Revoir un Printemps

25 avril 2017

Non mais sérieusement manifester contre Le Pen, je veux bien c'est même obligatoire, surtout pour tous les petits cons qui votent FN "parce qu'on a jamais essayé" mais franchement manifester contre Macron, c'est un peu... non ? Vous croyez vraiment que Macron sera pire que Jacques Chirac ?! Vous vous reconnaissiez mieux dans ce papy de la République que dans un futur jeune président qui pourrait vraiment apporter quelque chose de neuf ?
Et je ne dis pas ça uniquement parce que j'ai voté - et voterais - Macron dans deux semaines. Je trouve ça juste trop radical, on ne peut franchement pas comparer ces deux programmes, ces deux personnalités. On doit manifester contre la haine et l'extrêmisme.  Pas risquer de les amener au pouvoir en décriant le candidat adversaire sous prétexte qu'il a été banquier, riche, ou jeune, ou pour je ne sais quelle raison encore.

Posté par Zofia à 11:41 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

24 avril 2017

Faire le bon choix

On est lundi 24 avril, le premier tour de l'élection est passé. Et le résultat me satisfait d'un côté mais m'écoeure vraiment de l'autre. D'abord, je suis contente car Macron est au second tour, c'est le candadit que j'avais choisi, pour de très nombreuses raisons, ce n'était pas seulement un vote par défaut, Hamon ne m'inspirait pas tellement et Mélenchon... Non, je suis plutôt convaincue par Macron, et même si pour beaucoup, c'est un candidat vendu aux banques, aux lobbys, aux financiers, je le crois suffisamment intelligent pour être réellement au-dessus de tout ça. En France, de toutes manières, on a un problème avec les gens qui gagnent de l'argent....
J'ai eu très peur toute la journée du résultat, j'avais peur d'un second tour entre Fillon et Le Pen, voire entre Mélenchon et Le Pen, ce qui aurait été un peu mieux mais guère mieux quand même vu les positions radicales de Mélenchon...
Je m'attendais à ce que Le Pen soit au second tour mais j'espérais de tout coeur, vraiment de tout coeur, que les français ne montrent pas à quel point ils sont stupides. Et j'ai été déçue. Les français sont stupides et racistes. Je peux comprendre que certains points du programme de Le Pen parlent aux français, par exemple l'agriculture. Mais tout dans son programme n'est que haine et repli sur soi. Quand est-ce que les gens comprendront que le futur c'est l'ouverture d'esprit ? Je suis écoeurée parce que voter pour Le Pen, c'est faire le choix de la haine, c'est faire le choix d'une France qui rétrograde...
Je suis terriblement triste que ce soit dans cette voie-là que s'engage la plupart des français.... j'ai versé quelques larmes de dégoût sur ce choix extrême, personne ne devrait oublier que ce parti est un parti haineux, xénophobe, sexiste, raciste, homophobe. Personne. Si on est pas content du gouvernement ou des politiques, il y a d'autres choix à faire que de voter pour cette haine.
Je suis même pas choquée, tant je m'y attendais. Mais je suis tellement triste de ce visage qu'offre la France, qu'offre notre République. Dans ma ville et mon département, aucune surprise, le FN est largement en tête. C'est quelque chose que je sens au quotidien, les gens n'ont plus aucune honte de dire des insanités racistes pour justifier tous leurs maux. Voter pour le FN, c'est oublier ce que peut engendrer la haine de l'autre.
On peut ne pas aimer Macron, même si j'ai confiance en lui, je pourrais être déçue, mais on ne peut pas laisser le FN passer... si cela devait arriver, je ne sais pas ce que je ressentirais...

La liberté guidant le peuple

22 avril 2017

Meurtres pour rédemption de Karine Giebel, déstockage de PAL en duo

destockage-pal-duo-an-2-600x268

Meurtres pour rédemptionMarianne a 20 ans. 20 ans et déjà plusieurs années de tôle derrière elle. Et comme avenir, toute une vie en prison. Perpétuité. Pas d'espoir, des murs pour seule horizon. Matons et prisonniers comme seuls compagnons. Marianne est une boule de nerfs, prête à exploser à chaque seconde, seule la came la canalise un peu. Mais un jour, un léger espoir se profile comme une chance insaisissable.... mais le prix à payer est terrifiant, mais Marianne veut tenter le coup, en prison, elle ne survivra jamais...

Oh mon dieu ! Meurtres pour rédemption de Karine Giebel va vous en mettre plein la tête ! Une sorte de coup de poing qui dure 1000 pages ! Ce n'est pas la première fois que Karine Giebel me malmène mais là, elle s'est quand même surpassée. Elle décrit un monde carcéral, impitoyable, dur, sans concession, même si certaines personnalités - Justine, VM, Emmanuelle, Daniel - apportent de la lumière dans ses terribles ténèbres. Et soudain, sous l'apparence de trois policiers un peu spéciaux, Marianne a la possibilité de passer un marché qui lui permettra de retrouver la liberté. Un marché risqué avec un coût à payer, un marché qui laissera des traces pour Marianne, pour Laurent, Franck et Philippe, les flics.
Le roman se divise en deux parties : celle à l'intérieur de la prison et celle à l'extérieur, dans un autre type de prison où Marianne attend de payer le prix de sa rédemption. On pourrait penser que la partie à l'extérieur nous permettra de respirer un peu après les horreurs carcérales, et bien non. Karine Giebel ne nous laisse aucun répit, et l'attente se révélera aussi violente que la prison.
Comme une nouvelle fois, dans les romans de Karine Giebel, ses personnages ne sont jamais tout noir ou tout blanc et leurs ambivalences sont très fortes et très bien exploitées par l'auteur. Marianne est une criminelle, quelqu'un de froid, de dur, de distant, une jeune femme dont la maîtrise des arts martiaux est une arme et pourtant, elle est aussi si fragile, si seule, elle a tellement manqué d'amour, d'un regard bienveillant qui aurait pu la canaliser. De même que Daniel, le maton en chef ou le trio de flics, à priori les "gentils" de l'histoire mais qui peuvent se montrer violents, intraitables, cassants.
Meurtres pour rédemption est une histoire violente, mais une histoire violente qui a du sens, une direction. C'est dur, on pleure, on crie avec Marianne, on perd pied, on n'a plus de force, plus de courage, on résiste, on lutte. Meurtres pour rédemption vous fait ressentir tout ça jusqu'au plus profond de votre corps. J'ai vraiment beaucoup aimé Marianne, on l'aime, on veut la sauver mais en même temps, elle nous terrifie, nous impressionne, c'est un personnage complexe, touchant, qui a été bien trop tôt attrapé par la violence. 
Malgré ses presque 1000 pages, Meurtres pour rédemption arrive à maintenir un suspense constant et implacable. Toutefois, j'aurais aimé que les souffrances de Marianne soient un peu abrégées vers le milieu du roman mais Karine Giebel ne nous le permettra pas.

Logo Polars2

Logo Dames en noir

 

20 avril 2017

P'tits nouveaux

20170418_164747

Parce qu'il faut bien savoir se remonter le moral ! ;-)

Posté par Zofia à 08:13 - - Commentaires [8] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,
18 avril 2017

Partir droit devant

Je ne sais pas, je m'engouffre, depuis quelques jours j'ai du mal à faire ça, du mal face au quotidien, si lassant, recommencer chaque jour les mêmes tâches. nettoyer, encore et encore. Faire attention à ne pas salir pour ne pas regretter tout le travail et le temps passé le matin même. Se sentir comme si je construisais un mur qui était démoli chaque nuit. Trouver toujours des choses bonnes et équilibrées à faire à manger TOUS les jours de TOUTE l'année. Pas de week-end, pas de jour férié, pas de vacances. D'habitude j'arrive à prendre un peu de recul et trouver du réconfort dans l'à côté du quotidien, mais là. le contexte environnant me pèse encore plus et j'ai envie de penser, à quoi bon ?
J'ai envie que l'élection soit passée car je n'en peux plus de voir leurs sales gueules à tous, l'extrême droite me fait toujours plus gerber, les républicains sont des voleurs sans aucune honte, l'incarnation du parti communiste par Mélenchon m'effraye avec son projet de démilitarisation et de sortie de l'europe, quant à Hamon, il est bien, bien trop loin pour espérer quelque chose. Depuis plusieurs mois, mon choix se dirige tranquillement vers Macron, je ne suis pas à 100 % d'accord avec toutes ses idées mais il a la jeunesse, et l'envie. Et puis il est un des rares à ne pas passer son temps à chier sur les autres et à reporter la faute sur tout le monde. Sans compter que c'est sans doute le plus intelligent de tous et que c'est finalement un qui incarne le mieux un possible changement. Non, vraiment plus ça va, plus je l'apprécie.
Mais il y a malgré tout une animosité terrible entre tous les candidats, qui apesantit l'ambiance.
Je me sens perdue et effrayée par toute cette haine qui surgit chaque jour un peu plus. Cette haine et cette tension internationale. Quand tu te réveilles un matin et que Trump a décidé d'envoyer 60 missiles en Syrie, comme ça sur un coup de tête. Et si demain il faisait pareil avec la Corée du nord ?
Je voudrais juste monter dans un train, tout oublier, faire comme si tout ça n'existait pas, faire comme si tout ça n'était pas important. Passer directement au mois de juin. Espérer que les choses se fassent seules, le ménage et le reste, version les trois fées dans La belle au bois dormant. Monter dans un train, regarder le paysage défiler, ne plus penser, ne plus avoir peur. Tout cela me pèse franchement...

Go


14 avril 2017

Comme son ombre de Val McDermid

Comme son ombreCharlotte Flint, psychiatre, est actuellement suspendue pour une expertise plus que contestée par ses collègues et par le public. En repos forcé, elle reçoit une enveloppe contenant des coupures de presse sur le meurtre de Philip Carling, battu à mort le jour de son mariage et retrouvé dans un étang à Oxford. Intriguée, Charlie s'interroge, qui a bien pu lui envoyer ces coupures et surtout, pourquoi ? Charlotte décide d'enquêter et va pour cela, se replonger dans son passé universitaire à Oxford.

J'ai lu assez rapidement ce roman de Val McDermid, bien qu'il contienne plusieurs coquilles et des tournures de phrases un peu bizarres "je me suis laissé tomber amoureuse de Jay assez vite."
Dans ce roman, l'auteure alterne les chapitres du point de vue de Charlie et ceux du point de vue de Jay, nouvelle compagne de Magda, veuve de l'homme assassiné. A travers ces chapitres, Jay nous raconte son histoire par le biais de l'autobiographie qu'elle est en train de rédiger. Ca permet de voir les deux aspects de l'histoire. Je n'ai pas été hyper emballée par ce thriller, c'était pas mal mais sans plus, tout le long, j'ai un peu attendu que ça commence...
J'ai trouvé que le côté thriller était quand même assez léger et que le roman s'axe beaucoup sur le couple de Charlie qu'elle forme avec Maria et la tentation qu'elle ressent pour Lisa, j'ai bien aimé ces passages. Tout comme j'ai bien aimé Charlie, son enquête, son association avec Nick mais bon, voilà, rien de plus, même la révélation finale ne m'a pas plus surprise que ça...

Logo Polars2

11 avril 2017

Saez, le Dôme, Marseille

Pour la quatrième  fois, j'ai vu Saez en concert. Samedi soir, plongée dans son univers pendant plus de 3h, immergée dans une voix que je connais depuis longtemps maintenant, tombée en transe, j'en ai pris plein les oreilles. Toujours le même plaisir, toujours la même émotion et toujours la même rage. Un concert survolté. J'avoue, j'avais hésité à y aller, n'étant que moyennement emballée par les vidéos en noir et blanc du Manifeste, avec un Saez en clown triste plantant des fleurs sur une plage... j'avais un peu peur de tomber sur un concert à cette image. Mais pas du tout, c'était un concert vraiment vraiment bon, engagé, fort, rythmé mais loin d'être dénué d'émotions, notamment avec Les enfants paradis au début, en hommage aux victimes du Bataclan, et en concert, ça colle bien des frissons, et avec Tu y crois, pour finir.
Et comme à chaque fois, la force de sa voix m'a juste emportée pendant 3 heures, complètement hypnotique, les paroles de ses chansons me font toujours autant d'effets, comme une caresse au bas du dos. Secouée. Et comme à chaque fois, je plonge dans une spirale saezienne, où j'ai juste envie d'écouter ses chansons en boucle, sans sortir, sans parler, juste lui et moi. Je devrais y être habituée mais pourtant la force avec laquelle ces sentiment me submergent me surprend toujours. Je ne sais pas résister à sa voix. Je suis totalement... engloutie. J'assume ce côté un peu groupie, et je me laisse totalement porter par cette mélancolie. J'veux m'enfermer avec sa voix au plus profond des oreilles car ses textes me parlent, aussi bien ceux rocks et engagés que ceux poétiques et tristes. Je ne peux m'empêcher. A vrai dire, je ne veux pas m'en empêcher.

10 avril 2017

Vu, Lu, Entendu

Mois de Mars : 13 films - 5 séries - 1 téléfilm - 10 livres - 1 bd

The AmericanLe dernier pub avant la fin du mondeLe dernier diamantChronique d'un scandale

ImogèneCracksLe dernier des mohicansBetty

trainspotting-posterAlexandra David-NeelCafé de Flore

La bête curieuse Elementary S4

Beau SéjourColony Saison 1Bosch Saison 2Les témoins Saison 2

World War ZLa disparue du désertmortendiretcL'étoile de Strindberg

DriveFaux-rebondUne rose au paradisLe pas suspendu de la révolte

Comme son ombreMutafukaz T4

 Coups de Coeur

Les figures de l'ombrePatients

Océan-au-bout-du-chemin-Gaiman

 Lectures en cours

 Meurtres pour rédemptionJournal Anne Frank

Posté par Zofia à 15:37 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , ,
09 avril 2017

Le pas suspendu de la révolte de Mathieu Belezi

Ma libraire m'avait prévenu que ce roman était assez dur et un peu spécial, j'ai quand même choisi de le prendre car j'étais intriguée par la couverture et par son ressenti. Au final, je l'ai terminé cette semaine et j'avoue ne pas arriver à me faire d'idée sur ce roman...

Le pas suspendu de la révolteThéo, marié, père de deux enfants, quitte un beau jour le domicile conjugal, cherchant à fuir une vie qui l'étouffe, ce n'est pas seulement sa femme qu'il quitte, c'est toute sa vie. Il part, seul, sur les routes, passant sa journée au volant, ses courtes nuits dans des hôtels à boire et à fumer.

Voilà, le postulat de départ que je peux donner pour ce roman, il s'agit pourtant de la première partie dont l'histoire nous est racontée du point de vue de Théo. Cinq autres parties suivront, toutes racontées à la première personne, respectivement par Laure, sa belle-soeur, Maurice, le grand-père de sa femme, Romain, le fils de Laure, Clara, sa femme et enfin Nicolas, son beau-frère ; toutes se chevauchant légèrement au niveau de la temporalité, avec comme événement central l'anniversaire de Lucie, la fille de Théo.
Vous l'aurez compris Le pas suspendu de la révolte est un roman de famille, une famille étrange, qui malgré les années n'a jamais vraiment su s'apprécier, une famille où la violence est au centre de toutes les relations. Les parents de Clara, Laure et Nicolas sont aussi présents dans le récit et ils sont eux aussi vecteurs de cette violence. Violence des mots, violence physique, incompréhension, violence conjugale... sans oublier la position absolument machiste et rétrograde des hommes qui sont tout à la fois violents et infidèles, rendant leurs femmes responsables de ces déviances.
Je ne saurais dire si j'ai apprécié ce roman/thriller car c'est un récit assez dur, très sexuel, assez cru, aucun des personnages n'est attachant, le sexe est une sorte d'exutoire à cette violence, mais il se fait de manière également très violente. C'était une lecture troublée. On sent que les comportements des personnages prennent racine dans leur enfance, leur éducation, et entraînent des terribles conséquences.
A travers cette tragédie familiale qui se noue autour de Clara et Théo, un tueur en série parcourt les rues de la ville, violant et tranchant la tête de jeunes femmes ou hommes, la mention "Réveillez-vous" inscrite sur leurs corps abandonnés. Pour tout dire, le livre s'ouvre sur un scène de viol... En plus de ce tueur en série qui est une sorte de fil rouge, il y a des nombreux autres éléments policiers : trafiquant de drogue recherché, voleur à la tire, un duo de tueurs sanguinaire...
Et pour être honnête, cela fait un peu beaucoup pour un seul livre, surtout qu'on reste franchement sur sa faim.... *spoiler : pourquoi lors de la partie consacrée à Nicolas il n'est jamais fait mention du duo de tueurs alors qu'il est policier ? qui est ce mystérieux tueur en série ? et pour quelle raison fait-il cela ? est-ce vraiment Théo ?*
Le pas suspendu de la révolte est un roman plein de violences que je ne conseillerais pas à tout le monde, une partie est particulièrement sordide, la première est celle que j'ai le plus appréciée et je regrette que l'auteur n'ait pas choisi de faire de Théo, le personnage principal de ce roman. J'ai détesté celle du grand-père dans sa maison de retraite de luxe pour centenaires, le grand-père est un personnage assez cru et pervers, qui paye toutes les femmes pour qu'elles se laissent tripoter, et aucune ne refuse...
J'ai cherché partout cette révolte, que j'attendais sociale surtout après la première partie, j'attendais une révolte sur la famille traditionnelle, sur une envie d'une vie plus libre et dénuée des carcans sociaux, mais c'est une révolte familiale qui nous est donnée, et finalement, je trouve qu'il n'y a pas tant de révolte que ça, car les personnages impliqués continuent de jouer ce jeu sordide...

Je suis assez habituée à lire des romans violents mais là, ça m'a pesé, c'était presque trop lourd pour moi, ce qui fait que j'aurais quand même du mal à garder un autre souvenir de ce roman...

Logo Polars2

06 avril 2017

Avis groupés XII

Faux rebond Harlan Coben

Faux-rebond

Myron Bolitar, ex-star du basket, ex-agent du FBI, s'est reconverti en agent de joueur, quand il est sollicité par un manager d'une équipe de basket pour faire son come-back, sous couvert de retrouver une des stars de l'équipe Greg Downing, ex-rival de Bolitar sur les parquets. Une disparition, du basket, une histoire tranquille mais qui se complique avec un meurtre...

Un nouveau Coben pour moi et le dernier dans ma PAL, et c'est tant mieux car Faux rebond m'a pas mal déçu. L'intrigue est à la fois moyenne et tirée par les cheveux, habituellement, j'aime bien Myron Bolitar, son humour et son acolyte, Win, mais là, il en fait beaucoup, beaucoup trop. Les seuls passages que j'ai trouvé plutôt sympas et intéressants sont ceux qui parlent de Bolitar, de son passé, de sa carrière brisée de joueur professionnel, mais sinon c'est vraiment loin d'être un thriller mémorable.

L'étoile de Strindberg Jan Wallentin

L'étoile de Strindberg

Un plongeur de l'extrême découvre au fond d'une mine inondée de Suède le corps d'un homme, son état de conservation est tel que les questions se bousculent. Erik, le plongeur, rencontre sur le plateau d'une émission de télé un historien spécialiste  en mythologie et occultisme, Don Titelman. Il lui confie qu'il a ramené un objet des profondeurs, une croix convoitée par de nombreuses personnes...

Comment dire, je suis plutôt partagée sur ce roman, thriller fantastico-ésotérique. Il y a des choses intéressantes comme la mythologie des nazis, les symboles, le passé de Titelman, sa quête pour savoir qui le chasse et qui le menace, mais c'est un peu brouillon par moments, ou plutôt il y a trop de thèmes mélangés. Il est pas mal question de mythologie nordique, ce qui est plutôt intéressant car on n'a pas vraiment l'habitude d'en lire. Mais la fin est vraiment décevante... je ne m'attendais pas à cette dérive dans le fantastique, je ne sais pas. Bref, L'étoile de Strindberg est loin d'être un coup de coeur et ce thriller ne va pas rester longtemps dans ma bibliothèque !

Logo Polars2

 

05 avril 2017

Lecture commune : Le journal d'Anne Frank

Lecture commune

Nous revoilà avec une nouvelle lecture commune que nous allons commencer lundi 10 avril, il s'agit du célèbre Journal d'Anne Frank. Je n'ai encore jamais lu ce récit si particulier et si connu, j'en connais des extraits mais c'est tout, et pour Audrey, ça sera une relecture.
Cela fait un moment maintenant que je veux lire ce roman, d'abord parce que c'est un témoignage qui me semble nécessaire et parce qu'il fait partie de la fameuse liste des cinquantes livres du siècles. Toutefois, je ne sais pas si j'aimerais ce récit, le côté journal intime ne m'attire pas vraiment mais je vais essayer et si tout se passe bien, vous aurez mon avis dans la foulée ;-)
Et si vous voulez vous joindre à nous, n'hésitez pas !

Journal Anne Frank

03 avril 2017

Drive de James Sallis, déstockage de PAL en duo

J'ai évidemment vu - et adoré - le film de Nicolas Winding Refn avec Ryan Gosling, lorsque je l'ai acheté en dvd dans un coffret, le livre de James Sallis était compris dedans. Je l'ai peu à peu oublié et laissé descendre dans les profondeurs obscures de ma PAL... et grâce au Déstockage de PAL en duo, je l'ai enfin lu !

Drive

Sud-Ouest des États-Unis, le Chauffeur est cascadeur pour le cinéma le jour, et chauffeur pour des braquages la nuit. Une double vie qui s'écoule plus que paisiblement jusqu'au moment où les choses tournent mal et où le Chauffeur se retrouve dans un motel à regarder grandir une flaque de sang qui s'étale vers lui...

Connaissant déjà l'histoire et le héros, je n'ai pas eu de surprise par rapport au récit et/ou au personnage principal. Je savais que Drive, c'était une histoire plutôt noire mais simple. Toutefois, il existe pas mal de différences entre l'histoire de James Sallis et le scénario de Nicolas Winding Refn, notamment les éléments qui amènent les choses à tout foirer. J'ai aimé le livre, j'ai aimé sa construction par flash-backs, même si une ou deux fois je n'arrivais plus à me situer dans le temps, j'ai aimé le héros, même si James Sallis limite aux maximum les informations sur lui. Ce genre d'histoire peut fonctionner sur un petit nombre de pages (175), ça ressemble davantage à une grosse nouvelle qu'à un roman où les personnages seraient développés à fond. Ça se lit vite, j'ai aimé les passages sur la mère du Chauffeur puis sur ses parents adoptifs. On se sent immergé dans les villes décrites par l'auteur, comme un passager invisible sur le siège du Chauffeur, j'ai été touchée par sa jeunesse et sa solitude. J'ai aimé les ambiances de Los Angeles, la nuit lorsque le Chauffeur sort, ces restaurants, ces bars, ces quartiers, cette authenticité finalement.
Je suis également contente d'avoir laissé passer (beaucoup) de temps entre ma lecture du livre et le film, ça m'a permis de me détacher de l'histoire et de commencer le livre sans souvenirs trop prégnants.

destockage-pal-duo-an-2-600x268






Logo Polars2

27 mars 2017

Mort-en-direct.com de John Katzenbach

mortendiretcLe professeur Adrian Thomas apprend qu'il est atteint d'une maladie dégénérative du cerveau, il perd peu à peu la mémoire et en sortant d'un rendez-vous avec son médecin, il décide de mettre fin à ses jours tant qu'il est encore lucide. Mais en rentrant, il voit une adolescente se faire kidnapper. Seul à croire en cet enlèvement et à la possibilité que la jeune fille soit toujours en vie, Adrian s'allie à un délinquant sexuel pour retrouver Jennifer...

Si vous trouvez que le résumé est tiré par les cheveux, le bouquin l'est encore plus !
J'ai lu Mort-en-direct.com en 2/3 jours, non pas que je l'ai dévoré tant je l'ai trouvé bien, non, plutôt parce que je l'ai lu en diagonale, sautant de très longs passages, ce qui d'habitude ne m'arrive jamais !
J'ai trouvé que ce roman de John Katzenbach était franchement nul et absolument pas crédible ! Notre "héros" est un vieillard, qui perd la mémoire, qui a des hallucinations et parle avec ses proches disparus pendant de longues, longues pages. Ces disparus vont le pousser à mener sa propre enquête et lui insuffler du courage quand il en manquera. Ça n'apporte rien du tout au récit, de toute manière, le fait que ce vieux bonhomme mène une enquête et retrouve un couple de pervers à lui tout seul n'est pas crédible. Et ça l'est encore moins quand Adrian "engage" un pédophile pour l'aider...
Dans ce thriller, on suit donc différents narrateurs : Adrian, Terri la policière, Jennifer, et Linda et Michael, le couple de kidnappeurs.
La pauvre Terri s'en fout complètement de Jennifer, elle pense uniquement à sa carrière et elle reste persuadée que Jennifer a fugué... Adrian, j'en ai déjà parlé. Le couple formé par Linda et Michael aurait pu être angoissant, malsain, démoniaque, mais non ils sont juste dans une pure logique commerciale qui est de vendre la mort en direct via internet... Ils ont un mauvais fond mais franchement quand on comprend ce qu'ils veulent faire avec Jennifer, on s'attend à autre chose ! : "Très souvent, Linda rêvait à sa propre célébrité. Si des gens pouvaient apprécier le succès de Mort-en-direct.com, ils écriraient peut-être un article sur Michael et elle dans Us ou dans People. Elle était consternée par le fait que la nature criminelle de leurs activités leur interdise d'être célèbres." Et moi j'étais totalement consternée d'être en train de lire un livre aussi mauvais avec de pareilles réflexions de la part de soi-disant pervers !
La seule qui tire un peu son épingle de ce médiocre thriller est Jennifer, qui est une adolescente mal dans sa peau, mais forte et qui va résister et tenir. Mais malgré cela, on est même pas angoissé à l'idée de savoir si oui ou non Jennifer va finir par être sauvée, on veut juste arriver à la fin le plus vite possible. Sans compter des incohérences dans le récit, les passages en italique sur les spectateurs du show, les intrigues avancées mais pas résolues (le problème avec Jennifer et son beau-père ?), bref,  Mort-en-direct.com est un livre dont vous pouvez tout à fait vous passer !

Logo Polars2

25 mars 2017

La disparue du désert de Zoë Ferraris

Il y a quelques temps, je me demandais si j'allais poursuivre cette lecture au vu du contenu religieux et moralisateur concernant les femmes. Finalement, j'ai passé les 100 pages et j'ai eu envie de continuer, j'ai donc lu La disparue du désert en entier, et dans l'ensemble j'ai plutôt bien aimé.

La disparue du désert

Nouf, la fille aînée d'une riche famille saoudienne, disparaît quelques temps avant son mariage. Des recherches sont entreprises par la famille, accompagnée d'un guide, Nayir. Nouf est retrouvée morte, noyée, dans le désert. Bouleversé par ce décès et par ce que suggère sa fugue, Nayir se sent en devoir d'enquêter pour découvrir la vérité.... surtout que la famille a décidé d'étouffer l'affaire.
Nayir va trouver une alliée inattendue en la personne de Katya, jeune femme moderne, progressiste, technicienne à la morgue et future femme d'Othman, le frère de Nouf.

Pourquoi Nouf s'est-elle enfuie à quelques jours de son mariage, qu'elle avait pourtant l'air de désirer ? Est-ce un accident, un enlèvement, une fugue ? les questions sont nombreuses et la famille a choisi la politique de l'autruche et de ne pas se préoccuper plus que ça de la mort de leur fille. Ce sont donc deux "étrangers" qui vont mener l'enquête, Nayir, un très bon ami d'Othman, et Katya, la future femme de celui-ci. Un couple assez mal assorti car Katya est aussi moderne que Nayir est pieux et il va lui être bien difficile d'accorder son attention à une femme mais également de faire face au poids religieux, terriblement présent en Arabie Saoudite. En effet, on y découvre la vie quotidienne à Jeddah et la complexité d'une vie dans un tel pays. Les femmes n'ont pas le droit de conduire, ni de sortir seule dans la rue ou dans des lieux publics, elles n'ont pas le droit de travailler - il y a des modifications sur ce point-là durant ces dernières années - elles n'ont pas le droit d'avoir un compte en banque et ne peuvent pas sortir du pays. Et si les femmes ne sont pas considérées comme des citoyennes, les hommes qui se trouvent avec des femmes sans lien de parenté peuvent faire face à la police religieuse... Sans oublier que les hommes et les femmes vivent dans des pièces séparées, ne se croisent presque pas et se parlent encore moins.
L'enquête est assez intéressante, on entre au coeur d'une puissante famille saoudienne, très riche, très pieuse, empêtrée dans des traditions d'un autre siècle, totalement incapable de vivre au 21ème siècle. J'ai beaucoup aimé le personnage de Katya, elle a 28 ans, n'est pas encore mariée et travaille. Deux choses assez mal vues en Arabie Saoudite, en effet, il faut que les femmes soient mariées jeunes, fassent des enfants et surtout ne fassent rien d'autre de leur vie. Ça m'a plu de suivre un personnage en quête d'indépendance, de voir à quel point le chemin est long et difficile pour faire un peu évoluer les mentalités, autant de la part des hommes que de la part des femmes. Ce qui est intéressant dans ce livre, c'est de voir à quel point toute la société est conditionnée et n'arrive pas à se sortir de ces traditions dépassées. Nayir se surprend à regarder Katya, et immédiatement il se sent coupable, il a honte, il prie pour s'absoudre de ce péché. Tous les comportements découlent des ces principes religieux extrêmes.
Quant à l'intrigue, elle est assez intéressante car Nouf était un personnage aux multiples facettes qu'il est agréable de découvrir. Un thriller dépaysant par le lieu, qui permet de découvrir un peu mieux une société que l'on connaît finalement peu ici, en France, et une intrigue familiale sournoise.

Logo Dames en noir

 

 

 

Logo Polars2

 

23 mars 2017

Bondrée d'Andrée A. Michaud

BondréeA l'été 67, une jeune fille disparaît dans les épaisses forêts entourant Boundary Pond, un lac aux confins du Québec, rebaptisé Bondrée par un trappeur enterré depuis longtemps. Elle est retrouvée morte, sa jambe déchirée par un piège rouillé. L'enquête conclut à un accident : Zaza Mulligan a été victime des profondeurs silencieuses de la forêt. Mais une deuxième adolescente disparaît...

A Bondrée, c'est l'été, le temps s'écoule lentement comme un paisible ruisseau, les enfants jouent dehors, tard le soir, courent dans la forêt, se baignent dans le lac, les parents font des barbecues, boivent des bières sur les terrasses, font quelques parties de pêche, et Zaza et Sissy promènent leurs belles jambes fines et bronzées parmi les bois de Bondrée. L'atmosphère est calme. Zaza et Sissy, des amies si proches que l'on dirait des jumelles, fredonnant Lucy in the Sky with Diamonds, osant le short trop court et la peau un peu trop dénudée.
Mais soudain, Bondrée se couvre, Sissy a perdu sa Zaza, et les choses ne seront plus jamais les mêmes, la peur s'empare des vacanciers.

Boundary Pond est un petit lac qui existe réellement et qui se situe à la frontière entre le Canada et les États-Unis, un îlot sauvage peuplé de quelques chalets et de magnifiques forêts. C'est dans ce cadre qu'Andrée A. Michaud situe son intrigue, un cadre qui va absolument participer à l'intrigue, un cadre bucolique, sauvage mais qui peut se recouvrir d'un voile d'angoisse, d'un passé sombre. La plume d'Andrée A. Michaud m'a vraiment plu, certes le récit est plutôt lent, mais il y a une vraie poésie dans ces phrases et un côté authentique. En effet, le récit se compose de deux narrateurs, un narrateur extérieur et une petite fille presque sortie de l'enfance qui nous raconte sa version des choses à la première personne et qui se nomme Andrée...
J'ai beaucoup aimé suivre cette petite fille, à la frontière d'un changement, à la fois toute excitée et effrayée par l'enquête. J'ai aimé sa façon de penser, sa façon de s'exprimer, son admiration touchante pour Zaza et Sissy. Les autres personnages sont également très intéressant à suivre, l'inspecteur Stan Michaud et son traducteur non officiel Brian LaRue, les parents d'Andrée, Frenchie, et les différentes familles qui vivent à Bondrée. J'ai adoré toutes les références musicales et autres aux années 60.
Bondrée est une sorte de huis-clos où la tension pèse peu à peu sur les personnages, quelque chose d'insidieux, qui se fait sans que l'on s'en rende vraiment compte. Bondrée, c'est aussi une histoire d'ambiance, de passé, de cultures, parfaitement rendus par l'auteure, qui a un style très particulier car il n'y a pas une ligne de dialogue dans le livre. Ça ne gêne absolument par le récit, son écriture, ce mélange constant de français québécois et d'anglais, ont font un récit tout à fait envoûtant.

Bondrée a reçu le Prix du Gouverneur général du Canada 2014, le Prix Saint-Pacôme du roman policier 2014 et le Prix Arthur Ellis 2015. .

Logo Dames en noir





Logo Polars2