Lac Chikuminuk, Alaska ©PHOTOGRAPHIE DE Michael Melford, National Geographic Creative

Je l'avais déjà brièvement évoqué ici mais je souhaite en parler plus sur le blog car au final, c'est une situation que je rencontre souvent et qui me fait – malheureusement – de plus en plus souffrir...
Mes parents nous ont élevées dans le respect et la beauté de la nature, dès le début de nos vies et avec des règles simples (ne pas jeter des papiers au sol, ne pas arracher les fleurs juste pour le plaisir, etc). Ces règles sont depuis ancrées en moi comme manger la bouche fermée ou dire bonjour, merci, s'il vous plaît. Le week-end, nous allions souvent nous balader et découvrir cette nature si riche et si précieuse. Et aujourd'hui, mon intérêt pour la nature ne fait que croître. Nous partons en observation animalière et ornithologique, je suis adhérente à Greepeace et à la LPO, je participe au recensement des espèces, je me balade avec un sac poubelle pour ramasser les détritus que je trouve (principalement des bouteilles de vin ou de bière et des cartouches de fusil, super les chasseurs écolos... !).
J'ai depuis longtemps compris que la nature est un système fragile que nous détruisons sans cesse, sans aucun scrupule. La nature est un tout et, ses éléments ne peuvent pas être pris indépendamment. J'ai lu la semaine derrière dans Gataca de Franck Thilliez un passage qui a résonné en moi :

  •  On massacre des hippopotames, se disant qu'ils ne servent à rien. A la suite, des centaines d'espèces de poissons disparaissent. Pourquoi ? Parce que les excréments d'hippopotames fertilisent les eaux des rivières sur des centaines de kilomètres, favorisant la multiplication de plancton et doc, des poissons. Chaque élément, dans un écosystème, a un rôle, une raison d'être... Rien n'est inutile, et tout est incroyablement fragile. Gataca, Franck Thilliez – p. 245

Et au final, c'est tellement ça, c'est tellement simple. C'est une chaîne et si un maillon disparaît, la chaîne peut se casser net.
Et depuis quelques temps, j'ai du mal à situer précisément quand, peut-être depuis le confinement, peut-être avant, je souffre devant certaines situations faites au mépris de cet équilibre. Quand des jardiniers passent toutes les semaines pour couper une herbe qui a, à peine, poussée, je pense aux insectes, aux lézards, aux mini-vies qui ont besoin d'herbe haute et de fleurs pour vivre. Et par ricochet, je pense aux oiseaux qui ont besoin de ces espèces pour survivre ; puis aux prédateurs (rapaces nocturnes, diurnes...) qui ont besoin de petits oiseaux, de reptiles, de batraciens ou de rongeurs pour se nourrir... et tout ça me rend folle ! Triste et en colère face à l'imbécilité de l'humain. Qu'est-ce qu'on s'en fout que l'herbe dépasse 30 cm ?! et puis une belle prairie de fleurs sauvages au printemps n'est-ce pas plus jolie qu'une herbe rase et roussie ?

prairie

Je suis effarée devant l'obsession du gazon propre, court et vert des gens. Pour ceux qui ont un abonnement au Monde, je vous invite à lire l'article : « Le gazon est un non-sens écologique » : et si on rangeait enfin tondeuses, engrais et pesticides ? de Pascale Krémer.
Ça me rend folle quand je vois des jardiniers (oui, je ne les aime pas beaucoup car je pense que la majorité n'aime pas la nature et surtout ne la comprend pas) couper des arbres à la tronçonneuse comme ça sans raison, ou tailler des haies entre avril et août alors qu'à cette période les oiseaux tentent de faire leur nid. Quand je vois mes voisins tondre dès qu'il a fait une averse et mettre des lumières partout dans leur jardin, lumières solaires certes mais qui brillent toute la nuit au mépris de la vie nocturne. L'humain a peur du noir et pour se rassurer, il éclaire constamment, même quand il n'en a pas besoin. Alors oui, une lumière dans son jardin, c'est vraiment super joli, c'est vrai et puis bon une lumière, c'est rien non ? mais quand UNE lumière est multipliée par des milliers et des millions ?! personnellement, j'ai acheté une jolie lumière solaire dans un contenant en verre mais elle a un truc magique, un bouton ON/OFF ! et le soir quand je vais me coucher après avoir allumé une ou deux heures et bien je la coupe, ça ne me coûte aucune énergie. Je vais me coucher, ça ne sert à rien que ça reste allumé toute la nuit, même si c'est du solaire et que ce n'est pas de l'énergie dépensée. Le solaire a cet inconvénient que les gens ne payent pas et donc ils ne sont plus sensibles aux conséquences.
J'ai récemment acheté le livre de Jacques Rousseau-Dufour, Quand la forêt s'en va..., je pense le lire cet été car j'ai vraiment besoin de relativiser par rapport à cela, ces situations me mettent en colère et me rendent triste et au final, ces sentiments ne m'aident pas, ni à mieux vivre, ni à changer les choses.
Je revois ma psy depuis peu et je compte travailler sur ça avec elle. Je voudrais que tellement plus de gens comprennent le fonctionnement de la nature sans laquelle on ne pourrait pas vivre, qu'ils prennent conscience de tout ça car si tout le monde fait un petit geste vu qu'on est 60 millions en France et 7 milliards dans le monde ; au final, ça peut faire quand même beaucoup à la fin.