Revoir un Printemps

Ce que j'aime, ou pas. Ce que je vois de ma fenêtre. Ce que mon oreille entend. Pour ne pas oublier.

23 septembre 2009

Chronique de Vampires - Anne Rice

Ou comment Stephenie Meyer paraît carrément indigeste après avoir lu Anne Rice...

Il faut dire que je fais les choses dans le désordre. Je me lance dans Twilight alors que c'est dans du Anne Rice que j'aurais dû me jeter. MAIS. D'un autre côté, j’ai gardé le meilleur pour la fin.
Je viens donc de terminer les trois premiers tomes de la Chronique des Vampires : Entretien avec un vampire, Lestat le vampire et La reine des damnés.

Entretien un vampire relate l’interview de Louis de la Pointe du Lac, vampire de son état, à un jeune journaliste, Daniel. Il raconte son histoire sur plusieurs siècles, comment il est devenu vampire, ses relations conflictuelles et passionnelles avec Lestat et Claudia, enfant vampire âgée d’à peine 5 ans.
Lestat le vampire se situe après la publication du livre par Daniel et développe très profondément l’histoire de Lestat. Tout ce qu’ignore Louis dans le 1er tome est ici raconté. On remonte loin dans le temps. Le roman raconté à la 1ère personne dévoile un aspect nouveau de Lestat, il apparaît sous un jour beaucoup plus humain mais paradoxalement beaucoup plus torturé. Et évidemment il apporte de nombreuses clés dans la compréhension d’Entretien avec un vampire.
Quant à La reine des damnés, il est certainement le plus complexe et le plus dense des trois premiers tomes. D’une richesse phénoménale, Anne Rice nous fait remonter jusqu’aux origines des vampires par un procédé littéraire vraiment très bon (et pourtant assez simple) : une galerie de personnages racontent chacun leur propre expérience de l’histoire qui se déroule et du retour de la reine des damnés. L’histoire des vampires chevauche l’Histoire du monde, dans l’Egypte Antique, dans les jungles inexplorés, au Paris et dans l’Italie de la Renaissance, la légendes Jumelles, Bébé Jenks et le gang des Crocs, la Déesse Pandora, l’histoire de Daniel, Khayman et l’histoire de Jesse, la Grande Famille et Talamasca et bien sûr Akasha et Enkil…
Que des noms aux résonances mythologiques et là où dans Twilight, j’avais été foutrement déçu, j’ai été tout simplement comblé !
Tous ces tomes sont riches, superbement écrits et décrits, on est plongé au cœur de l’obscurité vampirique, c’est malsain et violemment sensuel, c’est angoissant et intense.
Le trio Lestat-Louis-Claudia dans Entretien avec un vampire est l’opposé total des relations entre les vampires de Twilight,  c’est je t’aime moi non plus mais c’est aussi pervers, tendancieux. Comment ça ne pourrait pas l’être, Claudia a cinq ans et dort dans le même cercueil qu’un homme adulte. La sensualité est très présente entre les vampires, et notamment les vampires masculins, mais avec les vivants également. L’acte de mise à mort d’une proie est semblable à l’acte sexuel, ça en est même un substitut.
Et tous les vampires prennent plaisir à se nourrir, à flairer une proie, à la choisir. Personnellement, ça ne m’a pas choqué, ça m’a paru normal même. A quoi ça rime de faire une histoire sur les vampires si ceux-ci ne se sentent même pas vampires !
D’ailleurs, ici cohabitent la nature profondément sombre des vampires mais aussi un besoin d’humanité pour ces mêmes vampires.

J’ai pris terriblement de plaisir à lire ces tomes, très flippants par moments et où marmoréen doit écrit 5 fois au maximum dans 1500 pages…
Et même si je sais que la série s’essouffle un peu avec les autres tomes (9 en tout), j’ai quand même envie de le lire parce que le côté mythologique et historique m’a vraiment plu. Je regrette juste de ne pas les avoir lus plus tôt ! J’ai clairement préféré Lestat le vampire et La reine des damnés par leur densité mais Entretien avec un vampire pose les bases de la saga.
Bref si vous voulez lire quelque chose de très bon sur les vampires, je vous conseille ardemment cette Chronique des Vampires.

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16 mai 2009

Révélation, tout est dans le titre...

On avait quitté Bella en proie à des grands questionnements fondamentaux (Edward ou Jacob ? Immortalité ou mortalité ?), on lui a soufflé la réponse mais ça n’a pas suffit et Bella a décidé de répondre favorablement à la requête d’Edward.
Elle s’apprête donc à épouser ce dernier.

109m4winPour l’histoire, je n’en raconterais pas plus. Pour ceux qui veulent savoir ce qui s’y passe, je me ferais un plaisir de répondre à leurs questions par mail.
Bref.
Bella épouse Edward et le mariage est à l’image du jeune homme…

Ce tome-ci présente une originalité (amorcée avec la fin du tome 3) et l’histoire se divise en 3 grandes parties dont une racontée par Jacob. On change donc de narrateur. Ce n’est pas mal, ça donne un nouveau point de vue et le personnage de Jake étant extrêmement sympathique, sa partie est à son image. Ce qui met un peu de fantaisie et d’humour dans la saga.
Bon ça aurait été encore mieux si Stephenie Meyer avait décidé de tout faire en utilisant un narrateur extérieur…mais ça demande plus d’imagination que pour un roman à la première personne.
Révélation est semblable à la saga : complètement inégale !
Toute la première partie contée par Bella est d’un ennui total, dans la même veine que le 3. Niveau niaiserie, on atteint de sommets avec le mariage et le voyage de noces (mais enfin ça baise ^^). Et même si celle de Jacob est agréable à lire, elle est assez dénuée d’intérêt, n’apportant que peu à l’histoire.
Ça change quand on passe à la dernière partie où on retrouve Bella en sacré mauvaise posture et prête à être transformée…
C’est intéressant de suivre tous ces changements, de lire ses pensées, ses idées plutôt que ses descriptions insipides d’Edward. Et ça devient vraiment captivant quand Bella refait surface, vampirisée, et que tout s’enchaîne. Il faut quand même attendre la page 400 (ou presque) pour ça…
Les 19 derniers chapitres valent le coup. Bella est sûre d’elle, et même si sa fragilité pouvait plaire, elle se découvre de nouveaux aspects. Sa confiance en elle l’a rend plus sympathique. Ce qui me dérange un peu, je me suis rendue compte en lisant un commentaire d’internaute sur amazon, que l’auteur donne une image qui est celle que les gens forts, beaux et riches réussissent. Une espèce de supériorité qui rend l’humain presque inutile. Et cela se voit avec Bella qui n’avait rien dans la cervelle (je suis un peu sévère) pendant les 3 tomes et qui là se révèle avoir une intelligence extraordinaire. C’est dommage de ne pas avoir donné plus de dimensions aux humains…
Comparativement, le dernier chapitre amène une fin rapide. On dirait que l’auteur n’ayant plus envie de continuer, a torché une fin vite fait mal faite… c’est trop abrupt, trop facile. Les chapitres précédents auraient mérité quelque chose du même niveau, de plus poussé, réfléchis.
On a un bon pic d’excitation du milieu à la fin du livre mais qui retombe lourdement !

On a donc une série avec un super tome et demi, le reste peut se passer d’une lecture approfondie (malheureusement). Il y avait vraiment matière à faire quelque chose de bon avec cette histoire d’amour femme/vampire mais trop de niaiseries, accompagnée d’une traduction minable (d’ailleurs, je ne comprends pas que l’éditeur n’est pas viré ce Luc machinchose après le 1er tome !), un exemple que j’ai noté « Pour moi, l’heure est venue de la guerre ».
Ce n’est pas compliqué à la relecture, de voir qu’il vaut mieux dire « Pour moi, l’heure de la guerre est venue » non ?
Je ne sais pas si c’est l’auteur qui manque de synonyme ou le traducteur qui avait du mal mais c’est fou ce que Bella s’est répétée ! Je crois que je n’avais lu autant de fois de  ma vie « son (superbe) torse marmoréen ». Ah on en bouffe des descriptions abusives du corps magnifique d’Edward.
Je radote mais c’est pour conclure :
- il aurait mieux valut écrire ces livres à la 3ème personne
- construire une vraie mythologie des vampires, quitte à en créer une nouvelle
- donner plus d’importance aux nombreux personnages secondaires, les vampires mais aussi les Quileutes
- et supprimer Edward ^^

13 mai 2009

Hésitation, ou le vide du tome 3

J’ai donc continué à suivre l’histoire de Bella contée par Stephenie Meyer et après avoir réellement apprécié le second tome (à mon plu grand étonnement), je me suis lancée dans Hésitation.

Mais j’aurais mieux fait d’hésiter (ah ah)

 

Dans ce livre, Bella est confrontée à de nombreuses questions et c’est 615 pages de questionnement que l’on va devoir hesitationavaler.

Pour être plus clair Bella hésite entre Edward et Jacob, ses sentiments sont mélangés, incertains, confus et ils soulèvent la deuxième hésitation du bouquin : le choix de Bella de devenir immortelle cad vampire ou de rester telle qu’elle est. Un choix déterminera le deuxième puisqu’une relation longue durée avec Edward n’est possible que si elle devient vampire.

Mais là, où on hésiterait que peu de temps Bella tergiverse, se perd et fait caprice sur caprice. Le couple qu’elle forme avec Edward est de plus en plus difficile à digérer, mièvreries et compagnie occupent les descriptions et les dialogues des deux jeunes…

C’est lourd et c’est pompeux.

Il y a un peu d’intérêt par moment quand on découvre l’histoire des vampires de la famille Cullen, notamment Jasper et Rosalie. Et bien sûr les légendes sur les Quileutes qui sont enfin approfondies et ont la place qu’elles méritent. Mais le personnage d’Edward perd le peu d’intérêt qu’il avait… à trop se montrer protecteur, il a fini par m’être complètement désagréable !

Il y a un petit regain de suspense, qui fait cruellement défaut dans ce 3ème tome, quand une bande de vampires nouveau-nés se préparent à attaquer le clan Cullen. C’est assez prenant mais on voit bien que l’auteur ne maîtrise pas le traitement de scènes de batailles car on poireaute au moins 10 chapitres avant d’avoir ce qu’on veut et la bataille tourne court. Ce qui laisse sur sa faim et on a rien pour se rattraper puisque la fin du roman approche.

 

Je ne sais pas ce qui est le pire, l’hésitation de Bella ou le vieux chantage affectif d’Edward : si tu veux que je te transforme, épouse-moi gniaaa !

On se croirait au 16ème siècle. Bon, en même temps, à la décharge du pauvre Edward, il n’évolue pas bien avec son temps, et même s’il roule en Ferrari, son esprit est encore coincé dans les traditions du début des années 1900…

 

Le seul point positif c’est que l’on connaît mieux les membres de la famille d’Edward et qu’on s’y attache très facilement, ils sont plus présents, plus détaillés, enrichis et apparaissent vite sympathiques. Et le personnage de Jacob augmente en intensité, en charisme, personnellement il m’a fait pas mal d’effets et à la place de Bella, je n’aurais pas hésité longtemps !

Bref, pour conclure, on va dire que le 3ème est pas super génial, on s’y ennuie souvent mais il y a quand même quelques éléments clés. Je préconise donc une lecture en diagonale sur les moments longuets. De toute façon, les passages intéressants sont rapidement identifiables !

Pour ma critique du tome 2, Tentation, c’est par là : Pulp Club, Tentation succombée !

16 avril 2009

Fascination, exercée ou pas ?

fascinationJ’ai fini le premier tome de la fameuse (et polémique ^^) saga Twilight… j’avoue que mon unique intérêt pour cette lecture était de voir comment un bouquin pouvait avoir détrôné des ventes Harry Potter, qu’est-ce qu’il y avait dedans de si génial, de si extraordinaire ?
Bon je savais que c’était un bouquin pour adolescentes mais je me disais qu’il devait forcément y avoir autre chose pour que ça ait plut à autant de gens de par le monde.
Eh bien… non.
Honnêtement, je ne partais avec aucun a priori. J’étais ouverte à tout et surtout, je n’espérais rien.

Pour remettre dans le contexte, un ptit résumé : Bella, 17 ans, quitte la chaleur de Phoenix pour le climat très humide de Forks. Petite ville du bord de mer, où tout le monde se connait et où l’intimité est quasi inexistante… Bella est de suite attirée par une famille spéciale, les Cullen et plus particulièrement Edward.
Il exerce une sorte de fascination (ahah) sur la jeune adolescente, qui ne manque pas de remarquer qu’Edward a quelque chose de spécial, quelque chose d’inhumain…

Bon tout le monde le sait, Edward Cullen est un vampire. D’ailleurs, j’aurais mieux aimé ne pas connaître cette information, ça aurait déclenché un peu de plus de suspense et d’interrogations. Je me serais posée des questions au lieu d’attendre bêtement la révélation !
Sinon, c’est comment ?
C’est niais, y a pas à dire. Le récit est à la première personne, Bella raconte son histoire, donc on est vraiment du côté de l’adolescente pucelle qui s’est éprise d’une star de cinéma. Même dans les tréfonds de mon adolescence, je ne pensais pas de telles absurdités.
Bella est complètement obnubilée par Edward, le décrivant sans cesse au fil des pages, répétant lourdement la beauté de ses yeux, la clarté de ses cheveux, la musculature de son torse et blablabla.
L’auteur use et abuse de métaphores romantiques, de comparaisons passionnées, tout comme elle abuse de l’italique pour souligner que Bella parle d’Edward, de lui, de son charme, de son charisme, de ses yeux, de son comportement troublant… C'est tellement exagéré que les descriptions d'Edward sont limites risibles.
"- Tu crois sérieusement être plus attachée à moi que moi à toi ? murmurat-il en se rapprochant encore de moi, l'or sombre de ses pupilles me transperçant le cœur.
Je dus me rappeler de respirer [...]"
"Hésitante, je tendis un doigt et caressai le dos de sa main étincelante. Une fois encore, je m'émerveillai de la texture sans défaut de sa peau, douce comme du satin, fraîche comme de la pierre [...] Un sourire plissa les commissures de ses lèvres admirables."
Je n’ai pas vraiment accroché à ce niveau-là. Je ne me suis pas reconnue, j’ai juste trouvé Bella un peu cruche.
Finalement, ça devient un peu mieux quand le dialogue entre Bella et Edward s’établit vraiment. Surtout quand Edward parle en fait. Quand Bella réagit c’est souvent un peu simplet.
Je pense qu’il y aurait eu un réel intérêt si le livre avait été écrit à la troisième personne, par un narrateur plus omniscient. Cela aurait permis d’avoir moins de contemplations béates de Bella et un peu plus d’historique sur les Cullen et le monde des vampires.
Et j’ai attendu un moment où enfin, je serais intéressée. Et c’est arrivé ! si, si. Bon seulement à la page 400 et ça ne dure que 70 pages. C’est vraiment peu. Ce sont les seuls chapitres où il y a de l’intensité, du suspense, de la traque.
Ce roman n’est donc définitivement pas un roman de vampire, d’horreur ou de science-fiction mais bel et bien un roman d’amour, où chaque page transpire l’eau de rose et les premiers émois adolescents.
Je ne suis pas très fan de ce genre de trucs parce que je ne m’y reconnais pas. Je n’étais pas une adolescente nerveuse, je n’étais pas attirée par les stars de ciné ou par mon prof de sport donc j’ai eu beaucoup de mal à comprendre Bella et ses réactions. A cause de ça, l’auteur en fait un personnage peu intéressant, aux réactions attendues, elle la double d’une maladresse épuisante qui la rend encore moins brillante. Bella tombe pour un rien, elle est presque incapable de mettre un pied devant l’autre, du coup elle perd encore en charisme. Si c’est pour faire un parallèle avec l’apollon qu’est Edward, c’est réussi !
Mais c’est dommage, Bella aurait mérité plus d’attentions.

Le livre devient un peu plus captivant sur la fin quand on comprend les risques réels encourus par Bella à côtoyer Edward, et encore uniquement quand Edward exprime sa version des faits, son ambiguïté est égale ment intéressante mais vaguement expliquée.
Les dialogues sont d’un commun, la psychologie des personnages est surfaite et déjà vue, c’est mal écrit et pire c’est mal traduit, nombreux oublis de mots, fautes d’orthographe etc., on a vraiment affaire à un roman pour fille, où le vampirisme est exclu. Contrairement à Harry Potter (pour continuer le parallèle des ventes), où l’auteur fait réellement entrer le lecteur dans un autre monde, où le roman jeunesse passe derrière la qualité des écrits, l’aventure et la psychologie des personnages.
Fascination est définitivement un Romeo et Juliette dans le monde des vampires.
Fascination ne m’a pas fasciné.

p.s : cette critique, je l’espère n’est pas agressive, et porte uniquement sur le tome 1 de la saga. Je compte lire les autres, histoire de voir comment l’histoire évolue et ce qu’il advient des personnages. Fascination ne m’a pas fasciné mais Edward a attisé ma curiosité (je ne rêve pas encore de lui la nuit ^^) et je compte voir s’il bouffe Bella à la fin ^^

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