Samedi soir. 19h. Je bois un thé à la fleur d'oranger. Je suis seule devant The closer que je regarde vaguement. Depuis ce qu'il s'est passé le 31 décembre, le peu de vie sociale que j'avais a disparu dans la poussière. Mon homme est avec ses potes, probablement il s'amuse (ou bien, il est en train de leur dire à quel point je suis casse-couille). Quoiqu'il en soit, il est là-bas, moi je suis là. Je n'ai pas revu ses potes depuis ce soir-là et à mon avis, ça n'arrivera plus jamais - du moins, avant un long moment. On est samedi soir et putain, je suis seule comme une conne devant ma télé. J'ai branché mon portable pour qu'il fasse modem car on a une panne d'internet.
A chaque accrochage, à chaque moment moins bien, à chaque reproche que je lui fais, j'ai la crainte qu'il aille de nouveau parler avec eux, de moi, de nous, que de nouveau lui prenne l'envie de me quitter . A chaque fois qu'il s'énerve contre moi, je vois le spectre du 31 revenir.
Je croyais avoir digérer tout ça mais finalement, ce n'est peut-être pas le cas.
J'hésite entre manger une pizza ou des gâteaux, pour combler, pour compenser. Depuis hier soir, je suis plutôt en creux. Crise. Mal dormi. Lire dans la nuit pour essayer de me recoucher en pensant moins.
J'ai aussi fait une belle sortie sur ma soeur aujourd'hui. Dire la vérité n'est finalement pas une bonne idée. J'ai fait pleurer ma mère et je suis agacée. Aucun bénéfice. Je n'arrive pas à comprendre pourquoi cela me contrarie autant. Il faut que je réussisse à me détacher sur tous les plans.
J'ai mes livres et mon chat, ça fait un peu pitié. Depuis janvier, mon cœur fait des hauts et des bas. J'ai l'impression de tout faire de travers, d'être à côté de mes pompes, de dire ce qu'il ne faut pas, de mal faire. Clairement, petite forme. Je me pose beaucoup de questions. Le chat en rentrant a laissé la porte fenêtre grande ouverte. La flemme de se lever pour aller fermer alors que l'air froid s'engouffre et me glacifie les pieds. Il est 19h et j'ai envie de me coucher pour que demain arrive plus vite, en espérant que demain soit mieux.
Finalement, je crois que je vais choisir la pizza.