14 juin 2008
Sagan
L’histoire : "Sur ce sentiment inconnu, dont l'ennui, la douceur m'obsèdent, j'hésite à apposer le nom, le beau nom grave de tristesse." Françoise a tout juste 18 ans quand elle écrit les premières lignes de Bonjour Tristesse, un roman dont le succès fulgurant suffira à lancer le mythe de " La Sagan ". Un mythe fait de formules brillantes, d'amours affranchies et de scandales tapageurs, derrière lesquels se cache une femme, que l'on qualifie d'anticonformiste pour ne pas la dire libre. Libre d'écrire, d'aimer, et de se détruire...*
Une biographie d’une femme célèbre à la vie mouvementée et destructrice. Je vais faire le parallèle maintenant, comme ça ça serait fait.
Alors oui, de loin, ce film peut faire penser à la Môme : deux femmes, deux artistes, à contre-courant de leurs époques, emportées par leur célébrité, leur popularité, entourées d’une foule de gens moitié envieuse moitié sincère, portées par l’amour et ravagées par l’alcool et la drogue, détruites.
Le parallèle s’arrête ici.
Sagan c’est autre chose.
Diane Kurys offre une réalisation assez classique amenée par un unique flash-back. Sans même sen rendre compte, 2 heures passent et on revient à cette première image. Pas de repères de dates, de lieux, la réalisation est légère, fluide. On se laisse porter sur ce cours d’eau enrichi par des acteurs surprenants. J’adore Sylvie Testud depuis toujours. Ce n’est pas son premier rôle « difficile », pourtant elle reste méconnue du grand public. Ce rôle la place en tête d’affiche et elle le mérite. A l’instar de Marion Cotillard, Sylvie Testud EST Sagan.
Ce qui surprend en revanche, ce sont les rôles secondaires. Très bons mais inhabituels, notamment Pierre Palmade ou Arielle Dombasle.
Le film n’est pas triste, tout en étant émouvant, il y a des moments très agréable, presque drôles. Rien à voir, là non plus, avec La Môme, chef-d’œuvre, oui mais déprimant.
Sagan, le film, montre un écrivain face au succès, face aux doutes, face à ce qui le nourrit, face à la page blanche, face à l’abandon. Je me suis sentie très proche de ce personnage. Le récit est enrichi par des extraits et des réflexions de Sagan, en voix off. Au lieu d’alourdir l’histoire, ils lui donnent une profondeur artistique. Ce n’est pas seulement un biopic, je l’ai vécu comme expérience littéraire, un récit sur le processus d’écriture, la condition de l’auteur. Bien sûr, il y a sa vie, tumultueuse, mais elle nourrit tout autant le film que les récits qu’elle a pu écrire. Du moins, c’est comme ça que j’ai ressenti la chose.
Sa personnalité que l’on pourrait qualifier parfois d’intolérante ou d’égoïste, sans jamais être méchante, cache dans le fond une peur primale, celle de la solitude, de l’abandon.
Je n’ai rien lu de Françoise Sagan, mais ce film m’a donné envie de tout découvrir. J’ai adoré sa personnalité et les extraits cités. Ce n’était pas une petite fille gâtée, enfin du moins, elle ne m’est pas apparue de cette façon.
J’ai aimé sa lucidité face aux gens, même si elle faisait comme si…
Son épitaphe :
''Sagan, Françoise. Fit son apparition en 1954, avec un mince roman, "Bonjour tristesse", qui fut un scandale mondial. Sa disparition, après une vie et une œuvre également agréables et bâclées, ne fut un scandale que pour elle-même.''
source : Allocine © EuropaCorp Distribution * texte allocine.fr
24 mai 2008
Parce que le cinéma est de l'art
Et non un marché.
Parce que demain se finit un des plus gros événement du moment, sur lequel je n'ai rien écris et il est probable que je n'en écrirais jamais rien.
Mais que tout ne doit pas tomber dans l'oubli et que les bonnes choses sont si rares à Cannes...
L'interview de Sean Penn, président du jury, accordée au Monde - à lire absolument -
Qu'est ce qui vous guide dans votre approche des films ?
La meilleure manière d'être honnête, c'est d'essayer de s'émanciper des effets de mode, pour tenter de percevoir ce qui restera indélébile. Nous devons faire tout le contraire de l'académie des Oscars, dont les palmarès relèvent d'un art consommé de la manipulation, d'un très bon marketing.
22 mai 2008
S'en Dormir
J’ai les yeux éclatés. C’est normal, je bouffe de la télé 20/24h. Oui je sais, c’est mal.
Mais c’est la faute à Canal, je l’ai en gratuit. Pour je ne sais combien de temps, alors j’en profite.
Mais malheureusement, je ne me contente pas de regarder ce qui passe à la télé. Je bouffe également des dvds.
Ça a commencé samedi soir, quand je suis rentrée de ma soirée, il était 1h du mat et j’ai commencé à regarder Inland Empire.
Mais vu que le film dure 3h, j’ai pas tenu.
Après y a eu : Le seigneur des anneaux, Joyeuses funérailles, Just a kiss, Pirates des Caraïbes 2, Angel, La tête de maman, Cashback, En plein cœur, le docu sur IAM suivi du concert en Egypte, et des tas d'autres trucs.
Bref du bonheur. Mais je vais finir aveugle.
16 mai 2008
Ciao Stefano
L’histoire : Stefano est un rocker de 35 ans, vivant à Rome de son unique tube. Face à un jeune groupe montant et à l’infidélité de sa copine, il déprime et décide de retourner dans sa famille à Rimini. Là-bas, il est accueillit comme le fils prodigue ; il y retrouve sa jeune sœur Michela qui a quitté la fac pour s’occuper de dauphins dans un parc aquatique, Alberto l’aîné en plein divorce et faillite de l’entreprise familiale, et ses parents, retraités heureux et légèrement à côté de la plaque.
Par son histoire et ses personnages légers mais néanmoins profonds, on retrouve un petit quelque chose des films comme Juno. Une comédie familiale où l’on prend la vie avec facilité, insouciance et solidarité. Il y a le spontané de la langue italienne et de sa culture. Au travers de ces personnages, on aperçoit un bout de l’Italie, je veux dire par là un vrai bout, un truc authentique et pas formaté comme peuvent l’être certains films américains.
Les acteurs sont touchants, à la fois complexes et déroutés, Stefano joué par Valerio Mastandrea reste mon préféré (et pas seulement parce que c’est le personnage principal). Sa nonchalance cachant un vrai besoin d’amour, une espèce de faille qu’il essaye tant bien que mal de cacher. Son personnage est génial avec ses t-shirts Zorro, son attitude adolescente et son chien Igor. A voir rien que pour lui, même.
Parce que ce n’est pas parce que les personnages sont un peu frivoles que les sujets ne sont pas graves. L’atmosphère désinvolte et l’humour font passer le sérieux sans qu’on s’en rende compte.
Et rien que pour ça, ça vaut le coup. Ça vaut le coup de voir un film traitant de certains sujets difficiles sans avoir envie de chialer !
La réalisation de Gianni Zanasi renforce cette impression alternant mouvements classiques et effets originaux.
J’ai doublement apprécié ce film car je l’ai vu en vo, j’avais oublié la douceur de la langue italienne. Je compte bien me rattraper en bouffant plus de cinéma italien.
Sans compter que la bo était vraiment super, tout cela donne un mélange rafraîchissant et fort agréable à l'œil comme à l'oreille ;)
C'est pas la meilleure mais je trouve aucune autre...
source : Allocine © Pyramide Distribution
14 mai 2008
"Un Big Mac c'est un Big Mac mais ils disent "LE" Big Mac."
Demain je renoue.
Je renoue avec le cinéma et ses salles obscures, ses fauteuils rouges et son tapis sale.
Plus de deux semaines d’abstinence, c’est foutrement long !
D’abstinence cinématographique mais pas filmique.
J’ai vu quelques bons trucs mais aussi un pur film (*ironie*) avec des dialogues sanglants, des répliques cultissimes mais un beau gosse (et même deux) avec un short de bain tout petit.
Je vous laisse deviner de quel film il s’agit.
- Je préfère qu’on reste amis
- Un poisson nommé Wanda
- Sans armes ni haine ni violence
- An american haunting
- La Faille
- Calculs meurtriers
- Le pacte du sang
- La ligne rouge
- M. Joseph
- La vengeance dans la peau
- Hitch, expert en séduction
- Couple de stars
08 avril 2008
Coupable
L'histoire : Lucien Lambert avocat spécialiste en divorce, reçoit un jour l’affaire de sa vie : défendre une veuve, Blanche Grandville, accusée du meurtre de son mari.
Une nuit alors qu’il enquête sur cette affaire, il se rend dans la maison de sa cliente où il tombe sur la cuisinière Marguerite.
C'est une fille étrange, qui ne ressemble à aucune autre. Innocente ?Vraiment ? Un homme chaque nuit les observe. C'est Louis Berger, inspecteur de police. Chacun cherche la vérité, chacun s'interroge sur l'amour. Qui est coupable ? Plus l'enquête avance plus le doute s'installe, plus le mystère s'épaissit...
On s’attend à un thriller du genre mais déjà l’affiche laisse supposer autre chose. Puis le film commence et on est face à un plan fixe d’un lac sous la grisaille avec une voix off dissertant sur le désir et les relations hommes/femmes.
J’avoue, j’ai cru que je m’étais trompé de salle.
Puis non, j’ai finalement reconnu Jérémie Renier blondinet décoiffé.
Et la réalisatrice Laetitia Masson installe son climat entre film policier et film social.
Sous couvert de l’intrigue policière se cache une analyse, un constat sur les relations amoureuses, le désir et les possibilités.
L’affiche, j’en revient à elle, parle de sexualité mais tout au long du film, elle n’est presque pas montré, sous-jacente et rappelle les propos du début.
Les deux intrigues se calquent l’une sur l’autre, ça se passe lentement mais on se laisse aspirer par cette galerie de personnages très spéciaux : la femme qui s’habille en robe de mariée tout le temps, celle qui demande à chaque homme qu’elle rencontre « vous voulez m’épouser ? », le flic louant les services d’une prostituée pour jouer les épouses…
La réalisation et les lumières sont recherchées même y a un peu trop de contrastes foncés et du coup des fois on y voit pas grand chose, on sent qu’il y a du travail derrière et les acteurs jouent tous leurs rôles au poil, parfaitement en phase avec le sujet.
J’ai adoré retrouver Amira Casar et je suis tombée sous le charme d’Hélène Fillières.


source : Allocine © Rezo Films
24 mars 2008
Le talentueux M. Minghella
Demain, je vous parlerais de deux films que j'ai enfin vu hier soir...
Pour aujourd'hui, je me contenterais de parler du décès du réalisateur Anthony Minghella. J'ai appris ça hier et j'avoue que j'ai été pas mal surprise...
Anthony Minghella est un réalisateur britannique, qui a tourné, entre autres, Truly, Madly, Deeply (1992), Le Patient Anglais (1997), Play (2000), Le Talentueux M. Ripley (2000), Retour à Cold Mountain (2004) et Par Effraction en 2007.
J'aimerais m'étendre mieux et plus longtemps sur son travail et ses films que j'ai apprécié (à par Retour à Cold Moutain mais les mots et les informations me manqueraient, alors je me limiterais à vous dire que le mieux est de voir ses films qui diront tout de meilleure façon...
Jude Law et Anthony Minghella
© Collection AlloCiné / www.collectionchristophel.fr
10 mars 2008
El Orfanato
L’histoire : Laura, marié et maman de Simon, revient s’installer dans l’orphelinat qui l’a accueillit quand elle était enfant. L’imagination de Simon, au contact de la demeure, devient de plus en plus fertile jusqu’à inquiéter Laura. Le voir jouer et parler à ses nouveaux « amis » trouble Laura plus qu’elle ne l’aurait pensé…
Quand on regarde de loin, on se dit que c’est le film classique : grande et vielle maison qui grince, orages, solitude, enfants etc. Mais le film ne s’arrête pas à ça et c’est en cela que s’a en fait une petite merveille de terreur et de sentiments.
Cette histoire de fantômes se fixe dans la lignée de celle de Sixième Sens et des Autres mais se double, comme ces deux là, d’une particule d’originalité : le jeu de pistes…
Cette nouveauté qui consiste à remplacer un objet par un autre dans une sorte d’escalade vers le résultat final apporte quelque chose de réellement éprouvant et d’haletant pour le spectateur.
S’ajoute à cela un vrai jeu d’acteur, enfin plutôt d’actrice, avec Belen Rueda (dans le rôle de Laura) que j’avais découvert dans une série et qui vraiment m’a bluffé confirmant ainsi que je l’aimais bien, et qu’en plus d’être jolie était douée comme tout.
Réalisé d’une façon impeccable et implacable, découvrant des paysages un peu fantasmagoriques, amenant en finesse au cauchemar. C’est un film d’épouvante les plus tristes qu’il m’ait été donné de voir… car sous couvert de cette histoire de fantôme, il se cache quelque chose de plus dramatique.
C’est en cela que réside sa force car, non content de faire peur, il peut également faire pleurer.

source : Allocine © Wild Bunch Distribution
03 mars 2008
Paris
L’histoire : Pierre,
plus ou moins 30 ans, apprend qu’il a une maladie au cœur et que les
chances de survivre sont plutôt minces… Le fait d’apprendre à vivre
avec la mort lui montre à quel point ce qu’il a devant les yeux
peut-être important, les gens, les lieux…
C’est une redécouverte de
la vie qui l’entoure qui va le pousser à se rapprocher de sa sœur et à
porter un regard neuf sur ce qui l’entoure.
L’histoire
tout le monde la connaissait, pour ma part, ayant vu tellement de fois
la bande-annonce que je la connaissais aussi par cœur. Le battage
médiatique peut devenir un défaut où l’on sait trop avant même d’avoir
mis les pieds dans la salle.
C’était un peu dommage.
Cette
6ème collaboration entre Duris et Klapisch crée un beau film mais pas
un film bouleversant, un film simple. Sans grandes réflexions sur la
tournure du monde, la politique ou la foi, juste sur les gens et leurs
façons de vivre, d’appréhender le monde et les autres.
J’avais
peur que le film soit triste et déprimant. C’est tout le contraire. La
mort n’est pas vue comme un ennemi, elle est le point de départ mais
aucune place ne lui est accordée. Et j’ai aimé cette distance, ce
détachement.
J’ai
regretté que les relations entres les différents protagonistes ne
soient pas plus appuyées, approfondies, surtout sur la fin… Qui est
d’ailleurs largement ouverte.
Le
gros point positif du film, celui qui m’a fait y aller d’ailleurs, est
le casting. Je crois que je n’avais vu un film avec autant d’acteurs
que j’apprécie. La meilleure surprise a été celle de Fabrice Lucchini,
à la fois touchant et drôle, se moquant de lui-même mais se confortant
malgré tout dans certaines situations. Par contre, le rôle de Romain
Duris est finalement beaucoup moins important que ce qu’il peut laisser
penser, il n’est que le point central d’un Paris où tout s’entrecroise
sans forcément se voir, s’entendre, ni se comprendre.
Le
bilan est très mitigé mais en tant que fan de Klapisch et de Romain, je
ne peux pas le qualifier de mauvais film. De toutes façons, il n’en est
pas un.
Ni bon, ni mauvais. Simplement bien.
source : Allocine © Mars Distribution
28 février 2008
Le cahier
L'histoire : Dans la vallée de Bamiyan, à 230 km de Kaboul, juste sous les anciennes statues géantes de Bouddhas détruites par les Talibans, des milliers de familles tentent de survivre dans des grottes.
Bakhtay, une petite fille de 6 ans, écoute son petit voisin, Abbas réciter l'alphabet. Elle se met alors en tête d'aller à l'école, coûte que coûte. Et en Afghanistan, cela n'est pas des moindres.
Quand aller à l'école est tellement impossible que cela en devient une obsession. Quand aller à l'école dans un pays d'après-guerre où les idéologies sont déjà encrées dans la tête des enfants, entre le jeu et la réalité. La petite Baktay suit un véritable parcours du combattant pour aller acheter un cahier et trouver le chemin de l'école des filles. Oui parce qu'elle n'a pas le droit d'aller à celle des garçons. Sur le chemin, elle rencontre des enfants-talibans dont le jeu favori est de faire la guerre, lapider les filles et débusquer les espions américains. Sous le couvert du jeu, la (jeune) réalisatrice iranienne Hana Makhmalbaf montre combien l'histoire, l'entourage et les idéologies religieuses peuvent avoir de l'impact sur les enfants. Il est impossible de savoir si les enfants reproduisent ce qu'ils ont vu ou s'ils sont déjà convaincus que les filles ne doivent pas aller à l'école et ne pas mâcher de chewing-gum...
La jolie petite actrice, Nikbakht Noruz qui incarne cette obsession enfantine apporte une innocence et une fragilité palpable dans une histoire aux accents graves : les conséquences sur les générations futures. Sur une base simple, il réside dans le film une véritable tension dramatique qui croît inexorablement. Un film haletant sur un scénario pourtant faible et uniquement - ou presque - tourné avec des enfants...
Je suis sortie de là absolument oppressée tant le sujet m'a touché par sa gravité pourtant énoncé avec une parfaite simplicité....
Les vidéos originales des Bouddhas qui explosent sont une marque que ce film est une réalité et pas juste une fiction.
Un film qui mérite absolument plus que de ne passer que dans 43 salles (et de n'avoir qu'une seule photo disponible ><).
Finalement, c'était loin d'être un mauvais choix...


















