Je me voyais déjà les clés à la main, les lunettes de soleil sur le nez et le mp3 branché à fond, fenêtres ouvertes. Raté.
Je n'y arrive toujours pas et je panique toujours autant. Après avoir calé de nombreuses fois, je me suis garée, transpirante, rouge écarlate, jambes tremblantes, cœur au bord des lèvres. J'en aurais pleuré. J'en ai pleuré. Heureusement que je n'étais pas seule.
Je ne suis toujours pas prête à conduire. Ma sœur m'a très justement dit que tant que je me forcerais, j'aurais du mal. Mais je me force sinon je sens que je pourrais repousser pendant 40 ans l'idée même de prendre le volant. Le peu de plaisir que j'avais pu ressentir en conduisant seule la nuit a complètement disparu, il ne reste que l'angoisse et la honte.
Le stress de conduire à nouveau revient. J'ai l'impression que tout le travail que j'avais fait sur moi a été supprimé d'un coup par cet échec. Ce raté. Ce truc qui bloque, qui me bloque. Le démarrage en côte. Les côtes avec une file de voitures ininterrompue à l'arrêt. Et chez moi, c'est plein de côtes, il y en a partout et quelque soit l'endroit où on veut aller, il y en a forcément une. Avec forcément du monde.
J'ai chaud rien qu'à y penser. Le stresam c'est pas un que je dois prendre mais 10 d'un coup pour que ça fasse effet. Je me morfonds. J'en fais trop. Ça me submerge, ça me coule.
Et c'est juste trop naze. J'ai honte de ne pas y arriver et j'ai encore plus honte de m'en plaindre.
J'aurais juste envie de tout oublier.