J'ai envie d'écrire mais je ne sais pas par où commencer. Je ne sais pas si je dois entraîner Mathilde sur une pente glissante, dévoiler Raphaël. Ou partir sur les traces des tombeaux abandonnés qui me hantent. Envoyer Claire en Afrique. Raconter la passion et la folie, l'adultère et la fuite, la séparation et la renaissance, le passé et les ruines, l'enquête et le crime.
Je me sens brouillonne, désorganisée, incomplète et frustrée. J'ai l'impression de ne pas posséder les bonnes chaussures pour gravir la montagne. Les envies sont multipliées, comme autant de rencontres, de lieux, de personnages que j'invente, que je visite. Je voudrais pouvoir m'abandonner totalement à l'écriture. M'y enfermer des heures, des jours durant. Ne penser qu'à ça. Ne (pouvoir) faire que ça. Les doigts glissent. Je réfléchis. Je compense par une part de cake au nutella.
Conclure Elise et Lisa. Le nombre de textes en court, de nouvelles commencées, de pages entamées, augmente. Je viens d'ouvrir un document sans nom "tentative nouvelle" avec un Lorenzo et des prénoms anglais, il y a 3 pages. J'écris, enfin je commence tellement de choses que j'en oublie certaines. Celui-là en fait parti. L'Episode 3 qui m'implique trop. Et la liste s'allonge. Mais mon esprit ne se vide pas. Il y a des textes que je n'arrive pas à conclure, auxquels il manque à peine une phrase.  Dans le flot des tentatives, je manque de discipline.
Un appartement possédé. L'homme qui s'est retranché pendant 32 heures me donne envie de me pencher sur ce qu'il a pu penser pendant tout ce temps, toute cette angoisse. Mettre en mots.
Faire sortir de moi toutes les histoires qui m'habitent.