Non sans rire.

Félicitations à la miss pour avoir bien réussit tout ça, je suis fière de toi :)
Ca m'a choqué de savoir que Cécilia, la femme du nabot, avait été mariée à Jacques Martin. Comme par hasard, j'ai eu envie de dire.

Ça fait plusieurs nuits que je rêve de la même fille. Cette fille qui était avec moi au collège, cette fille qui était la plus belle du collège et même de tous les collèges de la ville. Cette fille qui était la nièce d'un chanteur célèbre, qui portait divinement bien des robes Jean-Paul Gauthier à 15 ans sans prétention et qui est partie un jour vivre en Belgique. Je rêve d'elle, je sais pas pourquoi. Je rêve d'elle comme quand elle avait 15 ans.

Toi qui n'es jamais la même
Dans un va-et-vient on s'aime
Aux abords d'un fleuve en crue
Sonder nos abyssales, j'aime

Puisque l'amour est ainsi
Et qu'un seul souffle éteint ça
Peu m'importe l'endroit la manière
Je cabre et tombe sur toi
Toi

Que nos chairs prennent la fuite
A partir de tout de suite
Et dans un remue ménage
Nous griffonnions sur blanche page

On verra bien où chaque chose nous mèneront, en attendant de savoir,
je vogue, je vis, j'oublie, je bois, je rame, j'attends

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26 mai 2007

Mighty Heart

Elles les imagine tous les deux, chez lui. Non c'est chez eux maintenant qu'elle vit là.
Si vite remplacée.
Elle les imagine en train de parler, de manger, de baiser.
Les trucs mauvais d'une mauvaise rupture.
Devant les autres, elle sourit, parle et se maquille. Montre qu'elle vit tout aussi bien sans lui. Heureusement que l'anti-cernes est efficace.
Elle le croise, mal rasé et fatigué. Des folles nuits... ou des nuits de merde. Elle hésite.
Même si devant tous, elle fait bonne impression, c'est elle le soir qui se retrouve seule face à son assiette.
Devant la télé. Dans la salle de bains. Dans la rue.
Dans le lit aux draps glacés, le coeur en miettes, les yeux brûlés.
Elle voudrait le haïr.

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28 février 2007

les Arcanes du Chaos

Le signal se fait de plus en plus faible, elle le perd. Bientôt il ne sera plus qu'un bruit lointain à l'intérieur de son cerveau, comme un vieux disque rayé qui ne passe plus.
Elle bascule.
Il fait tout noir là où elle se trouve, elle ne l'a pas cherché, elle ne l'a pas voulu. Ca fait longtemps, très longtemps qu'elle n'avait pas été aussi triste. Et là sans raisons, les larmes ont coulé, se mélangeant au sang dans sa bouche.
Elle a vomit, elle aurait pu partir, fuir. Elle a choisit de rester, sans armes elle a voulut se battre. Elle a perdu. Elle n'aurait pas du.
La bouteille qu'elle repose sur le carrelage fait un bruit métallique, ses larmes ont le goût du sel, tellement bon, brouillant celui de la vodka. Une pluie fine tombe au-dehors, elle se dit que ça serait facile de se jeter par la fenêtre, là, comme ça, maintenant.
Mais dans le fond, elle hésite, elle se dit pourquoi ? pourquoi pas ? Elle attends.
Elle a craqué, elle est arrivée au bout de son corps, au bout de sa volonté, au bout de ses limites, elle s'est brisée à trop vouloir tout supporter.
Elle ferme les yeux. Elle est au bord d'une falaise, sous le vent, la pluie, les éclairs, la mer tout en bas, les rochers. Trempée par la pluie, le signal s'est arrêté.

Elle a sauté.
Elle s'est dit que c'était mieux comme ça.

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09 février 2007

Un soleil noir

Il est 10h, l’heure de la récré, d’ailleurs la cloche vient juste de sonner. Les 31 élèves de la classe se ruent dehors emmenant avec eux écharpes, bonnets et manteaux ; la maîtresse pousse un soupir de soulagement avant de tenter, vainement, de les faire mettre en rang deux par deux.
La récré dure ¼ d’heure, tellement court pour des adultes mais tellement long pour des bambins. Y en a des jeux à inventer, des mots à dire et des kilomètres à parcourir en un tout petit quart d’heure.
Noémie va retrouver ses deux copines de l’autre classe de CM1, Julie et Caroline. Elle les aime bien mais des fois, elle a l’impression qu’elle les embête. Faut dire elles sont tout le temps ensemble, des fois elle a peur de déranger.
La classe n’est pas encore sortie. Noémie s’assoie sur le banc en face de la sortie, c’est une bonne copine elle les attends. Elle espère qu’elles seront là, sinon elle n’aura personne pour jouer avec elle à la récré ; elle aime pas trop les autres filles et les garçons sont trop méchants.
Ah enfin ! Elles arrivent, Noémie ne leur fait pas signe, de toutes façons, c’est pas la peine c’est pas possible qu’elles ne l’aient pas vu, elle est juste à deux mètres.

enfants

Mais qu’est ce qu’elles font ? Elles s’arrêtent et lui tournent le dos, comme ça. Noémie ne peut pas croire que c’est fait exprès, non elles ont du voir quelque chose et elles vont venir la retrouver. Elle attend, elle a peur d’y aller, parce qu’elle a peur de savoir…
Elles vont bien venir. Mais non, elles ne bougent pas et surtout ne la regardent pas. Noémie reste interdite, elle se demande ce qui se passe.
Les minutes filent, un groupe d’instituteurs regardent une ptite fille seule sur un banc, l’air étonné et perdu.
Elle lâche les billes qu'elle tenait dans la main, les agathes se rependent par terre et roulent, roulent, roulent jusqu'à disparaître. Elle se lève d’un coup, elle vient de comprendre qu’elles n’ont pas envie de lui parler, elle s’enfuit en courant.
Ça va vite dans la tête de Noémie, aussi vite que dans ses jambes qui courent, comment une petite fille de 10 ans peut comprendre que ses copines n’ont plus envie de lui parler.
La vie vient de lui coller sa première claque.
Elle pleure, elle dit à sa maîtresse qu’elle n’aura plus jamais d’amies, qu’elle ne veut plus faire confiance aux filles.
Dans le fond, elle a peut-être pas tort.
La cloche sonne, c’est l’heure de rentrer.

Posté par Zofia à 21:45 - Délirium écriture, je pose ma plume - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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