Stoker
L’histoire : au lendemain de la mort de son père, le jour de son dix-huitième anniversaire, India voit s’installer dans la maison familiale, Charlie, un oncle dont elle ignorait jusqu’à présence l’existence. S’installe peu à peu un climat d’angoisse pour India et sa mère, Evelyn.
Le nouveau film de Park Chan-wook, réalisateur d’Old Boy – que je n’ai pas réussi à regarder en entier – nous présente Stoker, un film à l’ambiance noire ponctué de références à Hitchcock. Ecrit par Wentworth Miller – oui, oui, le même que Prison Break – qui lui aussi est fan d’Hitchcock, Stoker revisite L’ombre d’un doute dans une réalisation impeccable. Soignée, magnifique, presque onirique, certains diront too-much, Stoker est une beauté visuelle, jouant avec la lumière, avec les ralentis, avec les sons qui collent si bien aux images, aux bruits amplifiés qui font frissonner qu’il s’agisse de bruits de chair maltraitée ou de bruits de passion étouffée. Ce film joue avec l’image, transformant des gros plans en d’autres gros plans, comme par exemple avec les cheveux de Nicole Kidman qui se transforment en champ de blé…
La bande-son, composée par Clint Mansell (Black Swan, Requiem for a dream…) complète à merveille les images de Park Chan-wook, électrique et angoissante.
Mais Stoker n’est pas uniquement un bel objet, c’est un film prenant, presque un huis-clos, au scénario tout en finesse et aux personnages machiavéliques. J'ai adoré l'ambiance de ce manoir britannique perdu au fond des bois dans une atmosphère très années 50 alors que c'est aux Etats-Unis au 21ème siècle. Mia Wasikowska est convaincante en lycéenne un peu déboussolée, son personnage est étrange et ambigu, décalé, un peu en dehors de la réalité, j’ai seulement regretté qu’elle soit parfois trop silencieuse… Nicole Kidman, en mère de famille très vite consolée, a juste ce qu’il faut d’élégance et de mystères pour ce rôle. Je regrette néanmoins sa bouche refaite qui lui donne parfois un côté un peu synthétique et figé.
Quant à Matthew Goode… oh là là, cet oncle qui surgit comme ça d’un coup avec ses lunettes et son cabriolet, son regard charmeur, ses yeux perçants, il est tout simplement magnétique, même quand l’oncle séduisant se change en oncle malfaisant… Il est so sexy !
Le film est très sensuel, il s’y dégage une aura sexuée assez forte – et assumée – quand Charlie défait sa boucle de ceinture en gros plan ou dans les moments intenses qui précèdent le tout premier baiser.
Tout au long du film, ceux qui ont l’œil et connaissent bien l’œuvre d’Hitchcock verront ici et là des références mais même sans cela, Stoker est un excellent thriller au scénario manipulateur – je n’ai absolument pas vu la fin arriver ! – avec un trio d’acteurs parfaits qui vous fera trembler autant de désir pour Charlie que d’angoisse pour India.
Pensée éclair
Si je n'étais pas là, je me demande au bout de combien de temps mon homme ferait le ménage... L'espèce masculine me stupéfait chaque jour un peu plus !
Ah et sinon, il fait enfin beau !
Île Maurice, l'hôtel et la nourriture
L’hôtel choisi pour nous recevoir est un somptueux hôtel de très grande classe, très grand, très beau, tout en étant assez simple. Je ne suis vraiment pas habituée aux hôtels, encore moins aux hôtels cinq étoiles et plus. Je ne suis pas habituée aux employés qui lors des repas vous mettent/remettent la serviette sur les genoux dès qu’il faut, qui remplissent votre verre en vin à peine une gorgée bue, ni qui vous ouvrent le lit en ayant préparés chaussons et veilleuse anti-moustiques quand vous revenez du restaurant.
Franchement, j’étais plutôt mal à l’aise au début surtout en ce qui concerne le coup de la serviette mais je vous assure qu’on prend vite des mauvaises habitudes ^^ déjà le retour à la vie normale après des vacances, c’est pas facile mais alors dans un cas comme ça… !
L’hôtel comporte 225 chambres mais ce que j’ai particulièrement apprécié, c’est sa conception en de multiples petits bâtiments disposés en trois arcs de cercles utilisant des matériaux comme le bois, les roches volcaniques, le verre. Très chic, contemporain mais pas trop moderne, on y trouve pas moins de 5 restaurants, 3 bars, une discothèque, un spa, des clubs enfants et ados, quelques boutiques, une salle multifonctions, une salle de gym, 3 courts de tennis, divers équipements sportifs (cours de gym, vélos, mini-terrain de foot/volley, piste de roller etc.), 3 piscine dont une de 1 400 m².
La liste des activités uniquement à l’hôtel est encore longue…
Il s’intègre parfaitement dans le paysage grâce à de nombreux espaces verts qui entourent les bâtiments avec une végétation, évidemment, locale. Les restaurants et bars ont des murs modulables permettant d’agrandir l’espace ou de faire coulisser des volets afin de freiner le vent ou filtrer le soleil, c’est très astucieux Tout est absolument parfait et tout est fait pour que les clients n’aient aucun reproche à faire à l’hôtel.
Tout y est incroyable, surtout quand on n’est pas habitué à tant de luxe et de prévenance.
La chambre fait 60 m² soit 10 de plus que notre appart’…avec petite terrasse, écran plat, wifi, machine à expresso, station ipod, vue sur l’océan… de quoi faire rêver !
Quelques petites photos pour vous montrer que je ne mens pas !

Côté nourriture, je n’ai jamais aussi bien mangé que là-bas !! les petits-déjeuners étaient incroyables avec une salle de 120 m² où tout, absolument tout, pouvait être commandé : viennoiseries classiques, pains, une vingtaine de confitures différentes, sirop d'érable, pâte à tartiner maison, crêpes/gaufres
/pancakes, fruits frais découpés ou pressés, œufs de toutes les manières possibles, bacon, poulet, yaourt, toutes sortes de céréales, salades de légumes ou de fruits de mer.
Je n’avais jamais vu ça ! On essayait d’être raisonnable et de ne pas faire comme certaines personnes de notre groupe qui avaient 3 assiettes dans les mains et dont une m’a dit « ah ben bientôt il nous faudra des esclaves ! »
J’en suis restée pantoise.
Le soir et quelques midis, nous avons testé tous les restaurants de l’hôtel sauf un qui n’était pas compris dans notre formule All Inclusive. C’était un gastro japonais sinon nous avons fait une fois l’italien (le Sapori), plusieurs fois le Tides, le Chopsticks (spécialisé dans la cuisine chinoise) et le Marché. La plupart du temps, les repas étaient locaux ou asiatiques avec beaucoup de poissons – excellents – et de légumes – réellement gouteux – que je n’avais jamais mangés. Plusieurs caris de viande ou de poisson, des chutneys ou des vindayes, j’ai même eu l’occasion de manger du bœuf Australien ; épicé mais sans jamais être fort ou que le goût de l’épice prenne le pas sur le goût des ingrédients, jamais je n’ai eu la bouche en feu, tout était justement dosé. C’était très bon, très bien présenté, délicieux à chaque fois, là encore retour difficile à une nourriture plus fade (même si j’essaye de bien faire et de prendre des bons produits, je n’atteindrais jamais ce niveau).
Je regrette de ne pas avoir pris plus de photos des plats et des tables car c’était vraiment magnifique.
C'est pour des matins comme aujourd'hui que je voudrais avoir les couilles de prendre le volant, avoir le courage de conduire et ne plus avoir peur !
Ras-le-bol des présentateurs des chaînes d'info qui se réjouissent de voir des litres d'eau tomber sur la Côte d'Azur, à votre niveau, les gars, c'est vraiment moche.
Top 50, deux de plus
En attendant Godot – Samuel Beckett
Je connaissais le livre pour en avoir étudié des passages à l’école mais je n’avais jamais lu cette pièce en entier. Cette courte pièce d’environ 120 pages raconte l’histoire de Vladimir et Estragon, deux vagabonds qui attendent désespérément Godot au bord d’une route de campagne avec un arbre. Peu de décors, peu de personnages, En attendant Godot s’inscrit dans le courant du théâtre de l’absurde. En effet, n’y cherchez pas de sens, de but, il n’y en a pas. Ce texte se lit très vite et nous plonge dans une réalité alternative.
Le grand Meaulnes - Alain Fournier
Première grosse surprise de ce top 50 ! Je n’avais pas envie de lire, tout avait l’air chiant dans ce livre – a priori sans fondement, juste un pressentiment – et bien, j’avais complètement tort.
Très vite je me suis retrouvée happée dans cette histoire, semi-fantastique, comme un rêve éveillé, ce roman d’aventures dans les années 189… Cette histoire d’amitié entre François Seurel, narrateur, et Augustin Meaulnes, personnage dur en quête d’absolu, toujours coupable. J’ai vraiment adoré les personnages, les lieux, l’intrigue même si j’ai trouvé que la seconde partie était moins excitante, plus sérieuse, plus grave. Je ne m’attendais pas du tout à cela et je suis vraiment contente du résultat :-)
[Aparté : par contre, exactement comme pour Gatsby, le roman s’axe autour d’un personnage – Gatsby et Meaulnes – avec un récit à la première personne d’un autre personnage. Ce qui fait que le lecteur n’en sait pas autant qu’il le souhaiterait, le personnage peut parfois même disparaître pendant des pages et à ce moment-là, le sujet devient le narrateur qui raconte sa vie en l’absence du héros.]
Le Misanthrope – Molière
Bon ce n’est pas vraiment un roman du 20ème siècle mais je me suis permis un petit détour vers cette pièce de Molière que je n’avais jamais lu après avoir vu Alceste à bicyclette.
Alceste est en conflit avec le monde et notamment l’hypocrisie dont font preuve ses concitoyens les uns envers les autres. Célimène dont il est amoureux, n’échappe à sa franchise surtout après avoir appris la traîtrise de celle-ci.
J’ai vraiment bien apprécié cette comédie, même si j’ai une préférence pour les passages entre Alceste et Philinte, je pense que c’est à cause du film où Lambert Wilson et Fabrice Luchini jouent tour à tour ces deux personnages.
Paris dans les eaux profondes de l'euphorie
Est-on descendu dans les rues de Doha pour fêter le sacre du Paris-Qatar-St-Germain ? A-t-on scandé "Paris est Champion" dans les rues balayées par les vents chauds du désert ?
Je ne crois pas.
Paris, qui n'a plus rien de parisien (le Royal Monceau est également propriété du Qatar), a remporté le championnat de foot français avec son cortège de stars peu sympathiques. Je dois dire que cette information ne me fait ni chaud ni froid. Juste un peu agacée.
Agacée que le Monde se plie, tenu par les couilles du pétrole, à ce petit état qui rejette le plus CO²/hab. dans l'atmosphère, qui emprisonne et condamne les homosexuels à de lourdes peines et où les femmes n'ont pas le droit de sortir seules. Ah, et la liberté d'expression, ce n'est pas non plus encore le top là-bas. Mais ça au PSG-Qatar&Co, ils s'en foutent.
Mais bon, je ferais bien de fermer ma gueule, indirectement, je travaille pour le Qatar moi aussi ; à cela près que 1) je ne gagne pas 250 000€/mois ^^ (à noter qu'ils sont quand même 11 à gagner entre 280 000 et 1 375 000€/mois, des broutilles quoi !) et que 2) je n'ai pas vraiment le choix.
Le Qatar va finir par tout grignoter et au nom du St Graal le Dollar, nous acquiesçons.
Déjà partie pour ailleurs
Pause.
Trois jours (entre parenthèses). Des kilomètres prévus. Moins sanglant que Sailor & Lula. Le soleil en espérance, l'asphalte qui défile. La mer au bout. Par-là, ailleurs, plus loin. Au devant.
Parce qu'un bon repas clôture un bon week-end...
~ Rôti de veau aux morilles - cueillies dans les bois hier - et pommes de terre ~
Vu, Lu, Entendu
Mois d'Avril : 11 films - 1 pièce de théâtre - 2 bds - 9 livres - 4 films revus
New Day
La tête profondémment dans le coltar ce matin. Plus dur qu'hier de se lever et je le sens, moins dur que demain. Le chat scrute mon bol de céréales, impossible de garder les yeux réellement ouverts. Marre d'avoir des nuits hachées, rester éveillée, se tourner dans tous les sens entre 3h30 et 5h. Marre du travail. Marre d'avoir mal au ventre. Marre d'en attendre trop des gens. Marre de ma voisine qui passe l'aspirateur 4/5 fois par semaine entre 8 et 9h, week-end compris.
Aujourd'hui, je ne le sens pas, je suis ailleurs, partie trop loin. Gestes automatiques et goût dégueulasse dans la bouche. Les choses s'enchaînent avec la perversité d'un cercle vicieux. Je suis dans le noir jusqu'au cou, des livres aux films aux jeux vidéo. Trop de noir. Mais l'ambiance répond à l'humeur. Il pleut depuis des jours, le chat miaule et les céréales ramolissent dans mon bol.
Aujourd'hui, je voudrais simplement me coucher et dormir en attendant le jour Nouveau.



















































