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1 novembre 2025

Les revenants de l'inspecteur Sadorski de Romain Slocombe

Mai 1945 à Paris, la paix est proche d’être signée mais les conflits sont loin d’être tous terminés. A l’heure où les déportés reviennent des camps de concentration, Sadorski se cache. Avec son épouse, ils ont déménagé, changé de noms et se font plutôt discrets. D’inspecteur, il ne lui reste que ce titre virtuel, lui qui s’apprête à être jugé pour collaboration. Cependant Sado retombe toujours sur ses pattes et trouve un emploi comme enquêteur privé sur la spoliation des artistes et marchands d’art juifs chez Avivsohn Investigations.

 

Merci à Babelio et Robert Laffont pour l’envoi de ce livre grâce à une Masse Critique Privilégiée.

Si j’ai demandé à recevoir ce livre, c’est parce que le bandeau indiquait « le roman de l’art volé sous l’Occupation » et qu’il était mentionné que ce n’était pas nécessaire d’avoir lu les tomes précédents pour lire cette histoire. Et il se trouve que c’est faux et c’est pourquoi ce livre a été une déception pour moi.

D’abord, Sado comme l’auteur font énormément référence aux tomes passés (17 notes de bas de pages en 200 pages indiquant voir tel tome), on apprend plus ou moins tout ce qu’a fait comme saloperies l’inspecteur pendant la guerre (et c’était pas bien joli) et donc il n’y a pas forcément d’intérêt à découvrir les autres tomes. Surtout, ça m’a gêné dans ma lecture pour comprendre qui était qui, leurs liens avec Sadorski ou sa femme, comment le personnage principal en arrive là etc.

Deuxièmement, la référence à l’art volé pendant l’Occupation. La Seconde Guerre Mondiale est une période qui me fascine et j’aime lire des récits qui s’y rapportent, j’apprécie également beaucoup l’art donc ces deux thèmes associés auraient dû me plaire. Problème, la recherche de l’art volé est noyé sous les aventures de Sadorski : aventure extra-conjugale, recherche d’anciennes connaissances ou maîtresses déportées, filouteries en tout genre, recrutement d’un collègue pour un braquage... Sadorski ne recherche quasiment qu’un seul tableau pendant tout le livre et j’aurais vraiment beaucoup aimé que l’art occupe une plus grande place dans le récit. 
Ce dernier est toutefois très fouillé et précis, presque trop d'ailleurs, les passages où on lit des longs rapports de police ou judiciaires, ne m'ont pas vraiment excité.

Les revenants de l’inspecteur Sadorski plaira sans doute beaucoup plus aux lecteurs assidus de Romain Slocombe, mais on ne peut lui enlever ses indéniables qualités d’écriture, sa documentation historique impressionnante, et une période de la Seconde Guerre peu traitée. En effet, on ne s’attarde pas très souvent sur la période après le débarquement et la Libération de Paris et avant la signature de la paix. Période très trouble et confuse où il devient difficile de démêler les Résistants de toujours et ceux qui ont retourné leur veste au moment opportun, les terribles débordements sur les collabos, notamment sur les femmes, et de façon encore plus terrible, le retour des déportés en France, les récits faits des années de déportation… le passage glaçant au début du livre par M. Odwak en est un exemple. Ce n’est d’ailleurs pas le seul moment difficile et ce roman peut heurter la sensibilité de certains lecteurs. De plus, l’inspecteur Sadorski est un des personnages les plus détestables de la littérature française et il est parfois écœurant d’être dans sa tête, de connaître ses pensées et de le suivre dans ses crimes.

Au final, une lecture assez mitigée pour moi, ce policier historique a des qualités mais l’art était trop noyé dans les petites magouilles personnelles de Sadorski et il faut vraiment avoir lu les autres tomes pour une meilleure compréhension du personnage et de son passé.

Quand la fiction est rattrapée par la réalité : Le tableau spolié par un nazi, repéré par hasard sur une annonce immobilière en Argentine, a été retrouvé

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