Je me lève de plus en plus tôt. Je suis prête de plus en plus vite. Et pourtant j’ai de plus en plus de mal à me réveiller, ouvrir les yeux, sortir de sous la couette moelleuse, enfiler un pantalon par-dessus mon short et braver le froid d’un matin d’hiver.
Il est terriblement difficile de se forcer à se lever quand la journée va être semblable à celle d’hier et sans rien d’excitant dedans. Maintenant que mon fiancée comme dirait ma mère mon jules travaille, les journées passent moins vite et sont un peu plus longues.
A deux, c’était bien ; tout seul, c’est chiant.
Le soir, je n’ai rien à raconter.
Le jour, je ne parle pas beaucoup, je nettoie, je ne rencontre (presque) personne, je lis, je regarde des films, je regarde les voisins, je ne regarde pas tellement la télé, je travaille mon espagnol, j’achète un ordi portable.
Je n’écris pas beaucoup. Alors que j’ai du temps devant moi. Mais pour écrire, il me faut la vie, côtoyer les humains, les voir évoluer, parler. Je me nourris d’eux. Et là, je n’ai plus d’inspiration. J’ai faim.
Il y a du silence dehors et de la brume sur la colline d’en face. Je travaille aux champs. Le pickup blanc est garé devant l’immeuble, je le sais, j’essaye de savoir à qui il appartient.

bande-son : Tryo – Comme les journées sont longues ; Olivia Ruiz – Belle à en crever