Ça fait un peu comme si le temps s'était arrêté. On continue à vivre, on mange, on dort, on travaille mais on est suspendu du côté Est de la terre. Suspendu au bord d'un Japon qui sombre. Je surveille attentivement les infos, essaye de démêler du scientifique le concret.

Je n'en peux plus de regarder ces images de la vague qui déferle, ces bateaux écrasés contre les ponts, ces cartes satellites qui me montrent des villages qui n'existent plus, ces corps qui s'entassent, ces alignements de cadavres qui autrefois étaient des vivants. Les larmes coulent devant l'impuissance, le malheur, l'acharnement. Je vois ce bulldozer dérisoire qui fouille des décombres dix fois plus hauts que lui. Des décennies de reconstruction. Sans parler des centaines d'années de retombées nucléaires sur l'agriculture, la population.
C'est comme un cauchemar qui n'en finirait pas où l'impuissance serait grandissante.