Revoir un Printemps

12 novembre 2018

Envahissement

Ma mémoire est comme une énorme éponge, je me souviens d'une quantité incroyable de données inutiles, de données facultatives, qui me remplissent et débordent. Pourquoi je me souviens de la date d'anniversaire de Jonathan qui était avec moi en 6ème, et de manière plus générale de presque tous les anniversaires des gens que j'ai un jour côtoyés ? Pourquoi je me rappelle du prof de chant sexy d'une copine que j'ai croisé quelques fois quand j'avais 18 ans ? Pourquoi je me souviens de personnes avec qui je n'étais pas spécialement amie, avec qui je n'ai rien vécu d'intense, juste des journées de cours interminables ? Et surtout pourquoi eux ne se rappellent pas de moi ?
Il faut toujours que je me souvienne des personnes, des noms, des dates, des lieux alors même que les personnes dont je me souviens m'ont, elles, oubliées depuis des années.
Pourquoi est-ce que dans une ville de province, sur un marché, un très grand marché, sur une large place bordée de platanes, faut-il que je croise, une ancienne copine de la fac ?
En fait, ce n'était même pas croiser, frôler est plus juste, si j'avais tendu les doigts, je l'aurais probablement touchée.
Je la frôle, mes yeux la voient, mais elle, intentionnellement ou pas, ne me voit pas, ne fait aucun geste vers moi. Si elle ne me voit pas par accident, c'est tant pis, mais si elle me voit, sans me reconnaître, sans se rappeler de moi, ça m'angoisse. Même chose si elle décide intentionnellement de ne pas me reconnaître, de choisir de faire comme si elle ne m'avait pas vu. Moi, je me souviens d'elle, et aujourd'hui, plusieurs mois après, je me souviens parfaitement bien de cette rencontre fugace et inutile, de mon regard attiré par des varices sur les jambes d'une grosse femme, puis par ricochet, mes yeux ont croisé les roues d'un caddie et juste à côté, c'était elle.
Mais je ne sais absolument pas pourquoi ma mémoire, mon cerveau, va garder cette information, pourquoi elle ne sera pas archivée comme le reste.
Le pire, c'est que je n'ai pas envie de me souvenir. Je n'ai jamais vraiment été très proche de cette fille et ça m'est complètement égal aujourd'hui de la voir ou de lui parler ; mais je sais que je vais m'en souvenir pendant longtemps...
Je suis à la fois gênée par cette multitude de souvenirs, d'éléments conservés qui s'entrechoquent dans ma mémoire, tout un tas d'informations dont je n'ai que faire mais dont je ne sais pas comment me débarrasser. Et à la fois par les questions sous-jacentes qu'ils engendrent, notamment celle de l'absence de souvenirs de moi qu'ont l'air d'avoir les gens, sciemment ou non. Cela signifie-t-il que je suis si transparente ou peu intéressante que je ne laisse pas de traces ? ou cela signifie-t-il que les gens préfèrent m'éviter quand ils me croisent ? et si c'est le cas pour quelles raisons ?
Ou bien est-ce que je me fais simplement des films et que je suppute trop ? Je ne saurais probablement jamais pourquoi cette fille, avec qui j'ai pourtant fait plusieurs soirées et pas seulement à la fac mais après aussi, ne m'a pas parlé ce jour-là. Et encore moins pourquoi mon cerveau conserve toutes ces données. Je ne sais pas si de l'hypermnésie car tout ne colle pas. Je me sens pas anéantie ou submergée par ces souvenirs, je n'ai pas non plus l'impression que mes capacités intellectuelles soient réduites à cause de ça. Mais ça me soûle quand même un peu de retenir autant de choses, alors que certaines choses plus importantes ou que je souhaiterais vraiment retenir, ne s'enregistrent pas - à moins bien sûr de les apprendre par cœur. De même que j'ignore si avoir tous ces souvenirs est une chose positive ou négative. Est-ce que ma mémoire qui travaille trop maintenant saura me faire éviter les écueils de la sénilité ? ou est-ce qu'au contraire, elle sera tellement fatiguée d'avoir bossée pour rien qu'elle me lâchera plus vite que la normale ? Je me plains de trop de souvenirs, mais je deviendrais folle si je ne pouvais plus me rappeler de rien...

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09 novembre 2018

Avis groupé XIX, spécial Delphine de Vigan

Depuis très longtemps, j'ai eu envie de lire Rien ne s'oppose à la nuit et D'après une histoire vraie de Delphine de Vigan, mais c'est seulement cette année que je les ai achetés et lus. Une sorte de diptyque où l'on pourrait avoir lu le second sans lire le premier mais où l'on perdrait toute la compréhension de la dimension émotionnelle et de la fragilité de l'auteure.

Rien ne s'oppose à la nuit

Rien ne s'oppose à la nuit

Tout commence avec la mort de Lucile, la mère de l'auteure, celle-ci a choisi de ne plus vivre et devant ce deuil difficile, Delphine se sent démunie. C'est par l'écriture qu'elle va essayer de faire revivre sa mère, mais surtout de la comprendre tant celle-ci a eu une vie chaotique et un peu dissolue. Cette mère qui elle-même vient d'une famille nombreuse, chapeauté par Liane et Georges, ses parents. 

Delphine de Vigan va remonter le fil de son histoire familiale, d'abord de l'enfance de Lucile jusqu'à la sienne et au-delà, dans sa vie d'adulte. Elle va écrire pour essayer de comprendre cette mère qui lui a toujours échappée. Et quand on plonge dans les méandres d'un passé familial, on peut y découvrir certaines choses dont on soupçonnait l'existence sans en avoir de certitudes....
Au départ, j'ai eu un peu de mal avec les passages où l'auteure explique son cheminement, je voulais seulement rester avec Lucile enfant, sa famille si joyeuse et si dure, ses parents et surtout ses nombreux frères et sœurs. Mais peu à peu, je me suis laissée porter et j'ai vraiment été bouleversée par ce récit si personnel. J'ai aimé cette plongée au cœur de cette famille avec ce qu'elle a de positif, de négatif, de drames, de secrets, d'amour. Je ne crois pas avoir jamais lu de livres parlant mieux de la famille que celui-ci. J'ai même d'ailleurs du mal à en parler, à trouver les mots justes pour vous faire passer les émotions et la fascination ressenties.
Je ne comprends pas les critiques regrettant le voyeurisme dans lequel ce livre les aura plongés, je ne comprends pas, parce qu'écrire sur sa famille, écrire un récit biographique, c'est donner à voir tout ce qu'il y a à voir, même si c'est sombre, moche ou sordide. Pourquoi parler de voyeurisme en lisant un récit autobiographique ? si on ne veut pas voir, ne lisons pas car on ne sait jamais ce qu'on pourrait lire.
Ce qui m'a aussi beaucoup plu, c'est la lucidité, certains diront la froideur, de l'auteure qui n'épargne rien ni personne, qui ne prend pas de pincettes ou n'enjolive pas la vérité. Elle dit, elle écrit, elle est honnête, même quand ce n'est pas flatteur pour elle, alors qu'il serait facile de changer, ou du moins de taire, certaines choses.
J'ai aimé ce livre-témoignage, ce livre-exutoire, même si c'est parfois dur à lire, mais l'ambiance n'est pas glauque, et le livre peut aussi faire sourire. J'ai aimé cette famille, oh bien sûr, pas tous ses membres, mais j'ai aimé ce qu'il s'en dégage.

J'écris ce livre parce que j'ai la force de m'arrêter aujourd'hui sur ce qui me traverse et parfois m'envahit, parce que je veux savoir ce que je transmets, parce que je veux cesser d'avoir peur qu'il nous arrive quelque chose comme si nous vivions sous l'emprise d'une malédiction, pouvoir profiter de ma chance, de mon énergie, de ma joie, sans penser que quelque chose de terrible va nous anéantir et que la douleur, toujours, nous attendra dans l'ombre.

D'après une histoire vraie

D'après une histoire vraie

Delphine de Vigan, après le succès de son précédent livre, est dépassée et victime du syndrome de la page banche, elle est même en panique à l'idée de tenir un stylo ou de s'approcher d'un clavier. Une angoisse qui la rend plus fragile que jamais. C'est le moment que choisit L. pour faire son apparition dans sa vie. L., auteure également, nègre plus exactement, va peu à peu s'immiscer totalement dans la vie de Delphine, la rendant exsangue, faible et incapable de réagir. Mais le doute s'insinue...
Est-ce que le récit que nous lisons est réel ?

 D'après une histoire vraie, suite de Rien ne s'oppose à la nuit, suite dans laquelle, comme je le disais au début de cet article, qui sans la lecture du premier perd beaucoup de sa force. En effet, on ne pourrait comprendre la fragilité de Delphine de Vigan sans avoir lu Rien ne s'oppose à la nuit. Ce roman sur sa mère, sa famille qui l'a laissé vide de force, vide d'envie et pleine d'angoisse. Alors qu'en plus, elle n'ose plus approcher un clavier ou tenir un stylo en main, elle reçoit des lettres de menaces et ment à ses proches sur la rédaction de son nouveau livre. Elle s'enfonce dans une spirale obscure et c'est là qu'L fait son apparition et profite de ses faiblesses pour étendre son emprise sur Delphine. L. qui représente, physiquement du moins, tout ce que Delphine souhaiterait être : Combien de temps faut-il pour être une femme comme ça, me demandais-je en observant L., comme j’avais observé des dizaines de femmes avant elle, dans le métro, dans la file d’attente des cinémas, aux tables des restaurants ? Coiffées, maquillées, repassées. Sans un faux pli. Combien de temps pour parvenir à cet état de perfection, chaque matin, et combien de temps le soir, pour les retouches, avant de sortir ? Quel genre de vie faut-il mener pour avoir le loisir de dompter ses cheveux en brushing, de changer de bijoux chaque jour, d’assortir et varier ses tenues, de ne rien laisser au hasard ? Aujourd’hui, je sais que ce n’est pas seulement une affaire de disponibilité, mais plutôt de genre, quel genre de femme l’on choisit d’être, si tant est qu’on ait le choix.
Dans un troublant jeu de fascination, Delphine va laisser L. entrer dans sa vie où patiemment elle saura répendre son venin...

Bien sûr cette relation toxique est fascinante à observer, mais le talent de Delphine de Vigan est d'y associer toute une réflexion sur le métier d'écrivain et tout ce qu'il implique. Mais Delphine brouille aussi les lignes, ramenant sans cesse au cœur du récit la question de la fiction et de la réalité, la part du vrai, la part du faux, ce qui est réel, ce qui est inventé.
Au final D'après une histoire vraie est un thriller psychologique intense, troublant, où les sentiments exacerbés sont parfaitement bien décrits par l'auteure et où le lecteur oscille continuellement entre réalité et fiction.

Si à travers l'écriture tu ne cherches pas à te connaître, à fouiller ce qui t'habite, ce qui te constitue, à rouvrir tes blessures, à gratter, creuser avec les mains, si tu ne mets pas en question ta personne, ton origine, ton milieu, cela n'a pas de sens. Il n'y a d'écriture que l'écriture de soi. Le reste ne compte pas.

Deux brillants romans que je recommande totalement !

01 novembre 2018

Bilan d'octobre

Novembre

Ce mois d'octobre a été vraiment bien rempli avec beaucoup de boulot et plusieurs week-end festifs, bref je ne suis pas ennuyée, ce qui fait que je n'ai pas énormément bloggué... je vais essayer de préparer quelques articles d'avance cette semaine car je ne bosse pas et que novembre s'annonce plus ou moins pareillement chargé. Côté perso, pas grand-chose de nouveau, si ce n'est que ma soeur m'a profondément énervé. Elle m'a encore déçue sur plusieurs points. Je ne souhaite pas lui en faire part car j'estime que si elle n'est pas capable de se rendre compte de certaines choses par elle-même, c'est qu'il n'y a plus grand chose à faire... Elle peut dire qu'elle m'aime et tout ce qu'elle veut, aucun de ces gestes ou actes ne démontrent cet amour, bien au contraire. J'ai beau essayé de me détacher, je suis encore en colère vis à vis d'elle (ce qui veut dire qu'au final, je ne suis pas si détachée que ça...)
Ça fait un moment que je ne suis pas allée au cinéma et ça me manque vraiment beaucoup !! je vais essayer de remédier à ça en novembre, en tous les cas, ça ne m'a pas empêché de voir des films quand même ;-) J'ai enfin vu Mal de pierres que j'ai beaucoup aimé, même si je ne m'attendais pas du tout à ce revirement final ! J'ai également vu Les hommes du feu, un très bon film de Pierre Jolivet sur les pompiers, très intense et poignant. En série, j'ai vu la nouvelle saison de Murder et de Westworld, j'ai fini Elven et la saison 1 de The Sinner, ainsi que les saisons 3 et 4 du Bureau des Légendes (et revu la 1 et la 2 au passage), c'est vraiment une excellente série que je conseille vivement ! J'ai aussi vu la saison 5 de The Good Wife et mon dieu, quelle saison !! à part la 1, c'est peut-être la plus mouvementée et la plus choquante des saisons (et puis il y a Matthew Goode dedans, et oh mon dieu...!)
En termes de lectures, je pensais à avoir fait un bon mois, mais au final, je n'ai lu que 6 livres, ce qui n'est vraiment pas énorme...
J'ai enfin réussi à aller au bout du premier tome du Seigneur des Anneaux ! j'ai bien sur apprécié l'histoire et malgré une lecture parfois laborieuse, j'ai pris beaucoup de plaisir à aller à travers la Terre du Milieu avec Frodon et la communauté de l'anneau. J'en ai profité pour lire deux Stephen King, et si j'ai beaucoup aimé Salem, j'ai vraiment adoré Joyland ! Je reste par contre assez perplexe après ma lecture de Chanson douce de Leïla Slimani...

Mois d'Octobre : 4 films - 6 séries - 6 livres

film nov

livre nov

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Tuez qui vous voulez_reduit

Etat d'urgence_reduit

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22 octobre 2018

Salem de Stephen King

Nouvelle lecture pour le challenge des Douze Thèmes avec un Stephen King pas tout récent, Salem !

Ben Mears, écrivain à succès, revient à Salem pour y rédiger son nouveau roman. Il envisage de loger à Marsten House, une étrange demeure en surplomb de la ville, chargée d'un lourd passé. Mais Marsten House vient d'être vendue à un certain Monsieur Straker.
Ben décide de s'installer dans une pension et commence une vie tranquille entre la rédaction de son roman et son amourette avec Susan.
Mais un jour, Ralphie Glick, disparaît et son frère, Danny sombre dans un coma inexplicable. Inconsciemment, c'est vers Marsten House que se tourne Ben, l'horreur ne fait que commencer à Salem...

Salem

C'est avec un peu de crainte que j'ai commencé Salem, oh pas une crainte de ne pas aimer, mais plutôt celle d'avoir peur en le lisant !! (oui, je suis un peu chochotte sur les bords ^^) J'ai donc lu en journée, et jamais juste avant de dormir et si je n'ai pas eu la peur de ma vie, je dois dire que plusieurs passages de ce livre sont quand même assez flippants !! (mention spéciale au petit Glick qui vient faire un petit coucou à la fenêtre de Mark Petrie...)
On débarque donc à Salem en compagnie de Ben, un jeune auteur sympathique qui a jadis habité la ville, et sa première expérience avec Marsten House s'est révélée assez traumatisante. C'est avec une crainte certaine qu'il voit la maison être habitée et d'étranges événements se produire. L'arrivée de l'étrange Straker et de l'énigmatique Barlow, les nouveaux propriétaires, semblent être le début de la descente aux enfers pour la petite ville de Jerusalem's lot.
Bon déjà, ce livre n'est pas une histoire de sorcières ! en lisant le titre, j'ai immédiatement pensé aux sorcières de Salem mais ici, rien à voir, nous sommes dans le Maine et il s'agit de vampires. Salem de Stephen King est un hommage à Dracula de Bram Stocker.
Comme d'habitude avec le King, l'histoire prend le temps de s'installer, il prend le temps d'ancrer les personnages dans une réalité, de nous parler de chacun de façon individuelle, de nous raconter leur passé. On retrouve également plusieurs thèmes chers à l'écrivain : les enfants et le rôle primordial qu'ils jouent dans plusieurs de ses romans et le travail de l'auteur. Moi qui adore les histoires de vampires, j'ai vraiment aimé Salem qui nous offre le vrai visage des vampires, sombres, cruels, malsain, pervers, très loin des Cullen de Stephenie Meyer ou des Salvatore de Vampires Diairies.
J'ai aimé suivre Ben, Matt, Jimmy et surtout Mark dans cette chasse aux vampires, j'ai aimé le climat délétère qui s'installe peu à peu, la transformation de Jerusalem's lot, cette ambiance frissonnante. Je suis donc plus que satisfaite de mon choix de lecture ! J'ai également en réserve Joyland que je vais essayer de lire avant fin octobre.

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13 octobre 2018

La coupure de Fiona Barton

Ce sont quelques lignes au bas d'un journal qui vont bouleverser la vie de plusieurs femmes. Quelques lignes dans lesquelles on apprend la découverte du squelette d'un nourrisson enterré dans un jardin.
Cette nouvelle va se révéler décisive pour Angela, Kate et Emma.
Première à sentir le scoop, Kate va tout faire pour connaître l'identité du bébé du chantier et ce qui a pu lui arriver.
Emma craint que cette découverte ne mette au jour un de ses secrets les plus noirs.
Angela, elle, espère de tout son coeur qu'il s'agisse d'Alice, sa fille disparue à peine quelques heures après l'accouchement. Cette révélation permettrait de mettre fin à des années de souffrance et de questionnement.

La coupure

J'avais entendu le nom de Fiona Barton lors de la parution de son premier roman, La veuve, alors lorsque j'ai eu l'opportunité de lire sa nouvelle parution, je n'ai pas tellement hésité ;-)
La coupure est un excellent thriller, intelligent et réellement empathique. Le sujet de départ, en effet, n'est pas des plus faciles, mais l'auteure a su parfaitement composer avec, et les récits d'Emma et d'Angela sont particulièrement touchants, tout en étant intriguants. Fiona Barton a choisi de consacrer chaque chapitre à un personnage, permettant d'obtenir une multitude de points de vue et de narrateurs puisque les chapitres consacrés à Emma sont racontés à la première personne. J'ai vraiment beaucoup aimé les personnages d'Angela et d'Emma, celui de Nick aussi et même celui de Jude qui est plus ambivalent. J'ai eu un peu de mal au départ avec Kate et son côté un peu prête à tout pour un scoop ; mais au fur et à mesure de son enquête, son personnage et son regard changent et deviennent plus humains.
La coupure n'a pas forcément un rythme survolté, mais de toutes manières, le sujet ne le permet pas. Ici, il faut laisser les victimes, les témoins prendre leur temps pour faire remonter à la surface des secrets sombres et bien enfouis.
Avec talent et suspense, Fiona Barton nous offre un thriller humain, au dénouement émouvant et qui aborde de nombreux thèmes comme les violences faites aux femmes, la disparition d'un enfant ou les relations parents/enfants, mais sans jamais s'appesantir ou être trop triste.

Si cet article vous a plu, n'hésitez pas à repasser sur le blog bientôt, toujours avec le concours de Fleuve Edition, La coupure de Fiona Barton sera à gagner très prochainement !!

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09 octobre 2018

Challenge Thrillers et Polars 2018/2019

Il est temps de faire un petit point sur le challenge Thrillers et Polars de cette année, commencé depuis juillet et organisé par Sharon j'y participe depuis plusieurs années, même si mon nombre de chroniques ne rejoint jamais mon nombre de lectures ;-)

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Challenge Thrillers et Polars 2018 - catégorie Erlendur, 25 à 50 livres lus


Livres actuellement lus et chroniqués

Livres lus et pas encore chroniqués

  • La plume empoisonnée d'Agatha Christie
  • Amelia de Kimberly McCreight
  • La dernière des Stanfield de Marc Lévy
  • Délicieuse de Marie Neuser
  • Torrents de Christian Carayon
  • La coupure de Fiona Barton
  • Rester groupés de Sophie Hénaff
  • Le livre des Baltimore de Joël Dicker

05 octobre 2018

Bilan d'août et septembre

Septembre

Je suis partie en vacances août n'était pas fini et je suis revenue quand septembre était bien engagé, j'ai donc décidé de faire un bilan groupé pour ces deux mois (vous me direz le 5 octobre, il était temps !!)
Côté perso, août a été le mois où nous avons appris que mon père avait un cancer de la prostate. Depuis j'ai digéré la nouvelle, il n'y rien d'autre ailleurs, et nous allons faire face lorsque la radiothérapie commencera.
Du côté du boulot, évidemment août a été absolument tranquille, mais plus embêtant septembre n'a pas été facile. Tous mes cours prévus au Greta ont été annulés, pour des raisons administratives principalement, ce qui m'a fait un sacré manque à gagner, surtout que j'avais bloqué les jours et je n'avais donc pas de rendez-vous avec mes clients particuliers. J'espère que tout va rentrer dans l'ordre en octobre.
Nos vacances se sont idéalement passées, un séjour parfait à tous les niveaux : entente, découverte, temps, nourriture, vins, visites. C'était vraiment des vacances idéales comme j'en voudrais à chaque fois...

J'ai réussi mon challenge de l'été avec un objectif atteint de 21 livres, je n'ai pas lu tous ceux de la liste de départ mais je suis assez contente de l'avoir réussi. Pour Octobre, je me suis lancée dans un marathon littéraire, avec au programme du msytère, de la magie et de l'épouvante avec Le seigneur des anneaux et Salem (qui est le livre de mon challenge des Douze Tèmes).
Entre août et septembre, j'ai pu lire plusieurs livres vraiment intenses dont Délicieuse et La coupure. J'ai encore passé un excellent moment avec la brigade créée par Sophie Hénaff, Rester groupés ; et j'ai versé des larmes à la fin du Livre des Baltimore !
Comme je vous l'avais dit dans un précédent article, ma PAL a accusé un violent +13 à mon retour de vacances, je n'ai donc pas acheté de livres depuis et je vais totalement me retenir d'aller à un festival du livre ce week-end... !
Côté films/séries, j'ai été enchantée par Berlin 56, une vraie pépite cette série ! ❤ j'ai beaucoup aimé la saison 2 de 13 Reasons why et la saison 3 d'Alex Hugo ; mais aussi Fleuve Noir (un excellent duo d'acteurs, Romain Duris comme vous ne l'avez jamais vu, notamment une scène dont j'ai eu du mal à me remettre !!!), The Grand Budapest Hotel, Le sens de la fête et Cessez le feu. Ça m'a également fait bonne impression mais j'ai été plutôt déçue par Manchester by the sea dont j'avais entendu le plus grand bien et qui ne m'a pas convaincu.

Bilan Août & Septembre : 8 films - 6 séries - 8 livres - 2 bds - 1 livre audio

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25 septembre 2018

La colline aux lavandes de Robert Gaymard

La famille Maurel vit dans le hameau de Ginestière, non loin d'Oraison dans les Alpes-de-Haute-Provence. Le père, la mère, Henri et sa femme Jeanne, Lulu, leur fils, et Jacky, le cadet. La vie se déroule paisiblement malgré un père autoritaire et la dureté du travail agricole. Jusqu'au jour où Lulu, cinq ans, disparaît tragiquement.
Le père bannit Jacky du hameau où la vie quotidienne a bien du mal à reprendre ses droits. Jacky, tout juste dix-sept ans, va errer en Provence.

colline aux lavandes

La colline aux lavandes est la lecture que j'ai choisie dans le cadre du challenge des douze thèmes « nos régions ont du talent ».
J'ai toujours un peu peur en lisant des romans du terroir comme ça car ma crainte est de m'y ennuyer ou de trouver ça vieillot. Mais là, pas du tout, j'ai dévoré La colline aux lavandes en trois jours.
Je connais tous les coins dont l'auteur parle et j'y ai lu un véritable amour de la Provence, particulièrement belle et bien décrite, la Provence comme elle l'est encore à certains endroits. J'ai vraiment apprécié l'histoire dans laquelle je suis rentrée immédiatement.
Jacky, le cadet, va se laisser aller à ses désirs de jeunesse, entraînant -indirectement - la mort de son neveu et son père décide de ne pas lui pardonner, de ne pas le laisser vivre sa peine avec sa famille et le bannit de Ginestière.
Robert Gaymard va nous raconter la vie dans ce hameau après ce drame, les personnalités qui s'opposent, la gestion de la tristesse, comment chacun tente d'y faire face, mais également l'opposition de la modernité - nous sommes en 57 - et d'une agriculture encore manuelle. J'ai beaucoup aimé cette partie où l'on suit la famille Maurel après le décès de Lulu, tout ce monde agricole qui évolue, qui change.
Plus loin dans le roman, l'auteur va se pencher sur la vie de Jacky après sa fuite, si c'était intéressant, ça m'a moins plu. D'ailleurs, l'auteur y consacre moins de temps, au final qu'à la vie dans le hameau de Ginestière.
Une belle surprise que cette lecture de La colline aux lavandes, qui nous fait sentir toutes les beautés de la Provence, l'odeur des lavandes, le jaune du blé, les cultures en restanques, les oliviers, les cigales, et une famille qui va se retrouver bouleversée.

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19 septembre 2018

L'autre moitié du soleil de Chimamanda Ngozi Adichie

Pour le challenge des douze thèmes, la consigne était de lire un roman dont l'histoire se déroule en Afrique. Pour cela, j'ai choisi L'autre moitié du soleil de Chimamanda Ngozi Adichie, dont j'ai déjà lu et beaucoup apprécié L'hibiscus pourpre.
Malheureusement j'ai mis presque un mois pour lire celui-ci... la faute à la densité et à la dureté de l'histoire et aussi aux vacances.

Nous sommes à Lagos au Nigeria dans les années soixante. Olanna est amoureuse d'Odenigbo, un universitaire engagé, sa sœur jumelle, Kainene est en couple avec Richard, un journaliste britannique fasciné par la culture locale. Mais Olanna et Kainene sont très différentes et ne se voient pas très souvent.
Ugwu, un jeune boy de 13 ans, regarde tout ce petit monde évoluer. Les soirées entre universitaires à discuter, refaire le monde, parler de l'avenir et du Biafra. L'installation d'Olanna avec Master. Les complications conjugales.
Jusqu'au jour où le Biafra proclame son indépendance au cœur du Nigeria. S'en suit une guerre entre nigérians et biafrais, une guerre que tout le monde a oubliée, voire n'a tout simplement jamais entendue parler (c'était mon cas), une guerre qui fera plus d'un million et demi de morts en trois ans.

L'autre moitié du soleil

Avec sa plume bouleversante, Chimamanda Ngozi Adichie va nous conter l'histoire de ces personnages qui n'avaient pas vu venir la tourmente qui les a engloutis.
Olanna est une jeune femme de bonne famille, belle, instruite et particulièrement éprise d'Odenigbo, un intellectuel qui croit très fort en la naissance du Biafra. Nous suivons ce beau couple, apprécié de tous, lors de son installation à Nsukka où ils enseignent à la faculté. Leur temps se partage entre leurs recherches, les soirées à parler du futur Biafra et à faire l'amour.
Kainene, sa sœur, est radicalement différente, plus tournée du côté des affaires, elle compte prendre la suite de l'entreprise familiale et va rencontrer un journaliste blanc, Richard, un peu maladroit mais très sincère dans sa passion pour l'art ibo.
Si j'ai mis du temps, ce n'est en aucun cas parce que je n'ai pas aimé cette lecture ! Bien au contraire, j'ai vraiment apprécié suivre ces personnes, plonger dans leurs vies, les connaître avant la guerre et voir, malheureusement, comment celle-ci les a changés et a modifié leurs relations, leurs comportements, leurs habitudes.
Avec presque 700 pages, L'autre moitié du soleil est un roman dense et dont certains passages ne sont pas faciles à lire. J'ai beaucoup aimé le personnage d'Olanna, qui malgré sa situation « bourgeoise » au début de l'histoire, s'adapte à sa vie d'exil, au manque de tout, sans être jamais capricieuse. C'est un personnage très solaire qu'il est très agréable de suivre. Tout comme Ugwu, jeune adolescent très protecteur envers son maître qui va peu à peu s'ouvrir à l'instruction grâce à Olanna et Odenigbo.
L'autre moitié du soleil est un récit poignant sur une guerre et une famine oubliées de tous, mais c'est aussi un récit sur l'amour, sur la condition (humaine et sociale), sur les idéaux et sur l'espoir.

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13 septembre 2018

Parce qu'il faut bien rentrer

Hé oui, il a bien fallu rentrer, rentrer dans sa ville, dire adieu aux vagabondages, à la voiture qui file vers l'ouest. Il a bien fallu recommencer et je dois avouer que le retour ne s'est pas fait sans mal. Après un si beau séjour dans les Châteaux de la Loire, dur de reprendre le rythme et de se replonger dans la routine quotidienne avec ses joies et ses embêtements.
Qui n'ont pas manqué de commencer avec une grande confusion sur le début de ma reprise au Greta ainsi que le fait que je vais devoir en plus enseigner les maths !! 😱 Je ne garantis absolument pas le résultat des cours que mes pauvres stagiaires auront avec moi. Bon, certes, le niveau est apparemment peu élevé, mais quand même, je pars de super-super loin !
Du côté plus personnel, la plupart d'entre vous le savent il a été découvert un cancer de la prostate à mon père. Les autres examens se sont révélés bons, il n'y a absolument rien ailleurs, c'est un énorme soulagement et maintenant, nous n'attendons plus que le traitement commence pour enfin éradiquer ce truc !!
Je vais bien mieux que lorsque nous avons appris la nouvelle, j'ai digéré la chose, j'ai parlé avec pas mal de gens et la chose qui revient en boucle c'est que "ça se soigne très bien". Donc on va retenir ça et uniquement ça.
Une rentrée chargée s'annonce avec la reprise de tous mes boulots, la maladie à laquelle il faut faire face, les anniversaires de rentrée - mon blog a eu 14 ans (j'en reviens juste pas !!), j'en ai eu 33 - les challenges littéraires qui continuent - plus que 10 jours pour lire 2 livres et demi pour atteindre mon objectif du challenge de l'été - et la PAL qui a pris un énorme coup de bambou et pas dans le bon sens !!
En effet, les vacances n'ont pas du tout été bénéfique pour ma PAL. En fait, jusqu'au 15 août, tout allait pour le mieux : la PAL baissait et je n'avais pas acheté de livres depuis plus de deux mois. Et puis, paf, patatras, catastrophe, j'ai eu une carte cadeau dans une librairie à dépenser, et ça a été le début de la fin.
Ma PAL a d'abord pris un + 4 avec La chambre d'ami de James Lasdun, Rester groupés de Sophie Hénaff, La femme à la fenêtre de A. J. Finn et le tome 2 d'Une vie avec Alexandra David-Neel.
Ensuiste, au détour de nos périgrinations, nous sommes tombés sur un super boutique de bandes-dessinées à Orléans où j'ai craqué pour trois d'entre elles : Edelweiss de Cédric Mayen, La mort vivante par Olivier Vatine et le tome 1 d'Amazonie de Léo et Rodolphe. J'ai ensuite croisé une boîte à livres - on dirait en plus que tout est fait pour me condamner à augmenter ma PAL ^^ - où je n'ai pris qu'un livre (Eugénie Grandet de Balzac). Et pour finir, je suis tombée sur une vente de livres d'occasion où j'ai pris plusieurs romans : Au-dessus de tout soupçon, La maison des belles personnes, Carton jaune, C'est dimanche et je n'y suis pour rien et American Stranger.
A la fin de l'été, ma PAL accuse un violent + 13 😵😓
Je suis totalement désespérée et désespérante !!

Bref, on va donc reprendre ses petites habitudes post-été, caser des moments de lecture un peu partout, regarder séries&films, ne pas oublier de vagabonder, de se promener pour ne pas retenir que le côté chiant et répétitif du métro-boulot-dodo, se trouver des belles poches d'air pour respirer à fond.

Je vous souhaite une bonne rentrée à tous et restez à l'affût, il y aura d'autres concours sur le blog !!

Chambord

12 septembre 2018

* Résultat Concours *

Merci à toutes d'avoir participé à ce premier concours sur ce blog !
Pour celles qui n'ont pas gagné, pas d'inquiétude, je peux d'ores et déjà vous dire qu'il y en aura au moins trois autres dans les mois à venir ! ;-)

C'est Owlygirl du blog Bookowlic, des livres et des chouettes, qui remporte le livre de Marie Neuser, bravo à elle !

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29 août 2018

* Concours ! *

Alors que les vacances commencent pour moi, et en attendant mon retour, je vous propose un petit concours, livresque, bien entendu !!
Avec la participation de Fleuve Éditions, je vous propose de gagner un exemplaire du nouveau roman de Marie Neuser, Délicieuse, qui vient juste de paraître !

Délicieuse grande

Résumé 

L’histoire commence ainsi : une femme parle à l’homme qu’elle aime.
Devant elle : les restes d’un repas.
Plutôt que le papier, elle a choisi l’écran.
À l’intimité d’une lettre, elle a préféré la vidéo et la multitude des réseaux sociaux.
Cette femme, c’est Martha Delombre, psychologue criminelle habituée aux confessions les plus abominables.
C’est désormais à son tour de se confesser. L’impudeur ? Peu lui importe, car tout le monde doit savoir. À commencer par lui. Le traître.
Peut-on dire adieu à vingt ans d’amour fou en succombant à la première inconnue qui passe ? C’est ce qu’il croyait. Au rythme des likes et des partages, traquant la fréquence des connexions, scrutant le pouls des commentaires, Martha la ténébreuse se montrera prête à tout pour continuer d’exister sans baisser la garde, jusqu’au point de rupture. Celui qu’on n’attendait pas et qui a le pouvoir de redistribuer les cartes.


Le mot de l'éditeur 

Une aura de tragédie antique, comme un long chant ténébreux, inspiré d'un célèbre mythe grec. Marie Neuser propose une réflexion sur l'amour, le couple, la mémoire, la féminité, les tabous, le double et la mise en scène sur les réseaux sociaux : les thématiques contemporaines croisent à merveilleuse le crime et la tragédie. Délicieuse est un inoubliable portrait de femme-vengeresse.

Marie Neuser est l'auteure de quatre précédents romans, Je tue les enfants français dans les jardins, Un petit jouet mécanique et le diptyque Prendre Lily et Prendre Gloria. Je ne peux que vous conseiller de découvrir cette auteure qui propose des thrillers originaux, aussi bien dans le fond que dans la forme, et très bien écrits. En 2015, elle a reçu le prix Coup de coeur de la librairie La Griffe Noire.

Pour participer 

Laisser un commentaire sous ce message en mentionnant votre nom et votre participation au concours, n'oubliez pas de bien renseigner le champ de votre email pour que je puisse vous contacter (attention en l'absence de réponse de votre part, je ferais un nouveau tirage). L'envoi se fera très probablement en mondial relay ou colissimo pour la France et par La poste pour ceux qui sont à l'étranger.
Inscriptions acceptées jusqu'au 11 septembre 23h59.
Tirage au sort le 12 septembre.

Soyez indulgents, c'est mon premier concours ;-)

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24 août 2018

Lecture commune : La poursuite de Clive Cussler, la chronique

Je n'avais pas eu le temps de vous en informer mais avec Dawn Girl, nous nous sommes lancées dans une nouvelle lecture commune avec La poursuite de Clive Cussler, en voici la chronique. J'avais ce livre dans ma PAL depuis un sacré moment maintenant, c'est un livre que l'on m'a donné donc je n'étais pas certaine de l'apprécier et je n'osais pas vraiment le lire ; sans Dawn Girl, je pensais qu'il serait resté encore des années dans ma PAL avant que je le lise !

En 1906, un criminel sans pitié et particulièrement doué pille les banques des États-Unis et tue tous les témoins qui s'y trouvent. Avec près de 30 meurtres à son actif et des millions de dollars dérobés, il terrorise l'Amérique. Isaac Bell, super agent de l'agence de détective Van Dorn, reprend l'enquête et va mener une véritable traque jusqu'à arrêter le Boucher.

La poursuite

Je ne m'attendais absolument pas à ce genre de thriller ! je ne sais pas pourquoi, je pensais que c'était un thriller ésotérique et ce n'est pas du tout le cas ! On est dans un vrai thriller, assez classique sur certains points, mais dont l'époque est plutôt sympa à découvrir.
Je ne m'attendais pas non plus à cette intense poursuite entre un incroyable méchant, un véritable bandit froid et calculateur, et un agent charismatique. Cromwell est un monstre sanguinaire, insensible et machiavélique brillamment mis en scène par Clive Cussler. Quant au détective Bell, il ressemble à un super profileur du FBI d'aujourd'hui, sexy et courageux, intelligent, avec tous les éléments qu'il faut pour en faire un parfait héros.
La poursuite porte bien son nom et le récit se déroule tambour battant avec peut-être quelques longueurs et un peu trop d'exagération par moments.

Clive Cussler nous propose également une superbe fresque historique de l'Amérique, passant de villes minières encore en plein far west à de grandes villes modernes et en pleine expansion comme San Francisco et ancre son récit avec des événements historiques très intenses comme le terrible tremblement de terre de 1906 et l'incendie qui suivit et qui a ravagé toute la ville. Il est décrit dans le livre avec un effroyable réalisme et l'auteur s'en sert, de façon très habile, comme ressort pour son thriller.

Je remercie donc Dawn Girl pour son choix car La poursuite a été une découverte positive tout à fait inattendue, et que j'ai vraiment pris plaisir à lire !
L'article de Dawn Girl en cliquant ici.

22 août 2018

Lecture Commune : Le château des Carpathes de Jules Verne, la chronique

Dans ce Jules Verne, paru en 1892 soit 5 ans avant Dracula de Bram Stocker, l'auteur nous emmène sur les terres transylvaines à la découverte du Château des Carpathes, forteresse abandonnée qui domine le petit village de Werst. Abandonnée, peut-être pas tout à fait car, un jour, le berger Frik, grâce à l'acquisition d'une lunette, découvre qu'une fumée s'échappe d'une cheminée du château.
Après un conseil de village, Nic Deck, forestier, et le docteur Patak se lancent dans une expédition afin de connaître le fin mot de ce mystère.

Château des Carpathes

Dans ce roman, Jules Verne exploite avec brio les terreurs surnaturelles et l'ambiance angoissante de la Transylvanie et de ses mythes pour nous offrir un récit d'aventure prenant. L'auteur sait encore une fois, parfaitement utiliser le modernisme et les nouvelles techniques (électricité, télécommunication, enregistrement, restitution d'une image...) pour servir son intrigue. Il sait tout autant en expliquer le fonctionnement technique que les utiliser en tant qu'élément dramatique pour accélérer le récit.
J'ai été enchantée des descriptions de la forêt et du château ainsi que des manifestations surnaturelles, tout comme des passages en Italie relatant la passion de Franz pour la Stilla, jeune et belle cantatrice. Mais j'ai été un peu déçue par l'apparition tardive de ce héros qui est pourtant un personnage attachant que l'on suit aveuglément. Toutefois, je pense que c'est un parti pris de l'auteur de faire un récit plutôt court et donc peut-être de faire intervenir son héros assez tard
Le château des Carpathes est un roman plaisant à découvrir qui me conforte dans mon amour pour Jules Verne, bien que j'ai encore nombre de ses romans à lire !

13 août 2018

Sonnée

Apprendre le résultat de la biopsie de son père - nodules cancéreux sur la prostate - et errer dans les allées d'un magasin de bricolage en Provence. Avoir les yeux brouillés devant les scies, sécateurs et articles de peinture. Déambuler sans vraiment se rappeler ce qu'on cherchait. Les mauvaises nouvelles n'attendent pas qu'on ait fini nos courses. Elles arrivent, elles se plantent là et après, il n'y a plus qu'à faire avec.
Parce que même si le médecin dit "pris au tout début", "très petit", "traitement court", les mots radiothérapie, rayons, et traitement quotidien à l'hôpital feront désormais partie de notre vocabulaire. Un vocabulaire qu'il va falloir appréhender, accepter.
Et même si tout est fini dans 4 mois comme le médecin l'annonce, je ne peux pas m'empêcher de penser que peut-être on va découvrir quelque chose d'autre, ou que les choses vont s'accélérer d'un coup, que la radiothérapie va le fatiguer et qu'il y aura d'abominables effets secondaires, que le cancer est vraiment un vilain mot. Une vilaine saloperie. On peut même dire une putain de saloperie.
Mon père a plutôt l'air d'aller bien, je ne l'ai pas encore vu. Je sais qu'il va falloir être forte pour la radiothérapie, pour le soutenir, pour tout ça pendant le traitement, mais putain, je peux pas m'empêcher de chialer !
Il n'y a plus qu'à faire avec.

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