Aujourd'hui, deux chroniques littéraires pour le prix d'une, ça coûte pas plus cher, ça me fait plaisir et tout le monde est content ! ^^

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Cyanure de Camilla Läckberg

Cyanure est un court roman de l'auteur suédoise, Camilla Läckberg, très connue pour sa série mettant en scène Erica Falck, notamment le premier volet, La princesse des glaces.
Quelques jours avant Noël, Lisette retrouve ses proches sur une île au large de Fjällbacka, au sud-ouest de la Suède, pour une réunion familiale. C'est la première fois qu'elle leur présente son petit ami, Martin Molin, lieutenant de police et collègue de Patrik Hedström. Seulement, au cours du premier repas, le grand-père de Lisette, Ruben, richissime industriel, fait une révélation fracassante, avant de s'écrouler, mort dans son assiette.
Dans son verre, une douce odeur de meurtre s'évapore lentement...
Avec la tempête de neige qui bloque l'île, Martin mène une enquête un peu particulière, une intrigue familiale délicieusement empoissonnée.

Durant cette histoire, les personnages de la famille Liljecrona vont se déchirer et régler leurs comptes, les secrets vont être révélés et l'avidité de chacun laissera des traces. C'est une ambiance spéciale, d'isolement et de règlement de comptes familial, que nous décrit Camilla Läckberg. En passant en revue les personnages, leurs projets et leurs désirs, Martin finira par découvrir le fin mot de l'histoire. Un peu de Sherlock Holmes, d'Agatha Christie, de Festen, pour un polar nordique qui se déguste comme un amuse-bouche, délicieux et qui met en appétit pour la suite !

Sorry de Zoran Drvenkar

Tamara, Frauke, Kris et Wolf sont amis depuis le lycée, dix ans plus tard, entre galères et histoires de coeur malheureuses, ils ont l'idée de créer une société :
Sorry, une agence chargée de s'excuser à votre place.
Nous veillons à vous éviter tout embarras, faux pas, malentendu, erreur et licenciement.
Nous savons ce que vous devriez dire. Nous disons ce que vous voulez entendre. Professionnalisme & discrétion.

Tout démarre super fort, le succès, le travail. Jusqu'au jour où une demande émane d'un assassin qui souhaite s'excuser et soulager sa conscience. Le début d'une longue descente aux enfers pour les quatre amis...

J'ai mis du temps à chroniquer ce roman allemand que j'ai pourtant beaucoup apprécié.
Sorry est un livre original, à la fois par son sujet et par sa conception. Tout d'abord, cette agence créée par ce groupe d'amis, est surprenante et suscite quelques questionnements. Peut-on faire commerce du pardon ? Est-ce moral ? Personnellement, cela ne m'a pas trop choqué comme idée et bien que certains aient regretté que cette question ne soit pas plus approfondie, cela n'a pas été mon cas. En effet, j'ai trouvé que l'intrigue basculait du côté du thriller et que, du coup, en rajouter sur ce point-là aurait forcément cassé le rythme et le suspense.
L'intrigue est très bien amenée et la conception très originale du récit nous fait entrer tout de suite dans un roman qui n'est pas tout à fait celui auquel on s'attend. Le premier chapitre est un « Entre-temps » où la narration est dictée par le tu. Un tu surprenant qui montre tout le talent de Zoran Drvenkar. Sorry est d'ailleurs un roman à narrateurs multiples, passant du tu au nous, en passant par le je et le il ou elle. De quoi se perdre ? Oui et non. Cela paraît très déroutant à première vue mais cette technique participe grandement au suspense. Le lecteur est avide de connaître ce tu, de savoir qui est ce je qui parle. Le roman est découpé en plusieurs parties, elles-mêmes découpées en différents chapitres : Après, Toi, Tamara, Frauke, Kris, Wolf, Avant, L'homme qui n'était pas là.
Tous ces éléments enrichissent le récit et font de Sorry un roman percutant dont l'histoire prend racine dans le passé et dans une série d'événements tragiques. [Spoiler : attention, le récit comporte certaines scènes de pédophilie assez dures à lire, je ne voulais pas en parler car c'est un élément qu'on découvre plus loin dans le livre mais j'ai lu que certaines personnes avaient été choquées de lire ces scènes, alors qu'il n'y est fait mention nulle part. Je comprends, tout en trouvant ça un peu stupide...]

Je me suis attachée aux personnages, notamment aux quatre amis, je me suis plusieurs fois sentie proche de Kris ou de Wolf, par leurs parcours ou leurs envies. J'ai aimé les suivre, j'ai eu peur avec eux, j'ai pleuré. J'ai apprécié les descriptions de l'auteur qui a réussit à m'immerger totalement dans cette histoire. Et j'ai hâte de me plonger dans Toi, qui promet un voyage aussi intense.

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