Revoir un Printemps

05 novembre 2019

L'ombre de la menace de Rachel Caine

Merci aux éditions de l'Archipel et Babelio pour le gain de ce livre lors d'une Masse Critique ! merci également pour le petit carnet offert avec le livre, c'est une petite attention qui fait toujours plaisir :-)
Je l'avais repéré il y a quelques semaines sur le blog des Pipelettes en parlent et j'avais vraiment envie de découvrir cette histoire, j'ai donc été vraiment vraiment contente quand j'ai vu que c'était ce titre que j'avais gagné <3

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La vie de Gina Royal bascule quand un 4*4 vient s'encastrer dans le garage de la maison familiale mettant au jour le corps pendu d'une jeune femme dépecée... C'est son mari, Melvin, qui est l'auteur de ce crime et la victime n'est que la dernière d'une longue série. Commence alors l'enfer pour Gina et ses enfants. Elle est arrêtée, jugée pour complicité puis acquittée. Mais le mal est fait. Pour beaucoup, elle est complice, coupable et ses enfants et elle méritent haine et vengeance.
Logiquement, Gina fuit, essaye de réapprendre à vivre et alors qu'elle vient de s'installer à Stillhouse Lake, on repêche le corps d'une jeune femme dans le lac...

L'ombre de la menace est un thriller palpitant qui se dévore ! On assiste avec écoeurement à la haine dont est victime Gina, elle qui n'a pourtant rien fait d'autre que vivre à côté d'un monstre, mais est-elle pour autant coupable ou complice ?
Ce thriller psychologique très bien écrit rend parfaitement l'enfer vécu par Gina, persécutée de tout côté. J'ai beaucoup aimé l'ambivalence de ce personnage, devenue Gwen, on sent qu'elle s'est véritablement blindée pour survivre, pour protéger ses enfants. C'est un personnage fort, brisé, mais courageux, qui reste vent debout quoiqu'il arrive.
Rachel Caine réussit avec brio à installer une ambiance lourde, angoissante et paranoïaque aussi bien pour Gwen que pour le lecteur... Le lot quotidien de haine reçu par Gina est d'une violence sans nom. En même temps, on se demande si tout ce que subit Gwen n'est pas exagéré, si elle ne se méfie pas inutilement de tout le monde...
Un autre point qui m'a beaucoup plu, et comme l'a souligné très justement Zina dans sa chronique, on parle peu souvent de la famille des tueurs en série et cet aspect-là est très intéressant. On s'attarde sur la femme, doublement condamnée, sur les enfants, déboussolés, contraints de renier un père qui les a toujours aimés. Rachel Caine décrit très bien tous ses sentiments et cette dualité.
L'ombre de la menace est un thriller psychologique puissant qui,  par quelques points m'a rappelé Le tueur intime de Claire Favan,  j'ai vraiment hâte de lire la suite car l'auteure nous laisse sur un cliffhanger terrible !!

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02 novembre 2019

Mini bilan

C'est un tout petit bilan que je vous propose aujourd’hui et pour cause... mon ordinateur est en réparation, complètement cassé !  

A priori je n’ai pas perdu mes données mais je n’ai pour l’heure qu’un petit PC que l’on m’a prêté et qui marche disons très très moyennement... (dès que deux onglets sont ouverts, il plante donc il m’a fallu pas mal de temps pour arriver à poster cet article). Je n’ai pas trop le courage de faire un beau bilan avec un tel matériel et surtout devoir télécharger tout ce dont j’aurais besoin pour le faire. Donc je pense faire un double bilan à la fin du mois. C'est aussi pour ça que je ne suis plus passée sur vos blogs, je vais essayer ce week-end, le mauvais temps devrait m’y aider.  

En attendant, je vous laisse avec mes lectures du moment et j’espère revenir rapidement avec des vrais articles !  

Lectures en cours

Cartographie des nuages

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Posté par Zofia à 17:59 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
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28 octobre 2019

Foutoir

J'ai rêvé que je ratais mon avion pour rentrer de Grèce, j'étais perdue dans l'aéroport avec une ancienne copine d'école, je stressais, j'avais un rdv et je me rendais compte que l'avion devait décoller à 7h36 du matin. J'étais à l'aéroport à 12h. J'essayais de joindre mon homme mais impossible. Je rencontre mon beau-père dans un café avec des inconnus, je m'assois, je m'effondre, je pleure. Je suis paniquée. Je suis seule. Puis je suis dans l'avion mais cette fois, c'est mon homme qui est encore en Grèce. Je lui écris dans un texto qu'un bébé est à l'abri dans mon ventre.
Il y a une histoire de voiture, de 4*4, de gens qui doivent me conduire ou qu'on doit conduire quelque part.

Après.

Je suis dans une résidence – peut-être chez moi, mais ça n'y ressemble pas – il y a des allées, belles et vertes, entretenues, comme dans un lotissement américain et beaucoup de gens y circulent, des familles, des couples, des chats, des chiens. Je marche à l'extérieur, c'est immense, ça monte, ça descend, ça tourne. On (je ?) cherche quelque chose, quelqu'un ? je ne sais plus mais il y a comme un sentiment d'urgence, peut-être le chat.

Avant.

Je me dispute avec ma mère au sujet de ma sœur, la discussion ne se passe bien, il y a beaucoup de colère et de cris. Et peut-être, sans doute, des pleurs.
Ma grand-mère de 99 ans est hospitalisée. Ça n'est pas très bon (à priori) et je ne sais pas trop quoi en penser. Il y a quelques temps, j'ai aussi rêvé que j'engueulais mes deux grands-mères. J'ai une histoire plutôt compliquée avec elles.

Cette nuit.

Je rêve que le chat vient me prévenir qu'il y a quelqu'un dans l'appartement, je me lève pour vérifier. Après le couloir, je regarde à droite, il n'y a rien. Je regarde à gauche, vers la cuisine, il y a une ombre, un homme masqué. Et puis je suis couchée et je fais un cauchemar, je rêve qu'il y a quelqu'un dans l'appartement et j'essaye de me réveiller et de crier mais je n'y arrive pas, pas du tout. Aucun son ne sort. 
Et ensuite chéri me réveille car j'essayais de crier... 
Après ou Avant. J'organise une sortie scolaire avec des enfants, il y a beaucoup de choses à ranger, beaucoup de choses qui traînent. 

Et mon ordinateur a chuté. Il est sans doute complètement foutu. Je saurais demain après le diagnostic mais peut-être que j'ai perdu tous mes fichiers, et un peu de ma vie. Et aujourd'hui, le maire m'a téléphoné. Il m'a laissé un message pour me dire que mon CV a été transmis à quelqu'un et que cette personne va prendre en contact avec moi pour un rendez-vous. Mais on va attendre et ne pas se faire de film.
J'ai des nuits réellement agitées, tu m'étonnes que je me réveille fatiguée...

23 octobre 2019

Avis groupé XXVI, spécial maison hantée

Slade House de David Mitchell

Slade House

Je connais David Mitchell depuis que son livre Cartographie des nuages (qui est dans ma PAL depuis 100 ans) a été adapté au ciné sous le titre de Cloud Atlas par le trio Wachowski/Twyker. Et cette année, sur un blog ami, j'ai vu qu'il avait publié un nouveau roman Slade House. J'en ai déjà parlé ici, j'adore les livres où les histoires mettent en scène des maisons un peu étranges (pas forcément hantée d'ailleurs)... C'est le cas de celle-ci.
Slade House est une belle demeure victorienne, située dans une impasse, d'ailleurs, vous ne trouverez l'entrée que si vous y êtes invité... Et une fois à l'intérieur, vous aurez bien du mal à en ressortir.

Dans Slade House, l'auteur nous propose de suivre plusieurs personnages, chaque chapitre sera relaté à la première personne et nous fera découvrir cette maison si particulière à travers le regard de chacun des héros. Les événements qui se produisent à Slade House suivent un cycle bien précis de 9 ans. Les derniers chapitres seront plus axés sur le mystère de la maison et de ses occupants, les inquiétants jumeaux Grayer....
Slade House est un vrai roman d'ambiance et les lecteurs de David Mitchell y retrouveront des références à ses autres histoires et notamment à L'âme des horlogers (que j'ai maintenant envie de découvrir ^^). Je n'ai pas détesté Slade House mais je n'ai pas autant aimé que ce que j'espérais, principalement parce que je l'ai trouvé un peu "léger". Le fait d'avoir chaque chapitre consacré à un personnage est intéressant mais du coup, par moments, on aurait aimé rester plus avec certains. Les explications arrivent à la fin mais j'en aurais voulu plus...

La maison des oubliés de Peter James

La maison des oubliés_reduit

Ollie et Caro viennent d'emménager dans une superbe maison, le Manoir de Cold Hill. Très ancienne, celle-ci est passablement délabrée, mais les travaux ne leur font pas peur et ils sont prêts à se lancer dans une rénovation conséquente. Cependant à peine arrivés, les choses ne vont pas se passer aussi bien que prévu et des évènements étranges vont se produire.... de plus en plus étranges et de plus en plus angoissant.

Cette maison-ci est à mon sens bien plus effrayante que celle de Slade House ! Le roman prend son temps pour établir l'ambiance, j'ai d'ailleurs trouvé le début très poussif notamment au niveau de l'écriture de l'auteur (je l'ai trouvé assez pauvre) mais après, une fois les choses en place, on se laisse happer par ce récit classique mais efficace. La famille Harcourt est attachante, le couple est proche, presque fusionnel, Jade, la préadolescente, est un chouette personnage assez loin des clichés actuels.
C'est un récit de maison hantée et d'angoisse (pas tellement d'horreur) donc on y retrouve tous les codes du genre très bien exploités par Peter James qui tisse une toile de plus en plus étouffante sur ses personnages.

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11 octobre 2019

Suivre l'hirondelle de Yannick Midavaine

Suivre l'hirondelleAprès presque deux ans passés loin des siens, Cyril revient dans le Sud retrouver sa famille et ses amis. Ses amis qui vont lui réserver, il le sait, un accueil brutal après son silence radio des derniers mois. Quand Cyril est parti, il n'a rien dit à personne, il s'est enfuit façon ninja pour rejoindre Emma...

Suivre l'hirondelle est le premier roman d'un ami qui porte ce projet en lui depuis pas mal de temps. Il a pris diverses formes pour se retrouver aujourd'hui sous celle d'un roman publié en auto-édition. C'est une romance contemporaine pleine d'amitié et de rock'n'roll.
Pour Cyril, tout recommence un soir de juin 2017 quand il se décide à retrouver ses potes lors d'un concert et d'enfin leur présenter Emma, et accessoiremment leur fournir une explication à sa disparition...
A partir de cette introduction, Yannick Midavaine nous propose de suivre en parallèle des moments passés de la vie de Cyril (sa première rencontre avec Emma, des soirées clés dans sa construction...) et le retour de ce dernier en 2017. Cette alternance de temporalité permet de découvrir les deux faces de Cyril et son évolution sur ces dernières années, car bien sûr, au centre, il y a une histoire d'amour mais Suivre l'hirondelle n'est pas seulement ça, c'est aussi un très beau roman d'apprentissage et d'amitié.
Cyril est un personnage que l'on prendra plaisir à suivre malgré l'envie qu'on aura de lui foutre quelques tartes par moments ! Tout comme Emma qui n'est pas exempte de quelques défauts, ce sont des héros mais ils sont humains, ils nous ressemblent. Personnellement, j'ai eu un gros coup de coeur pour Béatrice et j'ai regretté que le personnage d'Amina ne soit pas un peu plus mis en avant.
Très contemporain, Suivre l'hirondelle est écrit comme si on le vivait, c'est plein de bruit, de fun, d'amis, de bières, de musique, d'humour mais aussi de crise, de larmes et de réflexion. L'écriture presque cinématographique de Yannick Midavaine rend la lecture très facile, avec des dialogues percutants. On adorera les deux harpies de grands-mères de Cyril, on apprendra ce qu'est un cliché de soi-même et on aura même des infos sur un obscur bordel en Thaïlande.

Mais ce n'est pas qu'un roman léger, et sous ses nombreuses références (cinématographiques, musicales, de gamer), Suivre l'hirondelle est un roman touchant sur le parcours d'un jeune homme un peu perdu, en pleine introspection, qui ne va pas forcément prendre toujours la bonne décision, ou faire les choses de la meilleure manière, mais qui essayera de trouver sa voie, de trouver sa place au milieu des autres (pas toujours facile quand tout avance autour de soi...) et surtout de se trouver lui-même. Des questionnements dans lesquels tout un chacun pourra se reconnaître.
Je vous conseille bien sûr cette lecture, vous pouvez y aller, c'est de la qualité ;-) et voici même le lien pour l'acheter : Suivre l'hirondelle


07 octobre 2019

Bilan de Septembre

Sept

Octobre a commencé depuis presque une semaine et après une fin septembre assez chaotique pour une personne qui m'est proche et que j'ai pas mal soutenu ces derniers jours, le mois s'est relativement bien passé. Aussi bien passé que possible à l'heure de mes dernières réflexions. Je n'ai pas beaucoup avancé, pas concrètement en tous les cas et pas de façon certaine non plus. J'ai eu un peu de mal à me concentrer sur ça et à y réfléchir posément.
Je me pose aussi des questions concernant le blog, je n'ai plus beaucoup de lecteurs et encore moins de commentaires. Je ne sais pas à quoi c'est dû, est-ce moi qui écrit des choses moins intéressantes ? est-ce que mon bavardage a fini par lasser les lecteurs que j'avais ? ou est-ce le design, la présentation du blog qui ne plaît plus ? peut-être la plateforme aussi ?
Je ne pense pas arrêter car j'aime écrire, mais il est effectivement plus valorisant d'être lu et commenté. J'hésite également à changer de plateforme, je rencontre pas mal de soucis avec Canalblog - même si ces derniers temps, ça s'améliore - mais j'avoue un peu avoir la flemme de tout recommencer ailleurs. Peut-être pourriez-vous me donner votre avis ?
Pour ce mois-ci, deux séances ciné : l'excellent La vie scolaire de Grand Corps Malade et le beau mais froid Ad Astra. La vie scolaire est une réussite, de l'humour, de la gravité, des supers acteurs (le prof de math super sexy !), bref j'ai beaucoup aimé et je vous recommande d'aller le voir !!
Ad Astra n'était pas mal, j'ai bien aimé Brad Pitt dedans, les images étaient belles mais je n'ai pas trouvé qu'il y avait beaucoup d'émotions dedans et au final, je trouve le final assez froid...
Bonnes surprises avec Rosalie Blum et Le fils de Jean. A retenir également Vie sauvage et Sans toit ni loi, un des premier film de Sandrine Bonnaire. Côté série, j'ai terminé Bates Motel et Tunnel (mon dieu quelle fin !!). The bay était bien, et les derniers épisodes d'Alex Hugo vraiment géniaux. Tout comme Years and years, bien sûr très effrayante... par contre, je ne sais pas trop quoi penser de A l'intérieur, ça ne m'a pas totalement déplu mais je n'ai pas autant aimé que je l'espérais.
Pas beaucoup de lectures ce mois-ci, le très moyen septième tome d'Erica Falck et Patrik Hedström, un classique avec deux pièces de théâtre de Sartre et le livre d'un ami dont je vous avais déjà parlé dans mon précédent bilan, Suivre l'hirondelle dont je vais vous reparler dans un article très bientôt.

Bilan de septembre : 6 films - 6 séries - 6 livres

bilan sept19

livres sept19

Lectures en cours

J'irai tuer pour vous_reduit

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03 octobre 2019

Avis groupé XXV, spécial Camilla Läckberg

La sirène

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Dans ce nouveau tome, Patrik Hedström enquête sur la disparition d’un homme qui semble-t-il s’est volatilisé. Aucune trace nulle part. Peu après, la police s’aperçoit que l’homme disparu, Magnus Kjellner, est un proche de Christian Thydell, un écrivain du coin dont le succès de son premier livre, La Sirène, lui attire quelques problèmes puisqu’il reçoit des lettres de menaces. La police semble penser qu’il pourrait y avoir un lien entre les deux affaires. Erica, très (très) enceinte décide (encore) de voler la vedette à son mari et se lance dans une enquête parallèle.

Bon, vous commencez à me connaître et à savoir que si j’apprécie moyennement les thrillers de Camilla Läckberg, je les lis toujours avec rapidité, et je n’ai pas l’impression de perdre trop de temps !
Car encore une fois, mon sentiment est partagé sur ce roman. J’ai en effet assez apprécié l’histoire de La Sirène et notamment les mystères qui entourent Christian, Sanna, Kenneth ou Erik. Les relations entre ses personnages sont assez bien exploitées et créent une atmosphère parfois délétère.
Mais on retrouve les travers de l’auteure que je souligne depuis quelques tomes déjà… les personnages qui sont du côté des « gentils » sont parfois tellement caricaturaux que ça en devient ridicule. Je confirme que l’auteure a un problème avec les bébés car il en est encore beaucoup question dans ce tome. Et je ne trouve plus l’héroïne touchante du tout, ni sa relation avec Patrick qui est on ne peut plus cucul, tout comme celle avec sa sœur. (Bon l’auteure est douée car elle nous pond un truc à la fin qui, forcément, suscite une immense envie de lire la suite !)

Le gardien de phare

Le gardien de phare

Après le final dramatique de La sirène, on retrouve Erica un peu éprouvée... et maman de jumeaux. Cette dernière au lieu de se reposer et de profiter de son congés maternité décide de fouiner dans l'enquête de Patrick.
Mats, un ancien camarade de lycée d'Erica est retrouvé assassiné. Il s'occupait de la comptabilité d'un nouveau projet de la mairie : relancer l'activité d'un célèbre bâtiment abandonné de Fjällbacka pour en faire un spa et hôtel de luxe. Dans le même temps, Annie se réfugie sur l'île de Graskar, surnommée aussi l'île aux Esprits, terrorisée, elle s'y terre avec son fils.

[Attention Spoilers]
Bon la fin de La Sirène nous avait laissé sur un final dramatique - Erica et sa soeur étaient victimes d'un terrible accident de voiture - et l'auteure a décidé de faire s'acharner le sort sur Anna car elle perd l'enfant qu'elle attendait de Dan... gros choc pour cette famille recomposée et Anna s'enfonce dans les ténèbres. Parallèlement à ce drame familial, un nouveau crime est commis sur la commune de Fjällbacka et Patrick - victime d'une alerte cardiaque dans la dernière partie de La Sirène - essaye de mener l'enquête. Erica s'ennuyant un peu entre Maja, 3 ans, les jumeaux de 6 mois et sa soeur dépressive, décide papapam surprise de se mêler de l'enquête. Bref, j'aurais pu apprécier si l'intrigue n'avait pas été si faible...
Presque 600 pages pour en arriver là. Dire que j'ai été déçue est un euphémisme, d'autant plus que j'avais deviné depuis le début que le fils d'Annie était mort et qu'elle ne voulait pas l'admettre. Je n'ai pas vraiment compris l'histoire d'Erling et de sa soeur Viviane, ça me semblait un peu hors du truc. Je m'attendais à mieux pour ce nouveau tome.

J'ai pris un peu de retard mais je reviens ce week-end avec mon bilan de septembre ! 

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challenge douze thèmes 2019

20 septembre 2019

Flou

Je crois que Dawn Girl n'est pas la seule à se taper une déprime de la rentrée... jusqu'à maintenant, tout n'allait pas trop mal (même si mes relations avec l'organisme de formation où je donne des cours ne sont pas au beau fixe...), je n'étais pas spécialement mal. Mais, mais... après un passage à la banque, qui me coupe d'office mon chiffre d'affaire en deux pour une simulation de crédit, mon copain m'a (à nouveau) mis le sum en me disant que je devrais plutôt chercher à me faire embaucher quelque part...
Et puis ce sont mes parents qui s'y sont mis...
Je suis tiraillée entre plusieurs sentiments car j'adore ce que je fais, donner des cours, mes échanges avec mes clients. J'aime aussi la liberté que me procure mon activité. Mais d'un autre côté, ce statut d'indépendant est particulièrement angoissant... pas d'arrêts maladie, pas de congés payés, pas d'indemnité chômage, presque pas de cotisations pour la retraite...
Si je veux ette honnête, parfois, tout ça m'angoisse énormément. Je suis déjà en train de flipper pour ma retrait ! Donc je ne peux pas leur donner tort.
Seulement, je me suis aussi rendue compte qu'en fait je n'avais pas absolument pas digéré mes échecs lors de mes précédentes recherches de boulot. Dès que j'en parle, ça me fait monter les larmes aux yeux de suite... trois ans de recherche d'emploi, un seul entretien. Comment penser que je vaux quelque chose ? Comment ne pas me dévaloriser à l'idée que mon profil n'a plu à aucun recruteur ? Comment penser que les choses aujourd'hui seront différentes ? Comment penser que je pourrais avoir de la chance ? Comment me dire que pour une fois quelqu'un pourrait m'aider, me pistonner ? Que pour une fois si j'entends "y a une place qui va se libérer, ça sera pour toi", ça soit juste vrai et que ça se finisse pas par "ah ben désolée finalement on a pris la sœur de machin"...
Ce n'est pas la première fois que je parle de ça et que le problème me hante... je crois même que je n'ai jamais été vraiment sereine. Mais le fait que j'ai encore eu envie de pleurer aujourd'hui m'a fait sans doute réaliser que j'avais vraiment un gros problème avec ça. Je ne comprends même pas vraiment pourquoi tour ceci me fait souffrir autant. Inconsciemment, cette période a du beaucoup plus me marquer que je ne le pensais.
Au final, je ne sais plus quoi faire. Niveau offres d'emploi il n'y a rien. Je me dis qu'il faudrait que je postule, que je tente ma chance, mais en fait je suis tellement déprimée à l'idée d'encore faire face à des échecs que je ne me sens pas le courage...  mes parents me disent que je dois pas considérer le fait de n'avoir jamais eu d'entretien comme des échecs mais franchement je ne vois pas comment les considérer autrement...
Je ne peux pas m'empêcher de me demander si ça vaut le coup d'essayer de postuler quelque part... est-ce que ça vaut le coup de quitter mon activité que j'aime, qui paye bien quand je travaille et qui me laisse une certaine liberté pour un boulot où je vais repartir de zéro payé sans doute à peine au smic, avec des supérieurs, des horaires strictes, des collègues mais avec une sécurité de l'emploi, des congés payés et la possibilité d'avoir le chômage...?!
L'autoentreprise, c'est bien mais ça me coûte pas mal en énergie, en sérénité et mon degré de stress est souvent élevé...
Au final,  je ne sais pas quoi faire et tout ceci va probablement me plonger dans des affres d'angoisse pour les jours (semaines ? mois ?) à venir.

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08 septembre 2019

La femme à la fenêtre d'A. J. Finn

La femme à la fenêtre_reduitAnna vit recluse chez elle, elle ne peut plus sortir et pour combler son ennui, elle se soûle au vin rouge, prend beaucoup trop de médicaments, regarde des vieux polars en noir et blanc, ou espionne ses voisins… elle aime regarder ce qu’il se passe dans sa rue, dans les maisons alentours.
Un soir, Anna est persuadée d’avoir vu un crime se dérouler dans une maison de la rue. Cependant, tout le monde doute de son témoignage, elle la première…

Les références à Hitchcock ainsi que le résumé m’avaient vraiment donné envie de lire La femme à la fenêtre d’A. J. Finn, succès de 2018. Et c’est avec délice que je l’ai dévoré, il se déguste comme un véritable thriller Hitchcockien !
Anna Fox est un excellent personnage de roman : instable, voyeuse, solitaire, alcoolique, perdue, dépressive… avec son pédigrée, il est évident que la police va avoir du mal à la croire, elle qui passe pour la cinglée du quartier. Mais elle est aussi touchante et on sent bien que quelque chose a lieu dans sa vie pour qu’elle se retrouve dans cette situation, dans l’incapacité physique et psychologique de sortir de chez elle. L’auteur joue habilement avec les nerfs du lecteur, l’amenant à douter tout autant qu’Anna de ce qui se déroule sous nos yeux. Est-elle folle ? A-t-elle raison ?
Pour le savoir, il faudra vous plonger dans ce thriller, au suspense posé mais au traitement très cinématographique et accepter de suivre les errances de l’héroïne. Il y est fait mention de nombreux films policiers des années 50/60 qui vous donneront sans doute envie de les voir (ou revoir).

A noter que l’histoire de l’auteur est aussi trouble que son livre… A. J. Finn est en réalité le pseudonyme d’un employé de chez Harper Collins, Daniel Mallory, éditeur qui a publié La femme à la fenêtre sans savoir qu’il était écrit par le vice-président d’une de ses subdivisons. Mais l’histoire ne s’arrête pas là et il s’avère que l’auteur a menti sur plusieurs choses (maladie, diplômes…), il plane donc une certaine aura mystérieuse sur Daniel Mallory.
Le roman a fait l’objet d’une adaptation et devrait sortir au cinéma à l’automne.

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02 septembre 2019

Bilan Estival

Hé bien voilà, le gros de l'été est passé et la reprise a eu lieu cette semaine pour moi. L'été s'est vraiment bien passé, nous sommes partis en Allemagne et ça m'a vraiment donné envie de visiter ce pays, à mon avis, un peu boudé par les français. Et j'ai eu l'occasion de voir à nouveau Pink en concert et c'était vraiment génial !! un vrai show à l'américain pour une artiste que j'adore.

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Mais par contre, je ne me sens pas toujours en forme et certaines pensées me déstabilisent vraiment et occupent beaucoup trop mon esprit... sur ma soeur, mes parents, sur la façon dont les autres avancent et la sensation que moi non, le besoin de se comparer malgré moi, certains accès de colère que j'ai parfois, le fait de m'angoisser et de penser que je vais avoir une maladie grave dès que j'ai un petit problème de santé. Je cogite beaucoup, beaucoup trop et j'ai parfois envie de dire "tais-toi !!" à mon cerveau... Bref pas mal de choses à régler et je pense que je vais rappeler ma thérapeute qui m'avait beaucoup aidé pour la conduite.
Bon sinon, j'ai quand même du mal à reprendre le rythme de la rentrée mais je ne pense pas que ça soit anormal ^^
Côté ciné, je n'ai pas chômé car j'ai vu pas loin de 25 films et séries !
J'ai enfin vu quelques classiques comme Philadelphia, Terminator ou Théorème de Pasolini (on est d'accord, rien à voir dans le genre !). Si j'ai aimé les deux premiers, Théorème m'a laissé un poil dubitative... J'en ai profité pour voir TOUS les Terminator et franchement, l'histoire se répète... à part peut-être dans Renaissance. Je ne suis allée qu'une fois au ciné pour voir le dernier Tarantino et je l'ai vraiment adoré !! ❤ Leonardo Di Caprio et Brad Pitt sont impeccables dedans et j'ai trouvé que ce Tarantino n'avait pas grand chose à voir avec les précédents, j'ai trouvé qu'il y avait pas mal d'émotions dedans...
Pour les séries, on a vu l'excellente série Band of brothers - par contre, je vous déconseille Band of brother Pacifique qui n'a rien à voir, qui est nulle, tellement nulle qu'on a pas dépassé le 4ème épisode... une déception ! On a avalé la saison 3 de Stranger Things en un petit week-end. J'arrive à la fin de Bates Motel et je trouve ça absolument fabuleux la transformation de Norman entre la saison 2 et la saison 3, on sent vraiment qu'il bascule et j'adore le détester ^^
J'ai également vu une excellente série documentaire, L'enquête de ma vie où 6 enquêteurs racontent chacun une affaire qui les a particulièrement marquée. Les épisodes sont très bien construits avec au centre le policier ou gendarme, avec un regard très humain, pas froid, qui n'oublie pas pour autant le côté judiciaire.
Niveau bouquins, je me suis de nouveau inscrire au challenge de l'été avec un objectif de 20 livres (je n'en suis qu'à 14 pour le moment mais il me reste encore quelques jours). Mes coups de coeur pour ce bilan : Le passage, Blake et Mortimer, Le dernier pharaon, La femme à la fenêtre, Surface, La fractale des raviolis et L'empreinte. Je reviendrais vous en parler en détail. Déception avec Organes Vitaux (même si je n'en attendais pas grand chose...).
Pour une fois, je vais vous parler de mes lectures en cours et surtout de Suivre l'hirondelle de Yannick Midavaine. C'est en effet le premier roman d'un ami, publié pour le moment en auto-édition, un roman d'amour et d'amitié avec beaucoup de rock'n'roll ! Je vous reparlerai bien sûr dans un prochain billet. N'hésitez pas à aller consulter sa page facebook : Yannick Midavaine - auteur.

Bilan Juillet & Août : 16 films - 7 séries - 12 livres - 2 BDS

bilan été 19

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Lectures en cours

Suivre l'hirondelle_réduit

Le gardien de phare

18 août 2019

Avis groupé XXIV, spécial apocalypse

Une pluie sans fin de Michael Farris Smith

Une pluie sans fin_reduit

Le sud des Etats-Unis, de la Louisiane à la Floride, n'existe presque plus. C'est une zone de non-droit ravagée par les eaux, les tempêtes, la pluie incessante. Quelques inconscients continuent d'y vivre comme Cohen qui refuse de quitter la maison où sa femme et son enfant sont mortes. Mais un jour, son habitation est pillée et il est laissé pour mort sur le bord de la route. Bien décidé à reprendre son bien, Cohen découvre une communauté fermée, dirigée par un prêcheur fanatique...

De l'eau, de l'eau et encore de l'eau. Et beaucoup de vent aussi. Voilà l'ambiance d'Une pluie sans fin. Le sud des Etats-Unis a été peu à peu détruit par les tempêtes, cyclones et inondations, à tel point que le gouvernement a renoncé à envoyer des secours et à reconstruire, il a jugé plus facile d'établir une nouvelle frontière. Beaucoup ont fui mais certains résistent, c'est le cas de Cohen, prisonnier de ses fantômes, c'est un homme brisé et touchant. Solitaire, il est accompagné de son chien mais il va découvrir une communauté sectaire qui survit au milieu de ce cataclysme. Cohen va alors tenter de libérer ses femmes et de se rendre sur des terres plus hospitalières.
Dans Une pluie sans fin, Michael Farris Smith laisse une grande place à l'émotion et on s'attache assez vite à Cohen qui nous raconte par bribes son passé. J'ai vraiment bien aimé ce roman que j'ai lu assez vite, je me suis attachée au petit groupe qui se forme avec Mariposa, Evan et Brisco et j'ai suivi avidement leur progression. Et puis bon évidemment, Cohen à qui j'ai trouvé un charme fou, et qui est un personnage très fort. En prenant ce livre à la bibli, je me suis dit que je devrais lire plus de bouquins édités pas Super 8, et cette lecture me le confirme :-)

Le passage de Justin Cronin

Le passage_reduit

Aux Etats-Unis, quelque chose se prépare. L'armée est envoyée en Bolivie récupérer les membres d'une expédition atteints d'une étrange maladie. Dans le même temps, deux agents du FBI convainquent des condamnés à mort de participer à une expérience scientifique gouvernementale. Ils sont également chargés de ramener, Amy, une petite fille de 6 ans, sur le lieu des expériences...
100 ans plus tard. Le monde a sombré dans le chaos. L'expérience a échoué et des mutans "viruls" ont attaqué la base. Il ne reste que quelques groupes de survivants parmi lesquels la Première Colonie. Amy arrive un jour aux portes de la Colonie.

Difficile de résumer un livre de 1265 pages (!!), j'ai choisi une version un peu différente de la 4ème de couverture car les passages dans les années 2010 sont très importants et durent quand même plus de 300 pages. J'ai vraiment beaucoup aimé Le passage et je l'ai lu assez vite malgré son nombre de pages, une fois passé un certain cap, j'étais totalement dedans. Pendant une grande partie du roman, nous accompagnons un groupe issu de la Colonie qui essaye de découvrir le secret d'Amy et surtout d'entretenir un espoir, de découvrir d'autres survivants car dans leur Colonie, les batteries qui permettent d'allumer les lumières et tiennent les viruls - sorte de vampires - à distance sont bientôt mortes...
On s'attache énormément aux personnages, d'abord Wolfgast et Amy, ensuite Peter, Sara, Alicia, Caleb et une bonne partie de la Colonie. On est avide de savoir ce qui va leur arriver - en espérant que ça soit positif ! Il est également très intéressant de voir l'évolution des viruls et les nouvelles capacités qu'ils possèdent et qui les rendent encore plus effrayants. L'écriture est vraiment très soigné, immersive, on est en plein dans ce monde, à la fin j'avais même l'impression que j'avais quitté Peter, Amy et les autres, que je les avais VRAIMENT quittés ! Une réussite donc et je suis impatiente de lire la suite.

challenge douze thèmes 2019

04 août 2019

Fièvre

La jeune femme claqua la portière et mit le moteur en marche, il était 13h30 et après une courte pause déjeuner, Chloé repartait bosser. Depuis un an, elle avait repris une exploitation maraîchère à l’abandon et s’était lancée dans la culture de fruits et légumes. Suite à une profonde remise en question professionnelle - et personnelle -, Chloé s’était aperçue que les raisons pour lesquelles elle se levait le matin n’étaient pas les bonnes et que si, demain, l’entreprise de BTP pour laquelle elle travaillait, venait à fermer, ou mieux, à disparaître, elle ne ressentirait rien. Le vide. Aucun attachement à ses collègues même s’il n’y avait pas vraiment de conflit entre eux. Aucune passion pour les dossiers à monter, les règles scrupuleuses à suivre, les fournisseurs à relancer, les clients à apaiser, le patron fantasque… Elle s’ennuyait. Et à 35 ans passés, cette jolie brune avait tout envoyé promener pour essayer d’y voir plus clair.

C’est lors d’une balade familière qu’elle avait senti un picotement, un frémissement. Il lui avait fallu un peu de temps pour comprendre que c’était le vieux panneau en bois « A Vendre » accroché à un poteau qui réveillait quelque chose au fond d’elle. Un panneau accroché devant un terrain en jachère, autrefois cultivé. Elle avait toujours aimé gratter la terre, planter, arroser, regarder pousser avec attention, avec amour presque, les modestes cultures sur sa terrasse. Ici des tomates cerises, là des fraises, les muguets des années passées, un bel acacia jaune. C’était un plaisir de voir tout revenir à la vie après la période terne de l’hiver. Les jours passant, l’idée commença à émerger dans son esprit, au début vague et diffus. Et puis, un matin de mars, sans se rappeler vraiment comment, elle était en train de composer le numéro de la pancarte.

Les choses étaient ensuite allées très vite. Le prêt immobilier n’avait posé aucun souci. Elle n’avait pas beaucoup de compétences dans le maraîchage mais elle avait trouvé un stage chez un papi dans l’arrière-pays qui avait une exploitation un peu plus grande que la sienne. Bien sûr, il lui faudrait du temps avant de tout connaître, de tout comprendre mais elle était prête à prendre ce risque et à se montrer patiente. Le plus long avait été les travaux de remise en état du terrain mais ses amis et sa famille l’avaient bien aidé. Et depuis un an, l’aventure avait vraiment commencée.

Au programme aujourd’hui, récolte des haricots verts et tomates en vue de la vente de demain matin. Chloé vendait directement une partie de sa production sur son exploitation aux particuliers et le reste allait dans une petite épicerie semi-bio du coin. Elle devait aussi préparer la parcelle pour les légumes d’automne et d’hiver ; dans le sud, elle avait la chance de bénéficier d’un climat favorable et d’avoir de quoi planter et ramasser toute l’année.

Sur la route entre chez elle et son terrain – à peine 8/10 kilomètres – elle avait trouvé les gens passablement énervés. Des coups de frein brutaux et inexpliqués, des bifurcations sans clignotants, des dépassements anarchiques, la chaleur écrasante de début juillet devait jouer sur les organismes et les gens n’étant déjà pas bien calmes au volant… le pire avait été cette voiture de police banalisée arrivée à fond derrière elle alors qu’elle attendait pour s’engager dans un rond-point – totalement surchargé. Le gyrophare tournait et le conducteur s’était mis à klaxonner avec virulence pour qu’elle laisse le passage libre. Chloé avait dû s’engager brutalement au mépris de toute prudence et avait coupé la route à un camion qui arrivait. Elle s’était dégagée de là en accélérant, en pleine suée, un peu tremblotante et il lui avait fallu quelques minutes pour retrouver son calme. Le reste du trajet avait été ponctué de klaxons, de sirènes et de camions de pompier fonçant à toute allure.

*

C’est le dos cassé et les mains noires de terre que Chloé avait levé les yeux sur le ciel pour s’apercevoir que le soleil descendait bas sur l’horizon, il devait être largement plus de 19 heures. A travailler comme ça, elle n’avait pas vu le temps passer. Elle avait assez donné pour aujourd’hui et après avoir jeté un dernier coup d’œil à la végétation autour d’elle, elle était partie.

Le trajet du retour ne fut pas plus reposant, elle vit même deux voitures de police avec des hommes armés descendre rapidement le boulevard. Tout l’après-midi, la jeune femme avait bien vu le ballet incessant de hélicoptères, leurs pales tournantes toujours plus bas, passant en rase-mottes, tournant et revenant dans un vacarme infernal. Des chiens avaient aboyé presque sans s’arrêter, hurlant à la mort se répondant de colline en colline. Elle s’en rendait compte maintenant, l’ambiance avait été lourde et tendue dans cette journée étouffante de chaleur. Il devait se passer quelque chose mais son portable était déchargée et la radio était restée muette, ça attendrait bien le journal du matin. De toute manière, elle en avait assez des mauvaises nouvelles, des inquiétudes, des attentats, des manifestations, des crises sociales, des incidents climatiques. Parfois, elle avait l’impression que la fin du monde était pour demain. Alors cette nouvelle attendrait. Elle n’était plus pressée, elle vivait autrement.

Arrivée devant chez elle, Chloé enleva ses vieilles chaussures pleines d’humus et les laissa devant la porte. Elle vivait au bout d’une impasse tranquille dans une petite maison héritée de sa tante, elle n’était pas très grande mais elle avait une belle pièce à vivre en bas et deux chambres à l’étage. C’était calme et elle aimait s’y retrouver pour regarder, vers l’ouest, le paysage de petites montagnes qui s’offrait à elle. Elle alluma une petite lampe dans l’entrée et ouvrit tous les volets du bas, elle avait laissé ceux du haut ouvert à midi, une partie était exposée sud-est et le soleil était passé.

Il commençait à faire sombre dans le salon, et alors qu’elle songeait à se servir un verre de blanc avant de manger, le parquet du haut grinça. Chloé suspendit son geste, l’oreille à l’affût, c’était une maison ancienne et celle-ci vivait. Mais le parquet grinça à nouveau, plusieurs fois, exactement comme quand quelqu’un s’apprête à descendre l’escalier…

*

Dépêche AFP – 18/07/2019

Le tueur en série Grégoire Dominique, condamné à la réclusion criminelle à perpétuité et assortie d’une peine de sureté de 20 ans, s’est évadé hier du quartier sécurisé du centre de détention de Toulon-La Farlède. Il avait été condamné en 2012 pour les meurtres et viols sordides de huit jeunes femmes dans plusieurs départements et présentant un profil physique semblable : brune, la trentaine, célibataire et ayant une profession indépendante.

Actuellement en fuite, il est activement recherché et toutes les forces de l’ordre du département sont en alerte. L’homme a sans doute bénéficié de complicité extérieure pour s’échapper mais les conditions de son évasion sont encore floues, plusieurs gardiens ont été blessés. Les enquêteurs sont sur place et le quartier de haute sécurité a été bouclé, tous les parloirs ont été annulés et les prisonniers cloisonnés dans leur cellule au moins jusqu’à demain, précise le Préfet, Jean-Marc Dumont.

Les autorités conseillent la prudence, si vous localisez le suspect, contactez le 04.94.24.17.17 et n’intervenez pas vous-même.

Plus d’informations à venir.

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21 juillet 2019

Challenge Thrillers et Polars 2019/2020

Je rempile pour une nouvelle année pour ce challenge que j'aime bien, je vais vraiment essayer d'être plus régulière et d'écrire le plus d'avis possibles...

 

logo-2019

 

Challenge Thrillers et Polars 2019 - catégorie Erlendur, 25 à 50 livres lus

Livres actuellement lus et chroniqués

Livres lus

  • La maison des oubliés de Peter James
  • Pour le bien de tous de Laurent Scalese
  • Vaste comme la nuit d'Elena Piacentini
  • J'irai tuer pour vous d'Henri Loevenbruck
  • Slade House de David Mitchell
  • L'assassin habite au 21
  • L'empreinte d'Alexandra Mazrano-Lesnevitch
  • Surface d'Olivier Norek
  • Organes Vitaux
  • Boréal de Sonja Delzongle

18 juillet 2019

Luca de Franck Thilliez

Franck Thilliez est un auteur que je suis depuis un très long moment maintenant. Je ne l'ai pas découvert au tout début de sa carrière mais un peu plus tard avec probablement La forêt des ombres qui m'avait vraiment marqué. Depuis j'ai rattrapé mon retard, j'ai presque tout lu et quand un de ces nouveaux livres sort, je n'hésite pas beaucoup avant de me le procurer.

LucaForêt de Bondy. Pluie. Boue. Obscurité. Dans une fosse, on retrouve un cadavre mutilé. L'équipe de Sharko, devenu commandant, est chargée de l'enquête.
Dans le même temps, devant le nouveau 36, au Bastion, un homme meurt dans les bras de Nicolas Bellanger.
Il va rapidement s'avérer que les deux incidents sont liés. Sous des trombes d'eau, Sharko et son équipe - pourvue d'un nouveau membre, Audra Spick - vont se retrouver au coeur d'une enquête 2.0 car la technologie n'empêche pas les crimes sordides, bien au contraire...

Nouvelle enquête pour le duo Sharko/Henebelle et comme d'habitude, l'auteur nous propose un thriller effrayant et habillement construit. Franck Thilliez se renouvelle avec cette surprenante intrigue et propose avec Luca, un thriller digne d'un épisode de Black Mirror !
En effet, Luca est un thriller carrément flippant sur notre monde actuel, la manière dont les réseaux gèrent de plus en plus notre vie, notre quotidien, s'imiscent partout, de manière insidieuse, nous manipulant totalement, nous faisant croire que tel choix vient de notre propre réflexion alors que tout est suggéré par les réseaux...
D'autre part, Luca aborde de nombreux thèmes très importants comme la GPA, la PMA, le transhumanisme c'est-à-dire la manière dont l'homme transforme son corps en machine par la science et les technologies, la manière dont les machines s'infiltrent partout, la manière dont la science vient au secours de l'humain pour le guérir, mais aussi pour l'améliorer, le modifier, la frontière devient de plus en plus fine entre les avancées en matière de santé et la possibilité de choisir l'embryon viable, parfait, sa couleur de cheveux, sans plus laisser de place au hasard ou au naturel, l'eugénisme n'étant pas loin. Thilliez n'a pas son pareil pour vulgariser des procédés scientifiques très pointus, on sent d'ailleurs, qu'encore une fois, il a fait énormément de recherches avant d'écrire ce bouquin.
L'auteur traite tous ces thèmes de manière intelligente et relie les fils de ces différentes enquêtes avec brio.
Comme toujours, c'est impeccablement écrit, détaillé. L'auteur prend grand soin d'enrichir son récit d'éléments scientifiques donnant l'incroyable sentiment que tout est réel. Au final, on en est pas totalement loin et l'impression est vraiment dérangeante...

Après Le manuscrit inachevé, on retrouve les héros habituels de Thilliez : Franck Sharko et Lucie Hennebelle. Mais alors que le dernier opus était particulièrement centré sur leur couple, dans Luca, Thilliez met en avant Nicolas Bellanger, que l'on retrouve affaibli et en proie à un stress post-traumatique. Il fait également intervenir un nouveau personnage, Audra Spick, mutée de Nice et qui possède quelques secrets. Cette lecture m'a donné envie de lire l'intégralité de la saga Henebelle/Sharko dans l'ordre et sans trop d'espace entre chaque !
Luca est un grand cru, un excellent thriller abouti, brillant, inquiétant, qui soulève des questions d'éthique, des questions qu'il faudra peut-être bientôt se poser.

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15 juillet 2019

S'effacer

Au départ, j’avais l’intention de me baigner et puis je suis arrivée et je les ai vu comme deux morpions sur le canapé, bien accrochés ; finalement, c’est même comme s’ils étaient chez eux, dans LEUR maison. Alors qu’il s’agit bel et bien de celle de mes parents. Mais ils sont voraces. Avides. Partis pour rester là tout l’été, comme chaque été, comme des invités, des putains de pantouflards, à être trop fatigués pour se baigner, à être trop fatigués pour tout. On dirait qu’avec ça, ils n’ont pas de maison, pas de toit au-dessus de la tête. Mais pourtant, si. Ils ont bien un toit, bien plus grand que le mien.
Et le prochain sera encore plus grand. Et ils seront encore plus voraces car il est évident que mon père va être extrêmement sollicité par leur prochain projet. Oh de toute manière, ils ont déjà tout prévu puisqu’ils ont même trouvé la résidence pour seniors dans laquelle iront mes parents, à 5 minutes à pied de là où ils habiteront. A 5 minutes de chez eux mais à 150 km de moi.
En fait ça ne m’étonne pas, ils grignotent tout. Ils sont voraces. Il faut prendre la viande dans leur boucherie, dans leur ville, à 200 bornes de là, « tu comprends parce qu’elle est meilleure ». Et aussi les gâteaux dans leur pâtisserie. Et le vin chez leur caviste. Et ma mère doit avoir les mêmes produits que ma soeur. Et mon père les mêmes objets que son compagnon. Tout ce qui vient de chez eux est tellement meilleur. C’est vrai, ici on a rien. Il n’y en a que pour eux.
Et ma sœur est là avec ces réflexions… ces réflexions de grande, de « je te prends de haut, vu que t’es tellement débile et que t’y comprends rien ». Je me rends compte que j’en ai vraiment marre d’eux et que je les supporte de moins en moins. Je trouve que ça commence à faire beaucoup de choses. Je crois que mes parents ne captent rien. Ils ne se rendent compte qu'ils sont voraces, qu'ils les grignotent, qu'ils les façonnent à leur image car ils se pensent tellement mieux que les autres, tellement mieux que nous.
Je suis amère de cette situation car ma mère a toujours fièrement dit qu'ils ne faisaient aucune différence envers leurs enfants. Alors ok, ils tiennent à nous faire des cadeaux équivalents, à donner autant à l'une qu'à l'autre mais à constamment dire que tout ce qui vient de chez eux est tellement génial, ça me fait comprendre - connement ou pas - que ce que nous on apporte est finalement nul. Je n'en veux même pas à mes parents. J'hésite entre deux attitudes - comme souvent avec ma sœur - ou montrer qu'on peut être bien nous aussi, ou laisser filer. Bon j'avoue que j'aurais sans doute du mal à lâcher prise mais c'est une résolution que je pourrais prendre. Je ne sais pas car je n'ai pas envie que mes parents m'échappent totalement non plus.
De manière globale, je ressens un léger ras-le-bol pour pas mal de choses, d'autant plus que ça ne s'arrange pas pour le boulot l'an prochain. Ou alors je me prends juste trop la tête...

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