C'est une souffrance permanente, elle m'accompagne chaque jour. Le matin, en ouvrant les yeux, elle arrive et m'annonce que mon grand-père n'est plus là. Et le soir, dans le noir, le regard ouvert sur l'obscurité, je pense "il n'est plus là". Je n'arrive pas à y croire. Je le revois sans cesse, riant, parlant. J'imagine ses derniers jours, à partir de ce que l'on m'a raconté. Aujourd'hui, il ne reste plus aucune trace physique de lui sur terre. Je me suis sentie incroyablement perdue. Comme un gouffre qui s'ouvre à l'intérieur et qui aspire tout, me laissant démunie. Je sens une douleur autant physique que morale. Mon papi ne sera plus jamais là.
Il y a des moments où tout va bien, car il faut bien que ça aille, car la vie continue, car j'ai des réunions prévues et des rendez-vous à assurer, un week-end à organiser et une robe à trouver. Mais parfois, je traverse des moments d'hébétude qui me paralysent. Je suis là, ça va et puis je pense... "Papi"…
Mais ce n'est plus. Il y a eu la cérémonie, la crémation, demain le transfert des cendres. La cérémonie où j'ai tangué, vacillé, tremblé et finalement pleuré lorsque mon père m'a pris dans ses bras.
Je n'arrive pas à me rendre vraiment compte que je ne le verrais plus jamais, ça m'a l'air impossible. En novembre, au moment du diagnostic, je n'aurais jamais pensé que ça irait si vite, qu'il partirait si vite, alors que la tumeur était petite, localisée et qu'il n'y avait pas de métastases. On se disait qu'il guérirait et que tout irait bien. Nous nous sommes bien trompés...